"C’est meilleur à plusieurs" : des solutions d’administration en partage

Publié le mercredi 26 décembre 2007

Journée d’étude

Emploi partagé, pépinière artistique, groupement d’employeur, DLA, SCIC... Les solutions de mutualisation en matière de gestion administrative des projets artistiques sont "aussi nombreuses que les situations". Pour mieux envisager ces possibilités et les avantages/difficultés liés à leur mise en place, l’Université ParisX/Nanterre organise, en partenariat avec l’Irma et l’Arcadi, une journée d’étude sur ce thème le 29 janvier à Paris.

"C’est meilleur à plusieurs"
ou
Des solutions d’administration en partage

Journée d’étude des filières
"Administration du spectacle vivant" (ASV)
et "Economie et gestion des projets musicaux" (EGPM)
du Centre d’éducation permanente de l’Université Paris-X Nanterre (UPX) [1]
en partenariat avec IRMA et ARCADI

Mardi 29 janvier 2008, de 10h à 17h30
au Théâtre national de l’Odéon

Présentation d’Emmanuel Wallon (Professeur à l’Université Paris X-Nanterre)
Dans l’univers du spectacle, la création est une aventure singulière… qui se vit collectivement. Le principe vaut tant entre artistes et techniciens, pendant les répétitions, qu’entre spectateurs, durant les représentations. Ce qui est vrai dans la salle, en régie et sur le plateau l’est-il aussi dans les bureaux ? En matière de production et de diffusion, l’individualisme rencontre d’abord des limites d’ordre économique. Peu d’équipes artistiques, surtout parmi les plus jeunes, ont les moyens de s’attacher les services d’un(e) collaborateur(trice) à plein temps. Pour défendre leur travail et monter leurs projets, elles doivent le plus souvent recourir à des prestations d’administration partagée.

Les solutions sont à cet égard presque aussi nombreuses que les situations. Elles présentent des avantages et des inconvénients qu’il est aujourd’hui permis de mieux apprécier avec le recul que l’expérience procure, mais aussi grâce aux éclairages apportés par de récentes études. En dépit de ses imperfections et de sa fragilité, le système d’assurance-chômage forme le plus large filet de solidarité : à condition d’accéder aux allocations réservées aux intermittents du spectacle sur la base d’un nombre suffisant de cachets, les professionnels de la production et de la diffusion peuvent fractionner leur activité entre plusieurs compagnies ou ensembles musicaux. Cette pratique exige de leur part beaucoup de rigueur dans la distribution des tâches et une certaine souplesse dans l’organisation du temps.

L’association entre plusieurs artistes constitue la plus élémentaire méthode de mutualisation, du moins sur le papier. S’il est relativement aisé de s’entendre sur des statuts selon la loi de 1901, la coexistence s’avère plus difficile dès que chacun repart sur sa propre lancée en réclamant le maximum de disponibilité de la personne en charge de l’administration. C’est pourquoi cette dernière préfère souvent le schéma inverse. Les bureaux de production fondés avec quelques collègues n’empêchent nullement leurs membres d’individualiser les services rendus aux troupes ou aux groupes, mais ils leur facilitent le paiement d’un loyer, l’achat de matériel, l’entretien d’une trésorerie ou l’obtention d’une licence. Les dispositifs locaux d’accompagnement (DLA), instaurés depuis 2002 à l’initiative de l’Etat et de la Caisse des dépôts et consignations, peuvent apporter leur expertise pour la consolidation des emplois associatifs reconnus d’utilité sociale sur un territoire.

Les coopératives relèvent d’un degré d’intégration supérieur. Aux sociétés coopératives ouvrières de production (SCOP) bien connues se sont ajoutées depuis peu les sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) et les sociétés coopératives d’activités et d’emploi (SCAE). Elles appliquent des critères d’adhésion et des clés de répartition qui diffèrent suivant les cas. Une autre formule s’est d’abord épanouie dans l’agriculture avant d’essaimer dans la culture : les groupements d’employeurs, constitués soit en association, soit en SCOP, regroupent les forces de plusieurs demandeurs pour assurer le recrutement et la rémunération d’un employé.

Les collectivités territoriales, qui prennent progressivement le relais de l’État dans l’aide à l’initiative associative, apportent des subventions proportionnelles aux charges « et souvent dégressives d’un an sur l’autre -, mais aussi leur assistance et leur expertise à travers des organismes et offices spécialisés. Avec leur appui, les porteurs de projets bénéficient en outre des conseils délivrés dans des pôles et des centres de ressources, sinon dans le réseau des agences d’aide à la gestion. Elles favorisent encore d’autres modèles de collaboration, comme les contrats inter-associatifs en Gironde ou les emplois partagés en Bretagne, sans oublier les emplois tremplins dans d’autres régions. De même que les pépinières artistiques et couveuses d’entreprises culturelles qui ont vu le jour dans quelques villes, ces solutions posent toutes la question de leur pérennisation.

Le thème de la mutualisation sera au cœur de la réflexion à laquelle les enseignants et les étudiants en « Administration du spectacle vivant » et en « Économie et gestion des projets musicaux » vous convient à contribuer, en compagnie d’artistes des différentes disciplines, de chargés de production et de diffusion, de responsables d’établissements culturels, de représentants des collectivités territoriales et de l’État.

Cette rencontre sera suivies de deux autres qui permettront de poursuivre ensemble le débat :
- Le mardi 5 février 2008, restitution publique de l’étude commandée par ARCADI sur les bureaux de production (lieu à préciser) ;
- Le samedi 12 avril 2008 à 11h, au Théâtre national de la Colline, rencontre professionnelle à l’invitation de Biz’art (association des étudiants et diplômés du Master 2 « Management des organisations culturelles » de l’Université Paris Dauphine) : « La mutualisation dans le secteur culturel : enjeu ou survie ? »


Avant-programme

Ouverture des travaux : Marianne Clévy (ASV), Bertrand Mougin (EGPM et IRMA),

Ateliers animés par (sous réserve) : Agnès Wasserman (directrice du département des métiers, CND), Gilles Castagnac (directeur de l’IRMA), Stéphane Simonin (directeur de HorsLesMurs), Jean-Paul Pérez (conseiller théâtre, ONDA).

Intervenants pressentis : Françoise Billot (directrice du Relais information et conseil d’ARCADI), Réjane Sourisseau (chargée de mission à OPALE, CNAR Culture), Claude Bernardt (membre du bureau du SYNAVI Ile-de-France), Philippe Berthelot (directeur de la Fédurok et secrétaire de l’U-FISC), Stéphanie Correia (metteuse en scène, collectif ADN 118) Vincent Collet (metteur en scène, collectif START), Karine Duquesnoy (chef du Bureau de l’emploi, DMDTS), Jean-Pierre Reisman (chef du service du développement et de l’action territoriale, DRAC Ile-de-France), Sotira Dhima (administratrice de production, Annex 12), Laure Guazzoni (administratrice de production, Et Bientôt), Jean-Paul Viot (directeur de Latitudes, groupement d’employeurs du spectacle en Normandie), François Caillé (délégué national du SYNDEAC), Cécile Hamon (administratrice du Centre national du théâtre), Denis Thévenin (directeur de l’AGECIF), Deolinda Vilenha (productrice, organisatrice de la tournée du Théâtre du Soleil au Brésil).

Conclusions : Louis Joinet (avocat général à la Cour de Cassation, président de l’U-FISC, ancien président du Centre national des arts du cirque).

Documents préparatoires :
OPALE Culture et proximité, Espace ressources Mutualisation :
www.culture-proximite.org/rubrique.php3 ?id_rubrique=49
ODIA Normandie : www.odianormandie.com/mallette

Entrée libre dans la limite des places disponibles - Réservation avant le 15 janvier 2008
Renseignements et inscriptions auprès d’Aïcha Har ou de Sabrina Zinout : 01 40 97 78 66
aicha.har@u-paris10.fr - sabrina.zinout@u-paris10.fr


[1Depuis 1999, les journées d’étude des formations « Administration du spectacle vivant » et « Economie et gestion des projets musicaux » sont consacrées aux enjeux de la production, de la diffusion et de la réception des arts de la scène. Cette année, nous vous invitons à une nouvelle rencontre de travail préparée avec le concours de l’IRMA (Information et ressources pour les musiques actuelles) et les conseils d’ARCADI (Action régionale pur la création artistique et le diffusion en Ile-de-France).


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