2010, année de transition pour le disque ?

Publié le mardi 20 septembre 2011

Musique enregistrée

Le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) a publié son rapport annuel, l’économie de la production musicale. Effets de la riposte graduée d’Hadopi, développement de l’offre légale sur Internet... Si la chute des ventes physiques se poursuit sans être compensée, les signes d’une transition se font jour. De quoi redonner un peu de confiance aux maisons de disques.

2010, début d’une embellie pour le disque ? Amorce d’une véritable transition dans les modes de consommation ? Si les chiffres sont toujours à la baisse, le Snep, dans son rapport annuel L’économie de la production musicale, se félicite des effets de mise en œuvre de la riposte graduée de la Hadopi, principale raison pour le Snep de la baisse du peer to peer.

En effet, si le marché de gros de la musique enregistrée a chuté de 5,9% par rapport à 2009 (pour un montant de 554,4 millions d’euros contre 589,3 millions en 2009), des signes encourageants apparaissent. La répression du téléchargement illégal s’est également accompagnée d’un développement de l’offre légale sur Internet. Le marché numérique a ainsi progressé de 14,1%, pour atteindre 88,1 millions d’euros (le marché physique a lui, encore chuté de 8,9% pour un montant global de 466,3 millions d’euros).

Nouveaux modes de consommation : nouveau modèle économique ?

Cette hausse du marché numérique trouve son explication dans l’explosion des revenus issus des abonnements, en hausse de 60%. La structure des revenus numériques est en effet en pleine recomposition. Les services de musique en ligne comptaient, fin décembre 2010, pus de 600 000 abonnés. Si le téléchargement passe de 51% à 60% des revenus numériques, ce sont les modèles de streaming, notamment par abonnement, qui explosent : de 5% en 2009 à 28% en 2010. Ces augmentations se font au détriment des sonneries, qui chutent à 12% en 2010 (contre 44% en 2007). Les revenus du streaming financés par la publicité sont en hausse de 8% pour un montant de 9,8 millions d’euros. Enfin, si les supports physiques représentent toujours 92% des ventes d’albums (47 millions vendus en magasin contre 4 millions en téléchargement), le marché des titres est aujourd’hui quasi exclusivement numérique (96% des ventes). Mais l’âge d’or du CD est bel et bien fini, 46% des Français déclarent ne plus en acheter (contre 38% en 2009), et le prix moyen d’un album, physique ou numérique est passé de 17 euros en 2003 à 13,35 euros en 2010.

Le Snep insiste également sur le fait que l’industrie phonographique a été la plus touchée par la généralisation de l’Internet haut débit. Dans le même temps, ce maillage fort du territoire est également une condition sine qua none et un des facteurs du succès des sites de téléchargement légaux et de streaming.

Simple effet de la répression du téléchargement illégal ou début d’une stabilisation d’un modèle durable de consommation de musique sur Internet ? Il faudra encore confirmer ces tendances dans les années à venir pour s’assurer qu’il s’agit d’une véritable transition vers un nouveau modèle économique.

Lire L’économie de la production musicale


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