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Article mis à jour le vendredi 10 septembre 2010
Article créé le mercredi 3 janvier 2007

 
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Quelques questions à nos lecteurs

Pour ce numéro spécial rentrée 2007 de sa lettre d’information, Irmactu a décidé de vous poser deux questions. Retrouvez les réponses des plus motivés lors de cette période de fêtes. Bonne année !

Ils ont répondu à nos questions :
Nicolas Acquaviva est chargé de l’information et des ressources pour le réseau 92
Philippe Saintlos est gérant du label Ubahn Records
François Deschamps est président de l’association nationale "Culture et Départements"
Jean-Sébastien Nicolet est chef de projet de BBmix, et administrateur du Café de la Danse
Stéphane Riva est coordinateur pédagogique et administratif de l’ACP - Manufacture chanson
Max Well est responsable de Scènes de Rock en France
Serge Beyer est rédacteur en chef de Sur la même Longueur d’Ondes


Irmactu : Quel est l’évènement marquant pour vous en 2006 ?

2006 a vu l’heure des miracles ! Un média papier qui passe la quarantaine (Les 40 ans de Rock & Folk pour Max Well) ou le constat de la preuve des progrès de la médecine (« voir les Rolling Stones sur scène à Nice, 23 ans après les avoir vus à l’Hippodrome d’Auteuil », selon le même).
Mais 2006, c’est aussi le grand retour des cousin(e)s d’outre-Atlantique ! Après celles et ceux "à voix"… voici les textes ! Pour Serge Beyer, « enfin les signatures en France d’artistes québécois de qualité !, Pierre Lapointe, Dobacaracol, Ariane Moffatt, Les Cowboys Fringants, Dumas, etc. »
Comme le souligne Philippe Saintlos, l’an passé a été le cadre du développement « de Myspace et des Radioblogs, dans le milieu professionnel de la musique en France et en Europe » [1]. L’irruption des réseaux sociaux dans les modes de fonctionnement de la filière musicale est un des faits marquants. Ainsi, pour Stéphane Riva, Marly-Gomont est l’événement 2006 : Kamini, équivalent français de la renommée subite des Arctic Monkeys, a signé grâce à la complicité des stagiaires de maisons de disques qui ont fait circuler sur les réseaux sociaux le clip (4 millions de connexions en un mois). On se référera au concept du Même pour mieux comprendre ces fonctionnements. Mais artistiquement, 2006 est déjà au diapason d’une certaine politique rappelle Max Well lorsque « Les Wampas chantent "Chirac en prison" ».
Dans le champ des politiques culturelles, 2006 a été riche. Très riche. À tous points de vue.
On saluera, à l’instar de Nicolas Acquaviva, la dynamique de reconnaissance " appuyée " de nos musiques. Comme la création du CSMA (Conseil supérieur des musiques actuelles), annoncée lors du Foruma 2005 par le ministre de la Culture et de la Communication [2]. Preuve que l’État s’intéresse à ce secteur de plus en plus (de mieux en mieux ?) comme on le lit dans le rapport sur le soutien de l’État aux Musiques actuelles.
François Deschamps, célèbre l’élaboration des schémas départementaux d’enseignement artistique [3].

Mais 2006, c’est aussi la convergence d’intérêts et la divergence d’opinion. Notamment dans le spectacle vivant, lors de l’affaire du Tremplin MTV/Région IDF, où la polémique s’est faite vive en Ile-de-France, lorsque les acteurs de terrain ont appris qu’un média privé avait obtenu une subvention pour organiser un tremplin.
Et dans le domaine des phonogrammes ? Jean-Sébastien Nicolet rappelle l’importance du « positionnement des majors et de l’État par rapport aux supports numériques. Économiquement, il semblerait que les recettes générées par les ventes des supports dématérialisés, grâce notamment aux ventes de sonneries de téléphone, comblent largement le déficit estimé lié au piratage (MP3 et copie). […] Du coup le débat évolue à vitesse grand V pour une législation des surfaces de téléchargement, de la dématérialisation des catalogues ou des ressorties en coffret bon marché… »

Irmactu : Vos attentes, vos craintes pour 2007 ?

Des attentes musicales ? Camille, Prohom, Kwal, Hyperclean, Orly Chap (Serge Beyer) ou l’avènement de la distribution numérique (Philippe Saintlos). 2007 est, on s’en doute, résolument tournée vers l’espoir d’un changement !
Depuis « le (re-)développement de l’esprit de défricheur musical, à la fois convivial et vivant dans un nouveau schéma économique à trouver : il n’y a jamais eu autant de projets musicaux qu’actuellement » (Jean-Sébastien Nicolet).

François Deschamps espère un Président de la République « qui aura le courage d’arrêter de privilégier Paris en matière culturelle, par rapport aux autres régions françaises ; et de mettre de vrais moyens pour le développement d’une politique d’éducation artistique pérenne dans le cadre scolaire ». Comme toutes les attentes dans la filière, celles-ci s’orientent souvent vers « des solutions durables pour les emplois des lieux et des petites structures » (Nicolas Acquaviva). « De la même manière, de plus en plus de gens formés à la production (spectacle, disque, édition, etc.), les nombreuses initiatives de jeunes ou petits distributeurs de disques de chercher à développer des catalogues de niches, vendant moins de 500 ex. » (Jean-Sébastien Nicolet).

Les craintes de la plupart des lecteurs qui nous ont répondu portent sur l’intermittence et la pérennisation de ce régime. Stéphane Riva s’inquiète des dégâts que fera encore l’accord signé le 18 avril 2006 sur les annexes 8 & 10, comme Nicolas Acquaviva.
Pour François Deschamps, la problématique porte concrètement sur « un enlisement du dossier des intermittents, qui use les forces d’un certain nombre d’artistes. Sans artistes de qualité, quelles politiques culturelles mettre en place demain au niveau territorial ? » repris en écho par Jean-Sébastien Nicolet : « Le devenir du statut Intermittent, métier essentiel dans sa forme pour tout le spectacle vivant. Un des gros chantiers culturels pour le futur gouvernement ».

Mais toutes ces interrogations sont à relier à des problèmes de fond, comme de fonds.

« La baisse des crédits de la Culture en 2007, de même que la gestion des emplois-tremplins, ou l’inadaptation des dossiers de permanence artistique de la Région IDF » (Nicolas Acquaviva) donnent le « La ». Pour Jean-Sébastien Nicolet, les inquiétudes portent sur « la diversité musicale mise à mal par la chute de nombreux distributeurs, les nouvelles stratégies de grosses plates-formes comme la Fnac qui (en voulant faire des économies d’échelles et se débarrasser des chefs de rayon), risquent de fermer la porte aux artistes méconnus ou non médiatisés. Le MP3 devient donc un sésame obligatoire pour les jeunes créateurs ». Et la concentration en cours dans le disque semble un phénomène qui s’étend au spectacle vivant, avec celle « des catalogues de producteurs liés au diktat des agents étrangers. Les "gros" producteurs se retrouvent avec une pléiade d’artistes pour lesquels ils n’ont parfois qu’un intérêt tout relatif, alors que de jeunes structures de production seraient très intéressées, voire plus à même de développer ces projets ».

Mais pour nombre d’entre nous, les préoccupations pour 2007 dépassent le cadre musical puisque en période d’élections, ce sont les décisions à venir qui conditionneront cinq ans de politiques culturelles. Alors face à « la non mobilisation des jeunes aux élections ! Plus de 21 avril par pitié ! » est le cri lancé par Serge Beyer, sans jamais baisser les bras.

Bonne année !
Propos recueillis par Jean-Noà« l Bigotti

Retrouvez l’intégralité des interviews ici


[1] et rappelant le fait qu’il est possible de réaliser plus de 75 000 streamings en 8 mois sur une artiste complètement inconnue ( SANDIE//TRASH ) via Myspace.

[2] « J’ai commandé à l’inspection générale de l’administration de la culture, une évaluation des dispositifs et des moyens mis en œuvre par l’État depuis une quinzaine d’années en faveur des musiques actuelles. Je compte beaucoup sur les résultats de cette étude, confiée à Anita Weber et Michel Berthod. J’ai demandé qu’ils me soient remis d’ici la fin de l’année. Ils nous permettront de concevoir et de mettre en œuvre une politique plus efficace. Au-delà des moyens existants et (j’en ai bien conscience) perfectibles, je veux engager un travail de long terme entre l’ensemble des professionnels et les collectivités locales, pour la connaissance et la reconnaissance de ce secteur à part entière. L’institutionnalisation de la concertation nationale. La concertation nationale pour le développement des musiques actuelles avait été créée à votre demande. Grâce à l’engagement et à l’énergie de chacun d’entre vous, qui ont permis de créer les conditions du dialogue nécessaire, elle a jeté les fondements d’une réflexion et d’un travail durables. Les premiers travaux de cette concertation ont abordé les conditions territoriales de développement des musiques actuelles, dans toutes ses dimensions : l’enseignement de la formation et des pratiques artistiques, la création, la production, la diffusion et l’exposition des œuvres et des artistes, ainsi que le travail d’action culturelle et éducative qui s’y attache. C’est pourquoi j’ai décidé d’offrir un cadre permanent à cette concertation, en créant auprès de moi un Conseil supérieur pour les musiques actuelles (CSMA). Je l’installerai dans les toutes prochaines semaines au ministère de la Culture et de la Communication ». in Allocution de Renaud Donnedieu de Vabres, au Forum national des musiques actuelles (FoRuma), à Nancy, le 7 octobre 2005 ?

[3] L’ensemble des mesures constituantes du schéma participent à la mise en oeuvre d’une politique culturelle d’aménagement du territoire en faveur de l’enseignement artistique. Ce schéma s’adresse aux structures d’enseignement artistique qui remplissent une mission de service public de l’enseignement artistique. In Schémas départementaux des enseignements artistiques

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