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Accueil du site > Documentation > Focus > Point de vue : Saïd Assadi

Article mis à jour le vendredi 10 septembre 2010
Article créé le mercredi 21 mars 2007

 
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Point de vue : Saïd Assadi

Directeur du label Accords Croisés


« Si l’on fait un travail qui répond aux attentes des consommateurs,
on peut échapper à la crise du disque et se développer. »



De la production de spectacles à la nécessité de créer un label

Le label Accords Croisés a été créé pour les artistes de musiques du monde que nous présentions sur scène. Nous voulions qu’ils puissent créer de nouveaux répertoires. J’ai toujours considéré que ces artistes ont droit au même statut que les artistes occidentaux. Mais j’ai rencontré beaucoup de difficultés à convaincre les maisons de disques de suivre cette ligne.

À travers la collection, nous voulions donner la possibilité au public d’aller plus loin dans la compréhension de ces cultures, des musiques et de ce qu’elles disent, sans aller jusqu’à l’ethnomusicologie. Il fallait plus de pages pour le livret, une meilleure qualité d’impression, de belles images. Des exigences financières qui paraissaient démesurées aux maisons de disques avec lesquelles je travaillais… C’est ainsi que j’ai dû lancer le label Accords Croisés.

L’expérience que j’ai dans ce domaine depuis 2003 coïncide à la crise du disque. Malgré celle-ci, nos ventes de disques sont supérieures à ce qu’elles étaient auparavant en format habituel. J’en conclus que si l’on fait un travail qui répond aux attentes des consommateurs, non seulement on peut échapper à la crise, mais on peut aussi se développer.

L’exigence de la création

Notre travail avec les artistes est un travail à long terme. Pour chaque artiste, nous réfléchissons à une stratégie : le spectacle, puis le disque, une politique de développement dans la durée. Le premier critère de choix des artistes est qu’ils soient enracinés dans leur culture, avec des répertoires originaux. Nous veillons ensuite à leur désir d’ouverture aux aventures de création et aux rencontres des artistes d’autres cultures.

Pour l’enregistrement, nous misons sur la qualité technique. Ces répertoires que l’on dit traditionnels, sont actuels pour ces artistes. C’est une musique vivante, dont l’interprétation est différente, même si les mélodies ou les paroles appartiennent au XIIIe ou au XVIIe siècles.

Nous encourageons les artistes à transcrire les œuvres, à faire des dossiers pour devenir sociétaires de la Sacem : une reconnaissance très importante pour eux. Si Nusrat Fateh Ali Khan avait été reconnu par les sociétés d’auteurs compositeurs, sa situation aurait été bien différente…

Comment réussir une création mettant en présence des artistes de cultures différentes

Pour arriver à un résultat intéressant, il y a deux éléments importants. D’abord le désir de créer et l’envie de partager entre musiciens, ensuite l’environnement extérieur fourni par la production et la direction artistique.

Pour la direction artistique, nous avons besoin de quelqu’un de compétent pour chaque projet, qui aie la connaissance nécessaire des différentes cultures rassemblées dans le projet, qui soit à l’extérieur des artistes, qui n’aie pas d’intérêt particulier pour mettre en avant tel ou tel artiste, voire tel ou tel instrument, des choses très sensibles et humaines. Les artistes doivent lui faire confiance.

En tant que producteur, je dois expliquer mon travail de façon très réaliste. Le producteur est celui qui est capable de rassembler différents talents et de préparer les conditions nécessaires et favorables pour qu’ils puissent travailler ensemble tranquillement, dans des conditions humaines, agréables.

Propos recueillis par François Bensignor


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