IRMA

Centre d'information et de ressources pour les musiques actuelles

Connexion / inscription

Le panierVotre panier est vide

PUBLICITE
Accueil du site
Accueil du site > Documentation > Focus > Point de vue : Pierre-Olivier Laulanné

Article mis à jour le vendredi 10 septembre 2010
Article créé le mercredi 21 mars 2007

 
Version imprimable de cet article Version imprimable  

Point de vue : Pierre-Olivier Laulanné

P-O. LAULANNE Directeur de la Fédération des associations
de musiques et danses traditionnelles (FAMDT)


« L’intervention publique doit être réorganisée
avec un rééquilibrage en faveur des musiques populaires »



Le réseau des musiques traditionnelles en France

Le réseau des musiques traditionnelles en France s’est structuré par strates successives. Un certain nombre d’outils sont en place en région. Aujourd’hui, ces outils doivent se repositionner, puisque la décentralisation oblige à revisiter les organisations sur le plan régional.

Notre travail depuis quinze ans est de réfléchir au-delà des terroirs régionaux et de veiller à la circulation des objets artistiques. Les musiques traditionnelles, par essence, sont les musiques du métissage, de la transmission, de la circulation. C’est pourquoi nous voulons que la structuration, même si elle se focalise sur des entités administratives régionales, permette la circulation des œuvres bien au-delà des terroirs régionaux.

L’opération Planètes Musiques, plus qu’un festival, un travail de réseau

Planètes Musiques est un exemple de mutualisation de finances, de communications, de compétences et d’implication d’un réseau pour défendre, sur le plan national et sur le plan de la diversité, la place des musiques traditionnelles. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de la création par la FAMDT du label et de la maison d’édition Modal, afin de donner plus de visibilité aux artistes et à leurs musiques.

Planètes Musiques n’est pas à proprement parler un festival, c’est un accélérateur de diffusion pour 8 à 10 groupes choisis chaque année par les membres de la FAMDT. De 25 dates de concerts en 2005, on est passé à 35 dates en 2006 et à 40 en 2007. Nous sommes satisfaits de ce développement, qui permet de rapprocher les propositions artistiques que nous défendons des diffuseurs en région.

Le nécessaire rééquilibrage des moyens publics en faveur des musiques traditionnelles, partie prenante des musiques actuelles

On assiste à une modification des conditions de travail dans le secteur de la culture. Une réorganisation est nécessaire, qui implique une répartition différente des moyens. Nous réfléchissons avec nos collègues des musiques actuelles, avec lesquels nous retrouvons une convergence à la fois artistique, sociale et politique sur un certain nombre de terrains.

Pour nous, les moyens publics de la culture doivent être redistribués d’une façon plus équitable, plus respectueuse de l’ensemble des musiques et pas simplement au profit d’habitudes de fonctionnement. Il n’est pas normal que seule la Culture avec un grand C ait droit à d’importants moyens publics, et que nos musiques doivent se contenter des moyens du marché, qui n’intervient qu’à certains endroits. Le maintien d’une offre diversifiée passe obligatoirement par des moyens publics.

La FAMDT impliquée dans le Conseil supérieur des musiques actuelles (CSMA)

Le secteur des musiques actuelles fait office de laboratoire au ministère de la Culture et j’espère que ce qui se met en place est le réel portrait d’un nouvel équilibre des politiques culturelles. Organisme de référence pour le théâtre et la musique classique, le ministère a mis du temps à reconnaître les musiques actuelles et traditionnelles.

D’autres opérateurs ont pris la main. Les collectivités territoriales, les communes en particulier, sont devenus les principaux financeurs de la culture, et le ministère se repositionne dans un rôle d’arbitre, de metteur en commun. Les concertations du CSMA réunissent les collectivités territoriales, les acteurs associatifs et l’État pour réfléchir aux politiques et aux dispositifs.

De nombreuses régions jouent le jeu, mais la tentation de procéder à une reconcentration autour des capitales régionales, en oubliant la proximité et la diversité culturelle, est toujours présente. Il faut éviter le modèle dominant, où les moyens sont affectés à quelques têtes de ponts régionales au détriment des acteurs. Les opérateurs doivent pouvoir agir au niveau des structures de pilotage des politiques et des outils qui les concernent.

Propos recueillis par François Bensignor


PUBLICITÉ
IRMA : Centre d'information et de ressources pour les musiques actuellesInformations légalesRégie publicitaireNous contacterPlan du siteRSS 2.0