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Article mis à jour le vendredi 10 septembre 2010
Article créé le mercredi 2 mai 2007
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Nicolas Bordes est le coordinateur de la médiathèque associative les Musicophages à Toulouse.
Quelle image vous donne la notion de médiathécaire, bibliothécaire musical ou discothécaire, aussi appelés -thécaires ?
Je pense à un statut, celui de fonctionnaire, et donc à la notion de sécurité de l’emploi - ce qui n’est pas le cas dans le secteur des musiques actuelles- mais aussi la lourdeur que cela implique. En même temps, c’est aussi la notion de service public qui ressort avec la gratuité, l’accès pour tous aux contenus.
Cela me renvoie à une fonction précise dans un établissement (bibliothèque, médiathèque) aux attributions plus larges. On constate aussi que le bibliothécaire musical est un animal plus rare que ses confrères du livre, dont il semble parfois coupé. C’est une personne qui a souvent une grande culture musicale.
L’image qui en ressort est aussi leur vision très précise de la conservation avce l’indexation, la classification, l’archivage… bref le savoir-faire de la bibliothéconomie, essentiel en terme de valorisation et de circulation des documents.
Pensez-vous que les -thécaires soient prescripteurs ? notamment en ce qui concerne les nouveaux médias de la musique ?
Les « thècaires peuvent être des prescripteurs et ils doivent l’être à l’avenir. En effet ils sont amenés à être les derniers êtres humains dans la chaîne d’accès à la musique. Je pense qu’il faut les aider à défendre et valoriser cette fonction au sein de leur établissement ; ils sont un atout pour réhabiliter le disque comme bien culturel et contrer le discours dominant de « la mort du disque ». La bibliothèque constitue le seul espace non-marchand dans l’accès à la musique.
En ce qui concerne les nouveaux médias, la question demande à être creusée ! Les médiathécaires sont aux commandes d’un énorme patrimoine sonore qu’il faut valoriser, et les nouvelles technologies sont un outil supplémentaire pour accéder, faire circuler le son. Mais ces mêmes nouvelles technologies ne constituent pas LA solution suprême pour la diffusion de la musique ; l’utilisation de ces TIC confronte très durement la profession - donc sa mission de service public - au marché. Je pense que leur rôle serait plus de se mobiliser pour aller vers un rééquilibrage entre droit privé et droit public justement au nom d’une conception des collections comme un patrimoine (au même titre que la pierre ou les autres formes artistiques). Il ne faut pas enfermer la reflexion autour du support mais bien du contenu, à savoir la musique.
Comment envisagez-vous des collaborations avec les -thécaires ? et plus précisément ?
Il n’est pas, a priori, facile de collaborer entre une association et une bibliothèque ; sur le plan des animations, si la bonne volonté des bibliothécaires musicaux est réelle, celle des services animations - et a fortiori des directions - l’est moins !! En fait, j’observe que ce qui fait défaut c’est un espace de communication entre l’institution bibliothèque et les acteurs culturels (associations, institutions en charge des musiques actuelles). L’exemple de la démothèque est révélateur : pour la profession il s’agit d’un serpent de mer du fait de la méconnaissance du terrain et de la lourdeur administrative. Au bout du compte aucun cadre n’est posé. L’agence régionale Musactuelle ou l’association qui gère le tremplin pour le Printemps de Bourges repèrent et reçoivent les productions locales mais à aucun moment il n’y a de communication avec les bibliothèques pour une éventuelle collaboration (par contre avec la Fnac qui fait un chèque, pas de problème).
Par contre certains labels affirment que sans les achats des bibliothèques, ils ne vivraient pas aussi bien ; il y a donc un lien évident. Donc côté industrie, plutôt que directement les musiciens, je pense capital de sensibiliser les labels, éditeurs et petits distributeurs (il en reste !!!!!)