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Accueil du site > Documentation > Focus > Point de vue : Marie-José Justamond

Article mis à jour le vendredi 10 septembre 2010
Article créé le mercredi 21 mars 2007

 
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Point de vue : Marie-José Justamond

Directrice du festival Les Suds à Arles

« Dans le domaine du spectacle,
les musiques du monde se portent bien »




Les musiques du monde dans les festivals en France

La France est un lieu majeur pour les musiques du monde et les nouvelles musiques traditionnelles. Le plus évident, c’est l’abondance de propositions et leur excellent niveau artistique. L’offre est énorme, émane de tous les pays du monde, va du traditionnel au plus contemporain, du répertoire le plus intimiste au plus festif, du plus acoustique au plus électrique. Si la circulation des artistes pose problème, celle des musiques n’en pose pas. Tout cela est positif.

Comment se distinguer dans le foisonnement des festivals d’été au Sud de la France ?

Né en 1996, le festival Les Suds à Arles a eu le temps de s’enraciner dans la ville, dans le public régional et dans le secteur des musiques du monde. Nous avons un coeur de public fidèle et assidu. Heureusement que nous avons eu le temps de le construire, parce que cela devient de plus en plus difficile dans le foisonnement des festivals d’été…

Construire une affiche intéressante est un travail à la fois laborieux et passionnant. Je considère que le public est au centre du projet. Notre préoccupation est de l’amener à la découverte d’autres cultures. L’émotion est le déclencheur. Ensuite, une mosaïque se compose en fonction des espaces de spectacle et du temps dont on dispose. Chaque soirée va correspondre à un esprit. J’essaie de donner une diversité de couleurs, de palettes, de cultures, de géographies et d’esthétiques. Quand nous avons la chance de présenter en tête d’affiche des artistes de très haut niveau comme Ravi Shankar, cela nous permet d’éclairer les autres artistes inconnus du grand public.

Collaborations et émulations régionales

Nous entretenons de bonnes relations avec la Fiesta des Suds à Marseille. Nous sommes sur le même territoire régional et départemental. Nous travaillons dans le même secteur de manière complémentaire. La Fiesta des Suds porte également le Forum des musiques du monde Babel Med Music.

Plus généralement, il y a peu de collaborations officielles entre directeurs de festivals en France ou à l’étranger, mais souvent de très belles complicités. Nous avons des affinités avec certains au niveau des choix esthétiques. Lorsque l’un découvre un artiste, il fait signe aux autres. Nous sommes dans le même esprit et, dans ce cas, les artistes circulent plus facilement d’un festival à l’autre.

L’European Forum of Worldwide Music Festival (EFWMF)

L’EFWMF nous permet d’échanger des idées au niveau de l’organisation de nos manifestations, des formes de financements ou des publics. Actuellement, la situation est la même dans tous les pays d’Europe. Nous sommes conscients des difficultés concernant le pouvoir d’achat et nos publics ne nous suivent plus aussi facilement qu’il y a quelques années. C’est très important d’évoquer ces problèmes, de réfléchir à des solutions tous ensemble.

Comment se portent les musiques du monde dans le domaine du spectacle ?

Par rapport à beaucoup d’autres secteurs de la musique et du spectacle vivant, je crois que celui des musiques du monde se porte bien. Lorsqu’un projet de musique du monde émerge et fonctionne bien, il échappe à ce secteur. Prenons l’exemple de Gotan Project. Il n’est plus associé aux musiques du monde alors qu’au départ, il en était l’une des formes les plus modernes, pointues et passionnantes.

Actuellement, ce sont les collectivités territoriales qui permettent aux lieux de diffusion de spectacles de musiques du monde de vivre. Même si l’Etat régule, il est moins présent financièrement. Les limites des festivals sont définies par les personnalités politiques qui sont à la tête des collectivités territoriales. Nous existerons, tant qu’ils nous permettront de satisfaire nos publics. C’est le grand point d’interrogation…

Propos recueillis par François Bensignor


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