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Article mis à jour le vendredi 10 septembre 2010
Article créé le mercredi 2 mai 2007
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Denis Talledec est coordinateur de Trempole et vice-président du Réseau Ressource.
Quelle image vous donne la notion de médiathécaire, bibliothécaire musical ou discothécaire, aussi appelés -thécaires ?
Ces professionnels de l’information musicale ont une image qui doit être dépoussiérée. On a souvent en tête cette image d’Epinal du bibliothécaire qui travaille avec des fiches. Or la réalité est bien différente, bien sûr, mais je pense qu’il convient pour ces techniciens de chercher à redonner un coup de jeune à leur image. En outre, il me semble que ce sont les premiers à avoir pu créer un véritable maillage territorial de l’information musicale en France et que leur savoir-faire est donc basé sur une longue expérience.
Pensez-vous que les -thécaires soient prescripteurs ? notamment en ce qui concerne les nouveaux médias de la musique ?
Ce sont les meilleurs prescripteurs de terrain ! Véritables mines d’information musicale dans des villes ou bien souvent l’on ne trouve ni disquaire (au sens de magasins de disques), ni salles de concert. Ces personnes ont en outre un avantage par rapport à d’autres médias : une totale liberté et indépendance de choix absolument pas conditionnée par des impératifs économiques, comme ce qui peut se passer avec les autres médias. Donc cette prescription est effectivement primordiale ; puisqu’ils peuvent conseiller d’autres artistes, tout en sachant que leur public reviendra régulièrement les revoir (au moins chaque semaine) et qu’ils pourront échanger musicalement. Concernant les nouveaux médias, je pense que les -thécaires n’ont pas su négocier le tournant Internet et surtout du téléchargement. Reste qu’il me semble que ces professionnels cherchent désormais à pallier ces manques et utilisent de plus en plus les nouvelles technologies pour répondre aux demandes des usagers.
Comment envisagez-vous des collaborations avec les -thécaires ?
Je pense que l’on peut envisager les collaborations avec les -thécaires sous plusieurs axes.
Le premier, au sein d’un gigantesque réseau d’information pour les usagers de leur service public, où nous pourrions leur donner du "feed-back" de l’intérieur de la filière musicale. Voire fonctionner en terme d’expertise sur les domaines où nous sommes performants en échange de la leur…
Le second, avec les autres professionnels de la filière musicale, puisqu’ils peuvent, ensemble, participer à l’information du public pour l’annonce des concerts, le suivi "médiatique", etc. Et pourquoi pas, on peut même imaginer qu’ils puissent proposer des ventes de disques dans les villes où il n’y pas de disquaires.
Enfin, au sein du Réseau Ressources dont je suis le Vice-président, il est évident que l’on puisse connecter ce fantastique réseau de terrain avec les associations qui font de l’information ; et que l’on puisse réfléchir en terme de formation pour les membres de nos réseaux, de rencontres, d’échange et surtout de culture pour que le public usager des centres au sein desquels nous travaillons puissent en savoir plus sur l’ensemble des activités musicales proposées sur un territoire donné.