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Accueil du site > Documentation > Focus > FLASH-BACK 2006 2006 en jeu et en tête

Article mis à jour le vendredi 10 septembre 2010
Article créé le mardi 9 janvier 2007

 
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Article

FLASH-BACK 2006
2006 en jeu et en tête

Entre la dinde et la bise sous le gui, les lecteurs d’Irmactu ont prolongé la détente en répondant à notre jeu-questionnaire sur les personnalités marquantes du monde de la musique en 2006â ?¦
De quoi revenir, en pointillé et à travers quelques noms, sur une année riche en évènements importants pour le secteur.

Des centaines d’entre vous se sont pris au jeu (merci !). Nous avons reçu vos réponses pendant les fêtes, certaines détaillées, souvent amusées, parfois pas…
Avant d’envisager les bonnes résolutions 2007 et les enjeux majeurs à venir (conventions collectives, concertations territoriales, présidentielles…), nous vous avons mis à contribution pour finir l’année sous forme de bilan ludique et récréatif.

Précisons d’emblée que nous ne ferons ici ni podium ni statistiques, en rappelant que dans ce genre de vote, les résultats sont forcément à prendre avec des "pincettes".
Si nous vous avons proposé une liste indicative de personnes, c’était bien pour vous faire réagir, et, comme souvent, la plupart des réponses ne sont pas "sorties" des noms précités. Ainsi, le crédit à accorder aux résultats obtenus est donc tout relatif. D’autant qu’au-delà de cette prise de recul nécessaire, ces résultats sont aussi à prendre avec humour, surtout au regard de certaines réponses allant jusqu’à l’autosatisfecit ou la nomination de collègues de bureau… Sans compter les malin(e)s qui votent plusieurs fois !

Globalement, les réactions ont bien prouvé que certaines personnes ont été dans l’actualité et ont marqué l’année comme acteurs d’un événement notable. Mais ceci « et c’est heureux « ne vous a pas empêché d’en nommer d’autres "juste" pour leur travail quotidien et au long cours.
De fait, la première grande tendance concerne surtout la variété des réponses et la diversité de vos centres d’intérêt, de vos réseaux… Toutes les esthétiques des musiques actuelles et toutes les branches professionnelles du secteur ont été représentées dans les votes.

Ainsi, ceux qui sont "sortis" de la liste proposée ont constitué un « second listing » , certes minoritaires, mais étendu à des centaines de noms. La diversité reste (ouf !) une valeur sûre dans notre secteur !
Pour les remercier et en guise de pied de nez à notre propre liste indicative, nous commencerons donc par rendre hommage à un professionnel que nous n’avions pas nommés.

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Didier Bourgoin

Un hommage

Nous saluerons d’abord Didier Bourgoin, membre fondateur de la Fanzinothèque de Poitiers et directeur de l’établissement jusqu’à cette année. Comme le souligne un de nos lecteurs, "après presque 20 ans de Capitainerie dans les projets les plus fous de ce lieu incontournable de la presse amateur et parallèle", cette fin d’année est une belle occasion pour applaudir le Capitaine !

Musique enregistrée

Concentration du marché du disque et de la distribution
Comme en 2000, 2001, etc., l’année 2006 ne sera toujours pas celle de la fusion entre EMI et Warner !
En revanche, la concentration du marché de l’édition musicale s’est un peu plus accrue avec le rachat, en septembre dernier, de BMG Publishing par Universal Music.
En France, c’est sur le secteur de la distribution indépendante que l’inquiétude s’est portée ces derniers mois. Après Pop Lane, Chronowax ou Tripsichord les années précédentes, Night & Day a annoncé sa cessation d’activité cet été, laissant "sur le carreau" de nombreux labels…
A l’heure où même les plus importants disquaires se restructurent (la Fnac) ou ferment leurs portes (Tower Record), la marge de manœuvre des distributeurs indépendants devient de plus en plus mince… et le métier de plus en plus difficile.

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Yves Riesel

Dans ce contexte, Yves Riesel, fondateur d’Abeille Musique, petit modèle d’entreprise de distribution développée par "un travail patient, modeste et de long terme" est une des personnalités qui a marqué 2006. L’impact de sa réaction fin 2005 face à la prise de position de Patrick Zelnik concernant les "coffrets Mozart" y est aussi sans doute aussi pour quelque chose…

Développement de la musique en ligne
Si le chiffre d’affaires de l’industrie du disque a de nouveau baissé au premier semestre de cette année, le discours des producteurs est cependant plus optimiste qu’auparavant. Deux éléments semblent avoir déclenché cette évolution.
Le développement du marché de la musique en ligne, dont la croissance pourrait compenser la baisse du marché physique à l’orée de 2010, est un de ces éléments. Il s’accompagne cette année de l’entrée marquée, après celle des éditeurs de logiciels, des nouveaux acteurs de la téléphonie mobile dans l’économie de ce secteur.

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Denis Ladegaillerie

Si la structuration de ce marché apporte de nouvelles perspectives, notamment avec l’arrivée de ces multinationales en bout de chaîne, c’est aussi grâce au développement d’initiatives intermédiaires comme celle de Denis Ladegaillerie et de son équipe de Believe.fr. Depuis un an et demi, ils opèrent le lien entre artistes et labels indépendants d’un côté et plateformes de téléchargement de l’autre, accompagnant également les projets dans leur promotion auprès des médias, éditeurs, tourneurs… Une façon d’intégrer les indépendants, et leur rôle moteur dans le développement de jeunes artistes, dans cette nouvelle chaîne économique de la musique digitale.

DADVSI
Le vote de la loi sur le droit d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information (DADVSI) est le second élément clé.
Car pour assurer le développement du marché de la musique en ligne, encore fallait-il légiférer les pratiques de téléchargement sur Internet. Le feuilleton a eu de nombreux épisodes. Entre le principe de répression des téléchargements "pirates" et celui de licence globale (légalisation des échanges gratuits contre rémunération forfaitaire), les députés ont hésité… Finalement, les législateurs ont adopté le projet proposé par le ministre de la Culture qui interdit les échanges et le détournement des mesures techniques de protection, mais prévoit un dispositif de sanctions graduées qui distingue l’internaute fautif de l’hébergeur de plateformes Peer-to-Peer (P2P).

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Anne-Sophie Lainnemé

Symbole des débats qui ont animé l’hémicycle parlementaire et le monde de la musique, l’institutrice Anne-Sophie Lainnemé faisait partie des internautes poursuivis en justice par la SCPP depuis 2004.
Contrairement aux autres personnes accusées, elle a refusé les accords à l’amiable et s’est défendue, devenant ainsi l’icône des "petits pirates" et l’emblème médiatique de cette affaire. Le 30 novembre dernier, elle a été condamné par le tribunal correctionnel de Rennes à 1 200 euros avec sursis, faisant à nouveau couler beaucoup d’encre dans les journaux, la DADVSI en toile de fond.

Si le sujet des poursuites d’internautes "smicards" ou chômeurs reste vendeur dans la presse, la tendance générale, avec le développement de la musique en ligne et après le vote de la DADVSI, a plutôt été de reléguer la question du P2P au second rang. A l’image de ce que soulève la Fing, les enjeux liés à la dématérialisation sont dorénavant envisagés plus globalement, avec l’idée de recherche de nouveaux modèles économiques pour la musique.

Politiques culturelles

Les politiques en faveur des musiques actuelles
Dans la dynamique du ForuMa organisé en octobre 2005 à Nancy, il se peut que 2006 soit une année charnière dans les politiques en faveur du secteur.

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Michel Berthod et Anita Weber

Pour la première fois en 20 ans d’intégration des musiques actuelles dans les politiques publiques, le ministère de la Culture a commandé un rapport sur le sujet à deux inspecteurs généraux de l’administration des affaires culturelles. En juin, Anita Weber et Michel Berthod ont ainsi exposé leurs analyses du "soutien de l’Etat aux musiques dites actuelles", reconnaissant son investissement tardif et timide. Une série de préconisations conclut ce rapport… un peu comme si l’envie des professionnels de la musique de rencontrer celle des pouvoirs publics devenait moins incongrue et possible…

La création du CSMA
Annoncée par le ministre de la Culture au ForuMa, la création du Conseil supérieur des musiques actuelles (CSMA) a été prononcée par arrêté le 4 janvier 2006. Le CSMA est une instance tripartite et concertée comprenant des représentants des collectivités territoriales, de l’Etat et des professionnels des musiques actuelles. Sa création vise à offrir un cadre permanent aux travaux engagés depuis 2004 par la Concertation nationale pour le développement des musiques actuelles. Ainsi, il est chargé de faire des propositions et des recommandations dans le domaine des politiques en faveur des musiques actuelles.
Depuis sa création, le CSMA s’est organisé, a mis en place quatre commissions et a entamé sa mission d’appui aux développements des concertations territoriales.

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Frédéric Vilcocq

Frédéric Vilcoq, conseiller régional d’Aquitaine délégué aux Cultures émergentes, et membre de l’Association des régions de France, est très actif sur ces dossiers. Après avoir participé à la Concertation nationale, il a été nommé vice-président du CSMA et a conduit le premier rendez-vous de la concertation territoriale en Aquitaine, il y a moins d’un mois. Son engagement, qui vise à établir une "rencontre partenariale" entre décideurs publics et acteurs de la musique, et qui incarne l’entrée en jeu "national" de cette nouvelle entité "émergente" que sont les régions, est une clé importante pour la réussite du développement territorial des musiques actuelles.

Spectacle

Intermittence
Sur le champ du spectacle vivant, l’actualité s’est surtout portée, comme en témoignent les interviews, sur les négociations concernant le régime d’assurance-chômage des intermittents.
Rappelons qu’après les accords de 2003 et la perturbation des festivals d’été, un nouveau protocole proposé par le Medef a été établi le 18 avril dernier. La plupart des partenaires sociaux l’ont signé… sauf la CGT, principal syndicat d’artistes et de techniciens du spectacle. L’ensemble des fédérations du secteur est monté au créneau pour défendre la situation des intermittents face à un protocole qui conforte celui du 26 juin 2003 selon la CGT.
Car avec la réduction des espaces de diffusion qui touche certains genres musicaux (voir le focus de décembre), il devient difficile de se produire sur scènes pour de nombreux artistes. Le maintien du régime d’assurance-chômage des artistes à un seuil minimum exigé de 507 heures de travail sur 10 mois et demi risque ainsi de prolonger le mouvement qui a exclu 34 000 intermittents du dispositif (rattrapés par le fonds transitoire) depuis 2003.

L’aide au développement de carrière
Ce ne sont cependant pas des acteurs de ce dossier que vous avez plébiscité dans vos votes. Ce sont plutôt des professionnels qui, en 2006 comme les années précédentes, ont continué à aider au développement de carrière de jeunes artistes.

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Julien Bassouls

Julien Bassouls, fondateur et directeur de Life Live depuis plus de 15 ans, fait partie de ceux-ci. Son actualité cette année a été de faire tourner des artistes de chanson déjà renommés comme La Grande Sophie (avec qui il a obtenu une victoire de la musique en 2005), ou sur le retour comme Louise Attaque, mais aussi de nombreux moins connus… avec les risques financiers que cela comporte pour "une asso à la mini-trésorerie".
Sur le tout récent site Internet de Life Live, Julien Bassouls s’explique : "Le véritable développement d’artistes, sur des années, n’est pas une sinécure, pas lucratif pour deux sous, investissements, militantisme obstiné, il faut y croire non-stop. […] Ma réflexion me conduit vers la recherche d’outils toujours plus proches de l’artiste, pour l’aider à franchir les paliers, les premiers concerts, et la suite de sa carrière."

Autre pierre angulaire du développement d’artistes, les managers semblent cette année avoir été relativement épargnés par la polémique entretenue autour de leur statut.

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Virginie Borgeaud

Fin 2005, les points de vues échangés sur ce sujet entre le Prodiss et le MMFF (Music Manager Forum France - syndicat de managers créé en 1999) sont les derniers en date. Se défendant de faire du "placement" d’artistes, le MMFF revenait dans son communiqué sur son souhait de voir les managers s’implanter durablement comme des interlocuteurs légitimes entre l’artiste et les entrepreneurs, producteurs, éditeurs…
En poursuivant ses actions en 2006 (journée d’information, groupe de discussion, formation, tremplin…), le MMFF, fondé et dirigé par Virginie Borgeaud, a ainsi contribué à asseoir un peu plus le métier de manager dans le paysage professionnel.

Media

Alors que la presse musicale alternative a fait récemment l’objet d’un ouvrage de la revue Copyright Volume, les radios associatives se sont quant à elles inquiétées durant de longs mois de la révision du FSER (Fonds de soutien à l’expression radiophonique). Cette révision, qui est intervenue au moment où la Ferarock lançait déjà un cri alarmant sur sa situation et celles des associatives, encadre finalement avec plus de rigueur l’aide accordée mais ne revient pas sur le seuil de publicité autorisé.

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Sébastien Vidal

Dans le paysage radiophonique, on a aussi beaucoup parlé de podcasting cette année. La plupart des grandes radios s’y sont mises…
Pourtant, une radio locale qui ne propose pas de podcast a retenu l’attention. Grâce notamment au travail patient du programmateur Sébastien Vidal, TSF, la "radio jazz et infos" de la région parisienne, a tout simplement rattrapé la maison mère Radio Nova en terme d’audience francilienne ! A quand des décrochages de TSF en région ?

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Marc Benaà¯che

Les initiatives portées par Mondomix, structure multi-activiste sur les musiques traditionnelles et du monde (presse en ligne, mensuel papier gratuit, plateforme de téléchargement) relèvent également d’un remarquable projet global sur ce genre spécifique. Pour aller plus loin encore, l’équipe de Marc Benaïche a aussi co-édité cette année, avec la Cité de la Musique et les éditions Panama, le Petit atlas des musiques du monde.

Et un projet documentaire…

Si nous avions décidé de ne pas vous questionner sur les artistes marquants de l’année (la presse musicale et professionnelle s’en occupent), le projet de documentaire musical du réalisateur Jean-François Bergeron et du manager Farid Merabet mérite cependant une dédicace.
Développé autour des valeurs de la "culture équitable et solidaire", le projet Désert Rebel correspond à la rencontre de musiciens touaregs (Abdallah Oumbadougou, orchestre Takrist n’ Nakal) et de musiciens français aux influences variées (Guizmo et Manu de Tryo, Daniel Jamet de la Mano Negra, Imhotep d’IAM…). De ces rencontres sont nés un documentaire, une tournée et un album sorti cette année. Les recettes générées sont essentiellement consacrées à mener des actions au Niger en faveur du développement de l’accès à la culture. Une belle oeuvre !

Conclusion

Un petit jeu et quelques noms ne permettent d’envisager qu’en surface l’année qui vient de s’écouler. De nombreux évènements importants n’ont pas été évoqués (diversité culturelle, gestion sonore, réforme de la DMDTS, patrimoine musical, crédit d’impôt pour la production phonographique, circulation des artistes, etc.).

Les actualités sont bien souvent l’arbre qui cache la forêt. Ainsi, la négociation des conventions collectives est en cours depuis plusieurs mois mais l’information reste "invisible". De la même manière, une foultitude de projets menés par vos initiatives constitue la réalité complexe et vivante des musiques actuelles. Ils sont la force du secteur qui permet aux musiques de vivre et d’exister.
Alors, santé, bonheur… et de belles réussites pour vos projets en 2007.

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