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Accueil du site > Actualités > Actualités professionnelles > Xandrie/Qobuz : 15 millions d’euros pour atteindre l’équilibre dans 4 ans

Publié le mardi 26 janvier 2016

 
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Xandrie/Qobuz : 15 millions d’euros pour atteindre l’équilibre dans 4 ans

Denis Thébaud, PDG de Xandrie, explique les raisons du rachat de la plateforme musicale française Qobuz, et affiche ses ambitions. Avec un investissement prévu de 15 millions d’euros sur 5 ans, il vise l’équilibre dans 4 ans. Et affirme sa volonté de développer le catalogue et l’offre de Qobuz.

- Pourquoi avoir choisi de reprendre Qobuz et investir dans le streaming musical ?

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Denis Thébaud, PDG de Xandrie

Le projet de Xandrie couvre tout le champ de la culture et du divertissement : jeu vidéo, livre, partitions musicales, logiciels, films… Et nous souhaitons à l’avenir nous élargir à la presse et au magazine. Qobuz correspondait exactement à ce que nous cherchions pour étoffer l’offre de Xandrie. Nous étions déjà entrés en contact avec Qobuz il y a un an, sans suite. Nous avions tout de suite compris toute la valeur de Qobuz, aussi bien au niveau local qu’international.

- Comment le streaming musical va-t-il s’insérer dans l’offre de Xandrie ?

Nous avons choisi de garder la marque Qobuz ainsi que son organisation. Toute l’équipe marketing et vente va défendre la marque Qobuz, définir son offre. Le service éditorial vidéo, très important, sera également dédié, comme la business intelligence. Tout ce que voient les utilisateurs sera spécifiquement Qobuz. On ne veut pas le noyer dans un gros ensemble culturel et divertissement. Qobuz existera par lui-même, et tout ce qui fait sa particularité sera conservé. En revanche, un certain nombre de dépenses seront mutualisées, à la fois pour des raisons de coût, mais aussi pour des raisons d’investissement. La partie administrative et financière, ainsi que le financement lui-même, seront mutualisés, comme les SI. Gérer des millions de titres, et des millions d’utilisateurs nécessite d’avoir une infrastructure technique solide, et cela demande des moyens conséquents. De même, l’aspect contractuel avec les maisons de disques sera mutualisé. La logique est simple : l’union fait la force. La pérennité d’un projet ne peut être effective qu’avec une rentabilité. Sans rentabilité, pas d’investissement, et sans investissement, on finit par disparaître.

- Le positionnement fort de Qobuz sur la qualité sonore sera-t-il conservé ?

Nous souhaitons conserver cette avance prise par Qobuz, qui avait fait le choix de proposer une offre qualitative, tant sur les formats que sur les catalogues. Pour cela, nous serons en veille permanente sur les nouveaux formats, et accorderons une attention particulière à l’éditorial, à la contextualisation de la musique. Qobuz n’a pas vocation à servir 100% des clients, mais à servir les clients qui ont un bel équipement hi-fi à la maison, ou tous ceux qui attachent de l’importance à la qualité. Cette clientèle est de plus en plus nombreuse, et de plus en plus exigeante, en France, mais aussi en Europe, et demain dans le monde entier.

- Ce travail sur l’éditorial et la contextualisation, vous allez le travailler en interne ou recourir à des entreprises spécialisées ?

Nous souhaitons faire des choses en interne, ou alors avec des partenaires indépendants qui sont plutôt des artisans, afin de garantir la qualité, l’authenticité et la conformité avec la ligne éditoriale de tous les contenus que l’on trouve sur Qobuz. L’idée n’est pas de proposer un grand hangar éditorial où l’on retrouverait les mêmes choses que sur toutes les plateformes. Je comprends parfaitement l’économie d’échelle qui pourrait être faite, mais cela dénaturerait ce que l’on veut faire.

- Qobuz était en difficulté sur un marché ultra-concurrentiel et dégageant encore peu de rentabilité. Quelles sont les projections et les objectifs économiques que vous vous fixez ?

Nous avons fait un budget prévisionnel sur plusieurs années, avec un volant recettes et un volant investissement. C’est un budget à la fois raisonnable et ambitieux. En 2020, nous visons un chiffre d’affaires 5 à 6 fois supérieur à celui de 2015 et on espère atteindre l’équilibre dans 4 ans. Dans un métier somme toute encore nouveau, et qui nécessite de forts investissements, c’est une projection qui apparaît normale. Pour récolter, il faut semer. Il faut donc financer tous les investissements nécessaires, de façon à garder notre avance et servir les attentes de nos clients. Nous n’attendons pas un retour sur investissement à très court terme, ce n’est pas l’objectif. Nous allons investir sur les 5 prochaines années 10 millions d’euros sur le marketing, et 5 millions d’euros sur les moyens techniques, spécifiques à Qobuz ou partagés avec d’autres développements plus globaux. Ce sont des sommes significatives. Tous les ans, nous regarderons si les recettes et les dépenses sont en adéquation. Nous rééquilibrerons si besoin.

- Et sur l’acquisition de nouveaux catalogues ?

Un travail va être mené pour des catalogues plus locaux, dans les pays anglophones et germanophones. Nous allons identifier ce qui doit être ajouté. Nous avons déjà une très belle offre, mais nous seront très ouverts à l’élargissement du catalogue.

- Resterez-vous sur les mêmes standards dans la contractualisation avec les maisons de disques et les éditeurs et sur la répartition de la valeur générée ?

Nous arrivons dans ce métier. Nous n’y sommes que depuis le 29 décembre ! Je n’ai aucune prétention de révolutionner un secteur que je découvre. Je fais confiance aux acteurs du marché, aussi bien aux recording companies qu’aux publishers, ainsi qu’à nos confrères, pour faire évoluer les modèles. Notre ligne directrice, c’est la satisfaction de nos clients et la juste répartition de la valeur entre les parties prenantes. Notre combat n’est certainement pas celui du tout gratuit. Tout le monde doit avoir une juste rémunération de son travail, c’est ce qui garantira le maintien et le développement de la création musicale.

- Quelles vont être les premières décisions et action menées sur Qobuz ?

La première décision a été d’exposer nos intentions et notre plan d’action dans une conférence de presse. Ensuite, nous avons nommé des personnes à des postes clés et avons pris des décisions d’embauche. Nous avons nommé un responsable marketing qui était déjà chez Qobuz. Il aura la responsabilité de la marque et de la définition du produit, ainsi que de l’éditorial, du service client, du webmareting et de la business intelligence. Nous avons nommé une autre personne en responsabilité de l’animation commerciale avec pour mission de développer Qobuz dans les pays anglophones et germanophones (Angleterre, Irlande, Allemagne, Autriche, Suisse), mais aussi d’augmenter la visibilité au Bénélux. Les équipes de Qobuz avaient déjà mené un gros travail de réflexion l’été dernier, que nous allons prolonger le 27 janvier par un séminaire de travail où l’on va décider de notre plan 2016. Nous sommes également en recrutement d’un responsable du marketing et des ventes qui soit un fin connaisseur du secteur musical. Ce rôle est assuré en intérim par un membre du CA de Xandrie, Albert Benattar. C’est un executive board member très pointu et compétent sur ces questions. Enfin, nous avons rencontré toutes les principales recording companies, et nous allons enchaîner avec les publishers. Les partenariats ont déjà repris. Nous nous sommes mis très vite en mouvement depuis fin décembre. La machine Qobuz est en train de se relancer à toute vitesse.


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