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Article mis à jour le jeudi 16 septembre 2010
Article créé le mardi 2 février 2010

 
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Interview

Vu de Grande-Bretagne

Alison Wenham est présidente de AIM, l’Association des labels indépendants britanniques. Elle est aussi présidente de WIN, l’ombrelle internationale des labels indés et, comme fondatrice d’Impala, l’organisation européenne des indés, elle a eu l’occasion de côtoyer et de travailler avec Patrick Zelnik. Elle s’exprime ici pour la première fois sur le rapport Zelnik.

Alison Wenham

Que pensez-vous du rapport Zelnik ?
Nous l’avons fait traduire et nous avons donc pu en prendre connaissance dans son intégralité. Il y a plusieurs aspects dans ce rapport, mais il me semble qu’il s’agit d’un ensemble de propositions qui ont été mûrement réfléchies. La personnalité des trois auteurs et leur expérience professionnelle me laissent penser qu’il y a eu des débats assez robustes entre eux mais, au final, c’est assez réaliste. C’est un plan d’action assez complet, avec toutefois des questions : son application sera-t-elle franco-française ou européenne ; les mesures seront-elles mises en place en même temps ou séquentiellement ; et dans quelle séquence ?

Quelles sont les mesures que vous retenez ?
L’idée du portail, le crédit d’impôt, la campagne de promotion des offres légales, la carte musique… je trouve que l’idée de la carte musique est bonne si c’est un moyen de faire enfin décoller le marché de la musique numérique en France. Et son financement me paraît raisonnable.

Cela ne vous choque pas que le contribuable français subventionne le consommateur de musique ?
Il y a en France une grande tradition de soutien à la culture par l’État, aussi cela ne me paraît pas du tout anachronique.

Une telle mesure pourrait-elle exister en Grande-Bretagne ?
Tout d’abord, nous avons un marché numérique bien plus développé qu’en France. Après les États-Unis, nous avons un des marchés les plus dynamiques dans le domaine du numérique, ce qui n’est pas le cas de la France. L’idée d’introduire une mesure qui permettra à des jeunes consommateurs de comprendre que la musique a une valeur et d’aller trouver de la musique sur des sites légaux ne me paraît pas mauvaise du tout si cela permet de faire décoller le marché.

Que pensez-vous de ce qui a été appelé la taxe Google ?
C’est une prise de position intéressante. Les revenus de Google sont sans comparaison avec ceux des industries de la création, et Google est la porte d’accès à tant de sources d’information que la société se trouve en position très forte. Il y a dans cette initiative un côté David contre Goliath.

Vous paraît-elle être une proposition réaliste ?
J’ai mes doutes. Google est une société très puissante.

Le rapport pointe le doigt en direction des majors leur imputant une responsabilité majeure dans l’échec de la mise en place d’une offre légale de musique. Vous y souscrivez ?
Je pense que c’est une vue assez correcte de la situation, même si je suis sûre que les majors se défendront d’en avoir été les architectes.

Parlons maintenant de l’introduction possible de la gestion collective pour le streaming et le téléchargement…
à ?a, c’est le véritable éléphant dans la pièce ! J’ai cru comprendre que cette mesure avait suscité une certaine controverse.

Qu’en pensez-vous ?
Au début je me suis dit que c’était une mesure assez extrême, puis je me suis mise à y réfléchir sérieusement. Cela fait maintenant dix ans que nous avons un marché du numérique, et tout ce à quoi nous sommes arrivés c’est créer un quasi-monopole de la distribution numérique, ce qui ne me semble pas être la meilleure façon d’assurer diversité et choix. Je ne pense pas que qui que ce soit puisse dire que nous avons fait du bon boulot dans ce domaine. Qu’avons-nous réellement produit de tangible en dix ans en termes de choix ? Aussi, il ne me paraît pas incongru de réfléchir à d’autres façons de procéder.

Au point de proposer une mesure aussi radicale ?
Et si c’était le moindre de deux maux ? Et si c’était ce qu’il fallait pour enfin arriver à obtenir pluralité et diversité, pourquoi pas ? Je constate tout de même que les acteurs du marché ont un an pour en discuter avant intervention de l’État.

Cette mesure est-elle Euro-compatible ?
Sans doute pour les plus petits marchés, ceux qui sont à la périphérie et qui n’ont aucune infrastructure numérique légale « et on sait ce que ça veut dire en termes de consommation de musique ! « et qui pourraient en bénéficier.

Le crédit d’impôt, c’est une mesure qui va dans le bon sens ?
C’est ce qui fera qu’il y aura de la dinde à Noà« l ! C’est une mesure que nous soutenons totalement. Il y a un sous-financement chronique dans le secteur de la musique en Europe et cette mesure pourrait apporter un bol d’air frais. Il serait temps que cette mesure soit appliquée dans toute l’Europe.

Que pense Impala de ces propositions ?
Je ne peux pas parler au nom d’Impala, et il y a au sein de l’organisation des vues différentes. Mais dans l’ensemble, le sentiment est que c’est un ensemble de propositions qui tiennent la route.

Propos recueillis par Emmanuel Legrand
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