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Article mis à jour le vendredi 10 septembre 2010
Article créé le mercredi 4 juin 2008
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Natalia Tsarkova (présidente d’i-concerts), Alexandre Perrier (responsable de la société de production audiovisuelle Kidam) et Adrien Marchand (responsable promotion du label Fargo) ont répondu à nos questions sur le rôle joué par les captations live dans leur projet.
Natalia Tsarkova
Présidente d’i-concerts SA
Pourquoi se lancer sur le marché de la captation de concerts ?
Parce que c’est un marché qui a été largement sous-exploité par la télévision, et, depuis quelques années, la donne a changé grâce à l’arrivée de la VOD. Pour vendre de la publicité à l’heure du "prime-time", la TV linéaire est obligée de viser le marché de masse, le dénominateur commun le plus bas. C’est la logique de MTV ou de MCM.
Les captations de concerts ne s’adaptent pas facilement à cette logique. Même s’il y a un marché très important pour la diffusion des concerts, ce marché reste très fragmenté par les gouts musicaux. Avec la VOD, le consommateur peut choisir les artistes et les spectacles qui l’intéressent. De cette manière, i-concerts peut atteindre un marché de distribution suffisamment large tout en respectant le goût individuel de chaque consommateur.
Quelles sont les difficultés et les écueils ?
D’abord, capter un concert de qualité (surtout en haute définition) est un projet très coûteux. Il faut avoir un modèle économique de distribution pointu pour mettre en place un service de concerts-à -la demande avec du choix et de la qualité.
Ensuite, les ayants-droit et les producteurs sont habitués à une diffusion télévisée relativement limitée. Ils sont assez méfiants et il faut les encourager à faire confiance aux nouveaux modèles de distribution. Par exemple, pour créer une offre attractive de retransmission de concerts, il faut donner aux consommateurs des outils tels que des playlists personnalisables ou des offres d’abonnement illimité sur une grande sélection de programmes.
Selon vous, est-ce un marché d’avenir ?
Je pense que le marché d’avenir est un marche extrêmement segmenté. La télévision 2.0 sera une chaîne linéaire avec un catalogue VOD disponible instantanément, avec un site web et une offre mobile qui complèteront l’expérience des consommateurs. Les concerts enregistrés marcheront très fort dans cet environnement "cross-plateforme".
Adrien Marchand
Responsable promotion du label Fargo
Pourquoi se lancer sur le marché de la captation de concerts ?
Pour plusieurs raisons. C’est un mélange car cela fait plaisir aux fans et représente une opération de communication pour l’artiste et le label. De cette manière, on est passé sur la matinale d’iTV et Musique Info Hebdo a fait un sujet. C’était également un moyen malin pour financer la captation vidéo.
Quelles sont les difficultés et les écueils ?
On a rencontré des difficultés d’organisation, avec des questions de timing pas évidentes à gérer. On aurait dû mieux s’organiser pour préparer la distribution des disques. La prochaine fois, on devrait demander à l’artiste de prendre plus de temps pour rentrer sur scène après le rappel ! Parce qu’on a eu "du retard à l’allumage", du coup on a été obligé de vendre d’abord la pochette cartonnée vide, et ensuite les spectateurs allaient chercher le disque directement auprès de la tour de pressage.
Selon vous, est-ce un marché d’avenir ?
Le procédé ne marche pas pour tous les artistes. C’est comme le syndrome Radiohead : ça marche parce que c’est Radiohead, mais pour un petit groupe de la région, cela ne marcherait pas. Pour Alela Diane, on ne sait pas si l’on va recommencer l’expérience de captation. Lorsque l’artiste est en développement, mieux vaut vendre son album à la fin des concerts. Pour Emily Loizeau, le contexte était particulier puisqu’il s’agissait de sa dernière date à Paris avant sa tournée.
Mais avec ce type de produit, nous n’avons pas gagné d’argent. Il s’agit surtout d’un produit dérivé, pas d’un marché à part entière. En tout cas pas pour nous en tant que label. En revanche pour les prestataires, ce marché peut leur apporter de nouveaux débouchés. Aujourd’hui, peu de presseurs sont compétents sur ce créneau en petites séries. Ils devraient se spécialiser, proposer de la PLV, disposer de plusieurs tours… un service complet clé en main. Le prestataire qui arrivera face aux labels en proposant ce type de services " tout compris" disposera d’un interlocuteur plus attentif.
Alexandre Perrier
Responsable de la société de production audiovisuelle Kidam
Pourquoi se lancer dans un projet de captation de concerts ?
Les Concerts à emporter (CAE) ne sont pas une simple captation de concert mais une nouvelle proposition pour "saisir la musique". Ils sont une tentative de réponse face aux formats désormais trop classiques de productions de clips et de lives. Les CAE ont pu voir le jour grâce au développement de nouveaux outils internet et à la liberté de diffusion qu’ils proposaient.
Quelles sont les difficultés et les écueils ?
La difficulté principale est de trouver un modèle économique viable pour tous les acteurs du projet : les producteurs, artistes interprètes, et diffuseurs Web. Cette difficulté est accentuée par le manque de réceptivité et de souplesse des partenaires institutionnels, et par une certaine frilosité générale en France.
Selon vous, est-ce un marché d’avenir ?
Toutes les études et les indicateurs le montrent : une fois le secteur de la captation structuré, il est évident qu’il va fortement se développer. C’est pourquoi nous continuons à investir dans le développement de nouvelles formes pour ce marché, tant du côté de Kidam avec les City Series, que de la Blogothèque avec les nouveaux concepts des captations "Back on stages" et des "Piticlips" réalisés en stop-motion.