Technopol demande le remix de la circulaire sur les manifestations rave et techno de 1998

Voici ci-dessous l’intégralité du communiqué de presse

daté du Jeudi 7 juin 2001, et émanant de Technopol (Association pour la défense et la reconnaissance des acteurs de la scène électronique)

Technopol demande le remix de la circulaire sur les manifestations rave et techno de 1998 Mercredi 6 juin, des membres de l’association Technopol et des représentants de la scène free ont été reçus à l’Assemblée Nationale, à l’invitation du Président du Groupe socialiste Jean Marc Ayrault et du Rapporteur du projet de loi « sécurité » Bruno Leroux afin de se rencontrer (enfin), de s’expliquer (très pédagogiquement) mais surtout de réfléchir aux propositions envisageables pour remplacer l’amendement répressif du député Mariani. Depuis 1997, Technopol travaille à l’ouverture d’un véritable dialogue avec les pouvoirs publics. Ce travail a donné lieu en 1998 à l’abandon de la circulaire répressive de 1995. Aujourd’hui de nouvelles dispositions sont nécessaires et doivent être discutées afin que tous les publics et tous les types de fêtes subsistent, et ne subissent plus ni amalgame, ni diabolisation, ni répression. Technopol a donc renouvelé son refus de tout nouveau dispositif législatif à l’encontre des free parties et des manifestations techno. L’association a rappelé que, tant en Grande Bretagne qu’en France, de telles mesures s’étaient révélées inefficaces et avaient poussé la scène techno à la marginalisation, la clandestinité voire à sa disparition. Face à un tel danger, Technopol propose à toutes les parties concernées de participer à l’amélioration des conditions d’organisation des fêtes techno, sous toutes leurs formes. Au nom de ses adhérents, Technopol réfléchit à des propositions concrètes et demande : - Le retrait de tout amendement sécuritaire venant s’ajouter au dispositif réglementaire existant. - L’arrêt de la répression envers les frees, et l’ensemble de la scène électronique, l’arrêt des refus d’autorisation, des interdictions et des fermetures administratives abusives d’événements et d’établissements (bars et clubs) diffusant la musique électronique. - La reprise immédiate des discussions pour l’amélioration de la circulaire de 1998 afin d’intégrer des dispositions adaptées aux nouvelles formes de fêtes. - La désignation immédiate d’un correspondant qualifié auprès des préfets, en particulier dans les départements les plus sensibles, ouvert au dialogue et à la concertation. - Une période d’expérimentation pendant l’été 2001 pour rétablir la confiance et aboutir à la définition des conditions minimales pour la bonne tenue des fêtes électroniques, quelles qu’elles soient. Technopol lance une invitation à rejoindre le sit-in proposé par les différents collectifs et associations techno le 16 juin à Paris et en régions. Musiciens, danseurs, performers, clubbers, teufeurs, anciens ravers, fêtards de tous les âges, venez joyeux et nombreux pour défendre ensemble, pacifiquement et spontanément le droit d’expression et le droit à la fête ! Rejoignez nous le 16 juin avec vos postes de radio, branchez vous sur les ondes et montons ensemble le volume de nos revendications festives ! Soyez curieux, soyez spontanés : les informations pratiques, et infolines seront mises à dispositions par les sound systèmes. Le Conseil d’Administration de Technopol

Rappel de la mission et des principales actions de Technopol

Technopol, association pour la défense et la reconnaissance des acteurs de la scène électronique a été créée suite à l’annulation de la soirée Polaris en février 1996 à Lyon. Composée d’organisateurs d ?événements, de labels, de médias et d’artistes de la scène électronique, elle a mis en place un système de conseil et d’aide juridique à l’organisation de soirées et est intervenue à plusieurs reprises dans les cas d’abus. Technopol a ainsi remporté sa première victoire juridique en janvier 1997. Le Tribunal Administratif de Marseille a en effet jugé illégale l’interdiction des manifestations musicales « raves-parties » suite à l’arrêté pris par la Mairie d’Avignon le 13 mai 1996. Elle a travaillé activement en 1997 et 1998 sur la suppression de la circulaire de 1995 « les raves parties une situation à hauts risques » et dont l’objet était l’interdiction de tous rassemblements diffusant de la musique électronique. Ses actions médiatiques comme la création de la Techno Parade et des Rendez-vous Electroniques en septembre 1998 accompagnant ses travaux avec les institutions ont permis l’élaboration de l’actuelle circulaire sur « les manifestations rave et techno » du 24 décembre 1998. Ses membres ont eux-mêmes été longuement victimes de la diabolisation de la techno (annulations intempestives de soirées, abus de pouvoir divers, interpellations musclées etc.). Ils ne veulent pas voir l’histoire bégayer et demandent que les textes applicables en matière de sécurité et d’organisation d’évènements soient réformés pour tenir compte des nouvelles attentes du public.