TPLM : l’État lâche les conservatoires départementaux et régionaux

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Publié le mercredi 24 décembre 2014

Enseignement

Dans un communiqué, Tous pour la musique, qui regroupe les organisations professionnelles du secteur musical, réagit à la suppression annoncée pour 2015 des crédits de l’État aux conservatoires départementaux et régionaux de musique, sans transfert vers les collectivités. Pour l’association, il s’agit d’un "choix politique inquiétant".

Communiqué de presse


le 17 décembre 2014

En 2015, le ministère de la Culture et de la Communication [ou le gouvernement] a décidé de supprimer complètement ses crédits aux conservatoires départementaux et régionaux de musique, suite à une baisse de plus de 35 % en 2014 et après avoir mis fin à son aide aux écoles de musique associatives en 2010.

Il convient de rappeler que la loi de 2004 relative aux responsabilités locales prévoyait un transfert des crédits des enseignements spécialisés aux collectivités, ce qui n’avait jamais été mis en œuvre. La responsabilité incombe désormais aux collectivités qui se retrouvent seules et sans le moindre transfert pour porter le réseau national d’enseignement spécialisé.

Il est peu compréhensible que l’intervention de l’État disparaisse dans de telles conditions, même si elle ne représentait qu’une très petite partie d’un financement porté essentiellement par les collectivités territoriales.

Il faut sans doute rapprocher cette décision de la critique portée par de nombreuses collectivités, toutes tendances politiques confondues, à l’égard de cet enseignement jugé trop « élitiste » comparé à l’éducation artistique et culturelle prévue dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires qui se limite à une rencontre fugitive avec la musique, contrairement à la durée inscrite dans l’enseignement spécialisé.

Alors que les conservatoires sont des passages importants pour une part des futurs professionnels, ils sont aussi, aux côtés des écoles de musiques associatives, le creuset des pratiques amateurs, essentielles pour un très grand nombre de pratiquants d’origine sociales très diverses.

De plus, la portée symbolique de ce geste a son importance. Dans un moment de crise des financements, chacun prenant modèle sur l’autre, il est à craindre que cet exemple soit suivi par les collectivités territoriales et les autres soutiens.

Enfin si cette décision s’applique aussi aux CRR auxquels sont adossés les pôles d’enseignement supérieur cela risque de fragiliser ces derniers encore plus qu’ils ne le sont déjà.

Alors que la Suisse a inscrit la formation musicale dans la Constitution, que les pays asiatiques à commencer par la Chine inscrivent leurs enfants dès le plus jeune âge à des cours de pratique musicale car il est prouvé que cela leur donne plus de chances dans la vie, qu’en Amérique latine, près d’un million d’enfants participent à des programmes d’inclusion sociale fondés sur son apprentissage, nous ne comprenons pas au nom de quelle idéologie l’Etat français abandonne ses missions vis à vis d’établissements d’enseignement spécialisé dont l’une des fonctions est justement d’assurer sur tout le territoire l’équité d’accès à une formation musicale de qualité.

Ce choix politique inquiétant conduira au contraire à renforcer le prétendu élitisme d’une éducation musicale qui n’a pourtant cessé de se démocratiser.


Communiqué cosigné par : l’Adami, la CSDEM, la GAM, MMF, Prodiss, Profedim, la Sacem, la SCPP, le Snam, le Snep, l’Upfi et la SPPF.

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