TECHNOLOGIE MUSICALE : DE MOOG À CUBASE
Abbey Road à domicile

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Publié le mercredi 4 juillet 2012

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Révolution technologique ou multiples évolutions et métamorphoses ? Il est indéniable que l’avancée des techniques liées à l’électronique et à l’informatique a métamorphosé à jamais la façon de composer et de concevoir de la musique. Nous sommes désormais dans l’ère du home-studio pour tous. Si le marché du disque a subi une vaste dégringolade, grâce à la démocratisation des home studios, il n’y a jamais eu autant de projets musicaux… Pour fêter le quart de siècle du magazine Keyboards Recording, retour sur 25 ans de révolutions technologiques.

Dès la fin des années 1950, l’électrification des instruments de musique annonce un changement irréversible dans la façon de se produire sur scène, et partant, dans la manière d’enregistrer la musique. La décennie 1960 sera celle des années « studios », en termes d’expérimentations et d’ingéniosité. Symbole de cette époque, le travail de George Martin sur plusieurs albums mythiques des Beatles aux Studios Abbey Road. D’autres ingénieurs du son, notamment Phil Spector, apporteront leurs pierres à l’édifice dans la manière de malaxer le son et d’enregistrer ces instruments amplifiés. Les années 1970 doivent leur tonalité psychédélique et progressive à la suprématie des pianos électriques (Rhodes, Wurlitzer) et des synthétiseurs, souvent d’origines américaines avec des marques comme Moog, ARP, Sequential Circuits ou E-Mu.

Toutefois, le milieu des années 1980 confirme une métamorphose du genre musical et du son avec l’arrivée des synthétiseurs en provenance du Japon. La new wave s’implante, tout comme le hip hop, la house, le garage… En 1981, la sortie de l’E-mu Emulator marque le début de l’ère des échantillonneurs et annonce l’arrivée d’une vague de synthétiseurs numériques, remplaçant petit à petit les synthétiseurs analogiques.

C’est ainsi que le constructeur Roland produit de nouvelles machines remplaçant les musiciens, destinées, pour des raisons économiques, à accompagner en piano bar. Les célèbres boîtes à rythmes de la série TR, le synthé générateur de basses TB-303 et le synthé monophonique SH-101 seront revisitées quelques années plus tard, donnant naissance au mouvement house. La suprématie du système MIDI au milieu des années 1980 va également modifier la manière de concevoir la musique. Grâce à la réunion de divers constructeurs au sein d’associations de recherches et développement, il est désormais possible de faire dialoguer des instruments électroniques entre eux, même de marques différentes. Ordinateurs (avec le fameux Atari ST), synthés, boîtes à rythmes, échantillonneurs annoncent le home-studio et la possibilité pour tous de composer ses morceaux à la maison.

Les années 1990 vont ensuite, grâce au développement de la puissance des ordinateurs et de l’informatique en particulier, proposer aux musiciens des solutions d’enregistrement multipistes directement sur ordinateur. Le Mac et le PC sont alors le cœur du home-studio, et les développeurs de logiciel proposent de plus en plus d’applications spécifiques, banques de sons, synthés virtuels, traitements audio…

Aujourd’hui, ces diverses révolutions technologiques, dues à une multitude d’acteurs de l’industrie de la facture instrumentale, ont été digérées par les musiciens, producteurs, ingénieurs du son, DJ… Si certains ne jurent que par les périphériques analogiques à lampes censés restituer un son plus « chaud », d’autres ne voient que le tout virtuel sur informatique. Il n’y a pas eu une mais des révolutions technologiques au cours de ces 25 dernières années, qui ont influées sur les esthétiques musicales, les pratiques des artistes et des techniciens son. Pour retracer cette formidable aventure, KR Home Studio, dans son numéro spécial à paraître le 20 juillet, a décidé de raconter ces histoires, grandes et petites, en s’appuyant sur près de 80 témoignages d’acteurs majeurs qu’ils soient artistes, constructeurs, développeurs, ingénieurs du son… Qu’on se le dise, l’été sera technologique !


25 ans de matériels emblématiques, le choix de la rédaction de KR Home Studio


Roland D-50

1987 : le D-50 réinvente le synthé numérique. Après le DX7 de Yamaha, le D 50 renoue avec le principe du best-seller. Ses formes d’ondes samplées en 8 bits font rire aujourd’hui, mais une certaine magie se dégage de cette synthèse longtemps déclinée chez ce constructeur.


Akai MPC-60

La légende ! Signée par Roger Linn pour le compte d’Akai, cette BAR à base de sampling a étonné par ses capacités (les pads, le séquenceur, le groove). Souvent imitée, jamais égalée, la MPC-60 est encore très recherchée en occasion. Une référence incontournable !





Atari Mega ST

La grande révolution informatique est passée par l’Atari ! Sans lui, peut-être que tout cela ne serait pas arrivé… Premier ordinateur personnel équipé d’une prise MIDI (initialement dédiée aux jeux !), le Méga représente alors le haut de gamme de la marque.










C-Lab Notator

L’ancêtre de Logic et version évoluée du Creator, le Notator apporte l’éditeur de partition. Un des séquenceurs leader sur Atari a bien changé en 17 ans, mais garde un certain charme. Bien entendu inutile de chercher les pistes audio et encore moins les plug-ins, ici tout est MIDI et seulement MIDI !




E-MU III

Premier échantillonneur 16-bit de la marque américaine, l’EIII restera comme une référence incontournable dans le monde du sound design. Il n’est pas rare d’en croiser encore dans les studios malgré son grand âge. Détail étonnant, il y avait 16 convertisseurs DA pour 16 sorties séparées et monodiques (pas facile à gérer mais quel son !).



Akai S1000

Le S1000 devint un concurrent direct de l’E-III d’E-Mu System. Le S1000 reçut la préférence des ingénieurs du son qui le voyaient plus comme une boîte à sons que comme un instrument à part entière. Les musiciens professionnels lui préférèrent souvent les Emulator, pour leur convivialité et la qualité de leurs convertisseurs.



Korg M1

La toute première Workstation ! Le M1 a étonné tout le monde début 88 avec son séquenceur intégré, ses effets, son fameux mode combi qui permettait l’empilage de plusieurs programmes. Certes, les effets masquaient un peu la misère des formes d’onde de base, mais quel plaisir de posséder un M1 en 1988 !




Steinberg Cubase 2.0

Le standard ! PC et Mac confondus, Cubase reste certainement le logiciel le plus connu à ce jour. Son ancêtre, le Pro 24, a de quoi être fier ! N’oublions pas non plus que c’est Steinberg, qui, via Cubase, a lancé le standard de plug-in VST.






Dossier réalisé par Thierry Demougin et la rédaction de KR Home Studio