Synthèse : Le mécénat est-il une piste sérieuse de financement ?

Publié le vendredi 17 décembre 2004

La loi du 1er août 2003 a requalifié la réglementation sur le mécénat. Cette table ronde était l’occasion de faire le point sur son implication dans le domaine des musiques actuelles.

Avant la loi du 1er août, le mécène ou le sponsor pouvait réduire la dépense imposable de son entreprise. Aujourd’hui, cette nouvelle loi permet d’obtenir un crédit d’impôt, donc de réduire une fraction de ce que l’on paye, au maximum de 60% des sommes données au titre du mécénat.

Deux critères sont nécessaires pour être éligible :

- Les budgets doivent être à destination des organismes qui ont un caractère d’intérêt général, sans but lucratif (associations) et dont l’objet bénéficie au plus grand nombre (danse, musique, …).
- La contrepartie donnée par la structure culturelle à l’entreprise ne peut être supérieur à 25% du montant du don. Au delà , c’est du sponsoring et l’entreprise ne peut plus bénéficier du crédit d’impôt.

Dans le prolongement de cette loi, se créent, dans les régions, des cercles de responsables d’entreprises et de décideurs qui vont accompagner une structure culturelle sur du moyen terme. Le mécénat représente 200 millions € pour la culture dont le tiers pour la musique, soit environ 70 millions €.

Charles Robillard a précisé que la recherche de fonds privés est une action difficile et indispensable : cela apporte une communication que l’on ne peut obtenir autrement. Pour le Printemps de Bourges, qui n’investit pas de fonds dans la communication, le montant s’élève à environ 2 millions €. Cela permet aussi de s’inscrire dans le milieu économique. On sort alors de sa marginalité. On acquiert aussi un poids dans les relations locales. « Le mécénat est une piste sérieuse au financement mais de façon limitée », a-t-il indiqué, précisant qu’il devrait représenter entre 5 et 15 % du budget de l’activité culturelle.

Pour Arnaud Peyroles, une entreprise, par sa communication, vend une image. De cette façon, la musique actuelle offre un avantage certain : rajeunir une marque. Le rassemblement d’une population jeune, en fonction de l’événement, permet de toucher beaucoup de monde en peu de temps. En terme de communication les entreprises ont 3 objectifs : soit être connues, soit améliorer leur image, soit vendre leur produit. Une alternative possible pour l’entreprise : en ajustant son discours elle peut toucher les jeunes en travaillant la légitimité de la présence de la marque sur l’événement. Un travail important consiste donc à s’intégrer dans le « hors média », le public étant de moins en moins impacté par les campagnes de publicité classiques.

Emmanuelle Gorsse, de la Grande Halle de la Villette, indique qu’elle ne recherchera pas de mécènes car La Villette n’était pas éligible au principe, et ce n’était pas dans la stratégie de communication. Aujourd’hui, bien que la loi s’applique, La Villette ne va pas bouleverser la stratégie de communication de ce lieu. De ce fait, une partie de la programmation n’est pas assimilable au mécénat mais bien au partenariat avec des marques. En effet, il est difficile de collectionner des partenaires commerciaux (des marques) qui attendent une contre-partie , et de l’autre des mécènes, où les contreparties sont moindres. Les mécènes peuvent cependant être présents sur des événements moins importants et qui n’intéressent pas les marques, conclut-elle.


Pistes documentaires


Nous suivre /asso.irma /IrmACTU