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Accueil du site > Actualités > Actualités professionnelles > Streaming : d’une économie de la distribution vers une économie de la diffusion ?

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Publié le mercredi 23 avril 2014

 
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Musique enregistrée

Streaming : d’une économie de la distribution vers une économie de la diffusion ?

L’Observatoire de la musique publie un état des lieux de l’offre de musique numérique au second semestre 2013 qui confirme deux évolutions : un recul du téléchargement et un tassement du streaming payant. La synthèse de l’étude pointe ainsi "une spirale mortifère du gratuit" qui risque de faire glisser les sites de streaming d’une économie de la distribution à une économie de la diffusion.

SYNTHÈSE DE L’ÉTAT DES LIEUX
de l’offre de musique numérique au second semestre 2013

Un recul du téléchargement

La fermeture de ce type d’offre sur plusieurs services de musique en ligne, est confirmée par l’annonce récente de Deezer qui stoppe son service de téléchargement à la fin du mois. L’arrêt de ce type d’offre (qui n’est pas sans rappeler la décision de Spotify il y a un an de mettre fin à son offre en affiliation avec 7Digital) ne signe-t-il pas un complet virage de Deezer vers le streaming dans le dessein stratégique de s’implanter à l’international ? Ne laisse-t-il pas également augurer d’une évolution problématique du store d’Orange ?

Un tassement évident du streaming payant

Alors que les plateformes de streaming, pour se démarquer de la concurrence, multipliaient les initiatives en termes de création de contenus originaux - que le streaming par abonnement constituait une perspective sérieuse et la garantie d’une source importante de revenus (combinant l’accès payant jusqu’alors généralisé sur mobile, aux prévisions de croissance forte en équipements nomades) – la filière musicale, ou du moins les principaux producteurs, ont accepté, pour l’heure, l’établissement du streaming gratuit.

En cette fin d’année 2013, nous observons un changement de paradigme pour le moins radical (mais sera-t-il durable ?) de ce modèle économique, susceptible de bouleverser le rendement financier lié au streaming par abonnement, sur lequel la filière semblait fonder tous ses espoirs.
Ainsi, début décembre 2013, Spotify rebattait la donne du marché du streaming audio, proposant une offre gratuite financée par la publicité, certes limitée sur smartphones et tablettes à l’écoute de titres joués en aléatoire, sans recherche possible ni écoute instantanée de titres et/ou d’artistes. Un mois plus tard, juste avant le lancement de la plateforme Beats Music et alors que tous les signes annonçant une entrée en bourse imminente de Spotify semblent se multiplier, l’offre de Spotify se généralisait sur le web : levée de la limitation de 10 heures d’écoute par mois ; fin de la limitation du nombre d’écoutes d’un même titre (limité à 5 en mode gratuit).En réplique à ce changement stratégique survenu chez Spotify, dès le lendemain, Rdio proposait son catalogue totalement gratuit et sans restriction à ses utilisateurs PC résidant aux États-Unis.

Faute d’avoir su mettre en place très tôt une offre légale payante, riche et de qualité, le streaming par abonnement, qui ne génère, pour l’heure, que des revenus insuffisants pour les plateformes, au regard des investissements à réaliser pour la conquête des territoires, semble de moins en moins correspondre au positionnement des publics, éduqués à la gratuité.
S’agit-il :
- d’une réponse de Spotify au changement des usages et à l’explosion de l’écoute nomade, en mobilité, devant faire face au défi improbable d’une conversion massive d’utilisateurs gratuits en abonnés payants ?
- d’un glissement stratégique de Spotify par rapport à Deezer, contraint de faire évoluer son offre jusqu’alors payante sur mobile ?
- d’une réponse visant à contre-attaquer le lancement d’iTunes Radio et celui de Beats Music ?

Si cet élargissement récent du concept de gratuité est susceptible de présenter l’avantage de rendre plus aléatoire l’attrait du piratage, le streaming ainsi financé par les seuls revenus publicitaires (divisés par 10 en moyenne par rapport au mode de souscription traditionnel de 9,99€, déjà dénoncé comme un « crime économique ») ne manquera pas d’asseoir la puissance des multinationales, en favorisant la concentration de leurs revenus inhérente au poids important de l’écoute en streaming de leurs fonds de catalogues.
Outre que ce modèle du légal gratuit risque d’accentuer la paupérisation d’une large partie de la filière - des producteurs indépendants - aux artistes, il semble évident que sa généralisation coûtera cher aux plateformes.

Alors que les sites de streaming étaient dans une économie de la distribution, cette spirale mortifère du gratuit risque de les faire glisser vers une économie de la diffusion. Ce dernier modèle est celui que nous connaissons en France pour les médias, sauf à remarquer que ce modèle économique de la diffusion qui se finance sur les marchés publicitaires, ne trouve son point d’équilibre que grâce à l’accessibilité des droits mis en place par la loi de 1985 (gestion collective et apports financiers des droits, en contrepartie d’une redevance dont la grille tarifaire est abordable pour les médias).

Il n’est pas sûr que les producteurs en France soient enclins à abandonner leur droit d’autoriser d’autant plus que le management de la diffusion numérique de la musique est établi selon des critères de marché, à l’international.
Quoi qu’il en soit, ces nouveaux accords du secteur de la production, faisant suite aux accords conclus avec YouTube qui offre aux internautes une gratuité d’accès illimité aux contenus, rendent peu lisible toute stratégie commerciale. D’autant plus, au regard de la demande récurrente de ce même secteur de la production, en France, à l’endroit de la puissance publique, notamment en matière de nouvelles mesures de régulation de l’exposition de la musique dans les médias traditionnels que sont la radio et la télévision.

Face à ce bouleversement, que résultera-t-il des préconisations de la charte des 13 engagements issue de la mission Hoog, comme des objectifs affichés tant dans le rapport de la mission Lescure que dans celui de la mission Phéline quant au partage de la valeur ?
La réglementation du paysage audiovisuel analogique devra nécessairement s’harmoniser avec l’arrivée de l’IPTV, pour laquelle les éditeurs modifient progressivement leur offre (live session filmée chez Deezer et Spotify, radio vision et podcasts vidéos, etc.).
Certes, la musique demeure un produit d’appel qui offrira encore des ressources nouvelles : l’exemple de l’« Apple Carplay » le démontrera sûrement avec l’iPhone au cœur de la voiture connectée et son extension sur l’écran du tableau de bord pour téléphoner, consulter ses messages, écouter ses podcasts, lancer les applications tierces déjà partenaires que sont Spotify pour le streaming audio ou iHeartRadio.
De même, la connectivité de l’équipement Hi-Fi qui se généralise peut permettre d’augmenter le potentiel du secteur musical. Cependant, dans la recherche de nouveaux développements industriels pour les géants de l’informatique, la musique risque de s’avérer de moins en moins prégnante dans des univers du tout connecté aujourd’hui axés sur l’interaction du smartphone et de la voiture, du smartphone et des objets connectés, du smartphone et de la domotique, du smartphone et de l’intelligence artificielle ou du smartphone et des sciences du vivant, de la santé.

Assurément, l’adéquation entre un modèle économique viable pour la musique et l’évolution des usages reste en devenir, tout comme la recherche d’un modèle équilibré pour soutenir l’ensemble des acteurs de la filière musicale.

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LE CONTRAT D’ARTISTE EN QUESTION(S)

Le SFA fait son contrat - Révolution numérique, crise du disque, recherche de nouveaux débouchés, logiques de 360, l’économie de la musique enregistrée a profondément muté ces dernières années, entrainant une évolution des métiers et des usages. Qu’en est-il de la traduction de ces changements en termes contractuels ? Le SFA (Syndicat français des artistes) a décidé de se pencher sur la question, en proposant un nouveau modèle de contrat d’artiste. Les analyses et les réactions divergent.

Avec des interviews de Jean-François Dutertre (musicien et auteur du contrat SFA), Jean-Marie Guilloux (avocat au barreau de Paris), Rodolphe Dardalhon (fondateur de Roy Music), Kent (chanteur, fondateur et trésorier de la Gam) et Philippe Couderc (président de la Felin).

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