Snep/Adami/Sacem : les propositions du CSA sur la musique à la radio "ratent leur cible"

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Publié le mercredi 8 janvier 2014

Musique enregistrée

Dans un communiqué commun, le Snep, l’Adami et la Sacem réagissent au rapport rendu public aujourd’hui par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) sur l’exposition des musiques actuelles par les radios privées. S’ils s’accordent sur le constat, les préconisations "éludent les obstacles majeurs auxquels est confrontée la filière musicale".

Communiqué


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Les propositions du CSA pour améliorer l’exposition de la musique à la radio ratent leur cible

L’ADAMI, la SACEM et le SNEP ont pris connaissance avec intérêt du rapport rendu public aujourd’hui par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) sur « l’exposition des musiques actuelles par les radios privées ».

Les artistes interprètes, les auteurs, compositeurs, éditeurs et producteurs de musique, saluent l’état des lieux dressé par le Conseil qui reconnait le déficit d’exposition de la production francophone à la radio, la concentration et l’absence de diversité des play-lists. Ce constat confirme clairement les dérives dénoncées depuis des années par les professionnels de la musique.

En revanche ils sont profondément déçus par les solutions préconisées, qui éludent les trois obstacles majeurs auxquels est confrontée la filière musicale : la surexposition extrême de certains titres, l’uniformisation des programmations et l’absence de diversité musicale au sein des radios jeunes.

Le rapport du CSA n’apporte pas de réponse aux effets pervers des très fortes rotations sur les nouvelles productions francophones. A titre d’illustration, les réseaux jeunes concentrent les deux tiers de leur diffusion de nouveautés sur 10 titres et une radio musicale peut aujourd’hui réaliser un tiers de ses obligations de quotas de chanson française avec seulement la diffusion de 3 titres !

Introduire de manière facultative dans les conventions des radios, des critères généraux concernant la variété des interprètes ou des œuvres ne résoudra certainement pas la problématique de diversité sur les ondes qui met chaque année davantage en difficulté la production de chanson francophone. Celle-ci demeure, contrairement aux idées reçues, riche, diversifiée et très largement majoritaire au sein de la production française, les titres d’artistes francophones ne chantant pas en français représentant une infime part de la production locale.

Par ailleurs, la proposition principale du rapport du CSA, qui consiste à prévoir des mesures alternatives aux quotas, constitue un véritable dévoiement la loi de 1986 qui imposait des mesures de diversité aux radios musicales. Ces mesures ne sauraient être une alternative au cadre juridique actuel.

L’ADAMI, le SNEP et la SACEM expriment donc leur plus vive inquiétude à la lecture de ces préconisations inappropriées et demeurent convaincus de la nécessité d’établir un plafonnement de diffusions d’un titre pour sa prise en compte dans le périmètre des quotas, proposition simple et directement efficace pour résoudre la problématique de la surexposition des titres.

Gageons que la mission Bordes saura proposer des solutions courageuses et innovantes afin d’assurer une réelle amélioration de l’exposition des chansons d’expression francophone à la radio, qui reste pour les Français le principal média de découverte de la musique