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Publié le jeudi 25 février 2016

 
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Starting Blocks

Simbals, l’intelligence des données au service de la musique

#identification #recommandation #smartdata #metrics

De son alliance technologique avec Yacast à ses autres perspectives dans l’identification et la recommandation musicale, Simbals développe des solutions logicielles et algorithmiques pour la musique numérique et les médias connectés. Il était temps de rencontrer Matthias Robine pour en savoir plus.

À mi-mois, on lève la tête du guidon et on s’intéresse à l’innovation. Starting Blocks c’est des entreprises, des activités innovantes, et celles et ceux qui les font ! Et tout ça, dans la musique !




L’histoire pas si banale de Simbals commence en 2004 par la rencontre de deux chercheurs du LaBRI (Laboratoire Bordelais de Recherche en Informatique) de l’Université de Bordeaux, Pierre Hanna, spécialiste du traitement du signal sonore et musical (rythme, harmonie, timbre, etc.) de l’équipe « Image et Son » et Pascal Ferraro, spécialiste de l’algorithmique des structures de données arborescentes de l’équipe « Bioinformatique - alignement de séquences et de textes », partagent le même bureau. Une association de compétences différentes qui s’avèreront très vite complémentaires. Julien Allali et Matthias Robine, chercheurs également, les rejoignent dans l’aventure. « Dans la recherche, ça se passe souvent comme ça, à partir de discussions informelles entre chercheurs », confie Matthias. Jusqu’à la création de la startup en 2012.


La bioinformatique appliquée à la recherche musicale


Le pari des 4 chercheurs : appliquer des techniques développées pour la bioinformatique et la comparaison de génomes humains à des problématiques de recherche musicale. A la suite de résultats prometteurs, notamment pour la recherche par similarité, le projet sera soutenu et financé pendant 3 ans par l’ANR (Agence nationale de la recherche) permettant de fédérer tous les outils existants entre les deux domaines. Les chercheurs s’entourent de doctorants et de chercheurs. Le projet universitaire transversal est lancé. Nom de code : Simbals, pour SIMilarity Between Audio signaLS.

Au cours des années 2000, le groupe de recherche publiera des dizaines d’articles dans des revues scientifiques internationales, participera à des conférences, des concours d’algorithmie et contribuera aussi au MIREX (Music Information Retrieval Evaluation eXchange), projet international porté par l’Université de l’Illinois. « Ces publications et ces travaux ont fourni la matière pour les premiers produits de l’entreprise et ont nourri les suivants. On exploite 10 à 15 ans de technologies, d’essais et de publication scientifiques », résume ainsi Matthias.

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Matthias Robine

D’autant qu’au cours de leurs recherches, le groupe effectue des sondages auprès des acteurs du marché, et reçoit des demandes diverses : un projet sur la recherche automatique d’espèces d’oiseaux dans des grandes bases, un autre sur la recherche par similarité et la recommandation pour une société spécialisée dans le mobile. Cet intérêt croissant décide les chercheurs à déposer un brevet pour valoriser leurs travaux et ainsi s’engager dans la voie de l’entrepreneuriat. « Il y avait un grand décalage entre les techniques qu’on observait entre les chercheurs qui progressaient et les expériences pauvres dans l’industrie. On était très motivés pour développer pour le grand public ce que l’on avait initié en recherche ».


De la recherche au développement d’un projet commercial


Pour développer l’entreprise, Simbals intègre l’Incubateur Régional d’Aquitaine (IRA), adossé au laboratoire. Pendant un an, Matthias Robine construit avec ses associés le projet applicatif et commercial, suit des formations sur l’entreprise, la gestion, les business plan, en plus de la consultation d’un cabinet-conseil. « L’IRA nous a aidé à décoller, y compris dans les négociations de conventions de partenariats et de transferts technologiques avec l’Université ». Car ce passage n’est pas si évident. Simbals a du faire face à des problématiques de brevetabilité et de licences, expériences que la startup partage depuis avec d’autres chercheurs.

En reconnaissance de ce travail de transition, Simbals devient lauréat du Concours national de la création d’entreprises innovantes du ministère de la Recherche en 2011 (Emergence) et 2012 (Création et développement). « On a aussi été financé pour une étude de marché qui a montré l’intérêt potentiel de plusieurs acteurs de la musique pour des moteurs de recommandation ». Depuis, la startup fonctionne sur fonds propres, a fait le choix de l’entrée en marché, de la vente de ses produits et de son expertise des données musicales. Si les chercheurs-entrepreneurs sont peu familiers de l’industrie musicale, ils s’appuient alors sur leur rencontre avec Tony Chapelle, consultant et spécialiste de l’industrie musicale qui opère sur le territoire bordelais. « Tony a accompagné le projet pendant ses 2 premières années pour initier les relations B2B », confie Mathias.


L’intelligence des données musicales


« On présente Simbals par l’intelligence des données musicales, parce qu’à partir de la nébuleuse de données à notre disposition on doit répondre simplement aux questions complexes de nos clients. On peut récoller l’utilisation d’une musique dans une pub, dans un bar, l’année de sortie à la radio, l’écoute d’un titre sur une plateforme de streaming à un moment donné, son évolution, sa diffusion sur telle radio et finalement, prédire si elle va devenir un hit. Avec du machine learning, ou des méthodes de filtrage collaboratif par exemple, on arrive à fournir des solutions pertinentes à différentes parties de l’industrie ». La startup a tout misé sur sa base de données et ses algorithmes de traitement, développés avec des catalogues libres. « Au début c’était un problème. Pendant presque un an, on a travaillé sur la technologie sans bases de données conséquentes. Les acteurs de l’industrie en avaient peu à offrir, il fallait interagir techniquement avec les prestataires des grands groupes ou mettre en place des systèmes complexes ». Grâce à des partenariats issus des premiers projets commerciaux, ils accèdent finalement aux bases de données musicales mondiales. « Aujourd’hui, nous disposons d’une base de données d’empreintes audio concernant plus de 7 millions de titres uniques, après un dédoublonnage de plus de 40 millions de titres disponibles. On élimine les répétitions d’un titre dans les compilations, les différentes versions par analyse fingerprint ».

Avec ces empreintes, ils peuvent identifier n’importe quel contenu joué en discothèque, dans un magasin, un café, ou à la radio. Ensuite, une couche de descripteurs sémantiques ajoutée automatiquement qualifie les titres selon de nombreux paramètres musicaux. Les métadonnées producteurs, en particulier les précieux ISRC, permettent de gérer collectivement les droits sur les œuvres. Et depuis plus d’un an, des données comportementales renseignent aussi sur les usages des titres sur les plateformes de streaming. « On observe l’addiction créée par les titres de façon dynamique, ou la viralité et l’audience notamment ». Enfin, une couche solidarise l’ensemble des données : « des métadonnées reliées à un même identifiant et assurées par des technologies d’ACR – Audio Content Recognition - qui valident l’unicité de la source », d’après Matthias.

Le premier produit était un outil de résumé automatique d’album développé en 2012 pour Universal Music et notamment utilisé par le label Def Jam. Mais avec le traitement de la donnée musicale dont les deux principales déclinaisons sont l’identification et la recommandation, Simbals est en mesure de développer de nombreuses autres solutions.


L’identification et la recommandation musicale pour le streaming et les médias


Sur le volet de l’identification, Simbals a formé une « alliance technologique » en 2014 avec le spécialiste de la pige Yacast pour l’analyse des diffusions en discothèques, radio, TV (lancement annoncé dans la Lettre de la Radio) et la gestion collective des droits. « Et on continue d’être challengés sur des améliorations, par exemple l’identification d’extraits de violon très courts à la TV, parfois même recouverts par des voix ».

La startup a aussi développé des solutions pour le second screen auprès de productions TV, permettant de proposer du contenu additionnel. C’est le cas de cette saison de L’Œil de Lynx sur Canal + ou de l’émission 360@ sur France 5. Une expérience internationale sur des documentaires animaliers est également en cours avec la BBC.

En employant ses descripteurs sémantiques, Simbals peut créer des flux radios par similarité et corriger des playlists. Sur le marché très couru de la recommandation musicale, Simbals joue la carte de la transversalité, y compris dans les plateformes puisque sa compétence sur la donnée intéresse de nombreux services (régie pub, expérience utilisateurs, développement de nouveaux features, édition de playlists, etc.).

En analysant les données disponibles sur un titre, sa vie vis-à-vis des autres titres, tout en tenant compte des comportements des utilisateurs des services de streaming, Simbals s’est ouvert de nouveaux horizons. « On analyse des comportements très différents à propos d’un titre dans le temps ». Simbals relève de nombreuses occurrences à creuser sur la vie d’un titre et de ses auditeurs (l’écoute intégrale ou l’écoute « skippée », l’écoute répétée d’un titre, l’heure ou le moment de l’écoute, etc.). « Nous n’avons pas fait le choix de la recommandation uniquement basée sur les descripteurs musicaux, mais de mixer l’approche basée sur ces contenus avec des approches collaboratives et des approches de filtrages par métadonnées. C’est cette combinaison complexe qui permet une recommandation équilibrée ». Matthias pense que l’analyse fine des comportements utilisateurs intéresse fortement les plateformes de streaming et leur régie publicitaire pour l’acquisition et la fidélisation des utilisateurs et des annonceurs.

Lors de 2 salons professionnels dédiés à la radio (Les Rencontres de la Radio 2.0 et le Salon de la Radio), Simbals a présenté un nouvel outil pour les programmateurs de playlists. « Suivre la vie d’un titre en radio, en streaming avec l’addiction et la viralité nous a amené à produire un outil pour établir la qualité d’une playlist en proposant des titres alternatifs, plus addictifs ou plus intéressants pour une cible donnée d’utilisateurs ». L’outil en question, qui porte toujours son nom de prototype, intéresserait les grands groupes radio.

L’avenir de la startup et de ses 5 salariés annonce donc plein de promesses. Les projets construits autour de l’ACR sont en cours de dissémination à l’international et mobilisent des opérateurs en gestion de droits d’auteurs et de télévision. Simbals attend les résultats de ses échanges avec les services de streaming et Matthias s’enthousiasme pour leur activité radio qui démarre fort. La startup travaille sur fonds propres mais n’exclut pas une levée pour accélérer un déploiement à l’international, dès que les projets en cours seront validés.


Fabrice Jallet

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