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Accueil du site > Documentation > Focus > SALON LE RADIO : REFLEXIONS, DEBATS ET PERSPECTIVES AUTOUR DE LA RADIO A quoi ressemblera la radio musicale de demain ?

Article mis à jour le mercredi 8 février 2012
Article créé le mercredi 8 février 2012

 
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SALON LE RADIO : REFLEXIONS, DEBATS ET PERSPECTIVES AUTOUR DE LA RADIO
A quoi ressemblera la radio musicale de demain ?

En 2009, la journaliste de Télérama Véronique Brocard suscitait nombre de réactions, en se demandant si les radios musicales avaient encore un avenir. "Supplantées par Internet, confrontées au vieillissement de leurs auditeurs et à la baisse de leur audience", leur déclin semble inéluctable, affirmait-elle. Média de prescription et de découverte musicale historique, le passage à l’an 2000 a réinterrogé le rôle central de la radio. Depuis 20 ans, alors que tous les médias traditionnels ont connu des mutations profondes, la radio semble ne pas avoir évolué aussi vite, et être encore à la traîne de la révolution numérique.

Le salon Le Radio, qui s’est déroulé à Paris du 5 au 7 février 2012, a fourni son lot de débats et d’échanges sur l’avenir de la radio musicale, et de la radio en général. Les réflexions et initiatives autour de ce média sont nombreuses et riches. Entre innovations technologiques, injonction à intégrer toujours plus d’interactivité, adaptation des méthodes traditionnelles de programmation musicale… à quoi ressemblerait la radio musicale de demain ?

La radio et la musique, un couple lié depuis quasiment un siècle. La radio est en effet un vecteur historique de diffusion musicale. Elle est aussi indissociable du disque. Un exemple ? Le 45 tours. A l’origine, cette innovation n’était pas forcément prévue pour constituer un marché grand public, mais pour alimenter les radios en hits. En France, le marché de la FM commerciale s’est consolidé à la fin des années 1980 autour de réseaux musicaux nationaux, puissants supports de prescription. Mais la radio a peu à peu perdu ce statut, grignoté d’abord par la télévision et les vidéoclips, puis, et surtout, par Internet et ses formes de recommandation.

Si dans les années 1980, la révolution de l’ouverture des ondes a vu l’arrivée de nouveaux entrants imposant de nouveaux fonctionnements, la FM apparaît aujourd’hui vieillissante. Elle doit se réinventer, trouver de nouveaux formats,… voire même remettre en cause cette notion pourtant si liée à son histoire.

La radio est toujours le média de prescription musicale n°1

Pourtant, la radio garde une côte de popularité et une place de choix. Elle est, selon les résultats de l’étude Les Français et la musique [1] réalisée en 2011 par la Sacem, le moyen le plus apprécié pour écouter de la musique (36% des sondés) et le support privilégié de découverte de nouveaux artistes et morceaux (70% des sondés).

Ces chiffres s’expliquent par la structure même de la population française. En effet, les plus de 50 ans représentent 45% du total. Si l’on compare ces résultats en isolant la tranche des 15-24 ans, on remarque que d’importants changements sont en cours. Comme le rappelle Claire Giraudin, "les habitudes de consommation évoluent doucement, ce qui est normal étant donnée la structure d’âge de la population française". Pour les 15-24 ans, le support préféré d’écoute de musique est le baladeur (27%), devant la radio (20%) et le téléphone portable (13%). Pour la recommandation, les médias traditionnels (radio, télévision) restent en tête, mais sont concurrencés fortement par Internet et notamment les sites vidéos, les sites communautaires et les radios en ligne. 76% des 15-24 ans affirment utiliser Internet pour écouter de la musique, (35% de plus que l’échantillon global).

L’arrivée des nouvelles technologies et le bouleversement des habitudes d’écoute qui en résulte apparaissent nettement dans les résultats de l’enquête. Pour les découvertes musicales, les sites de vidéos 2.0 (YouTube, DailyMotion…) arrivent en 4e position, avec 14% des réponses. "C’est une percée remarquable pour des prescripteurs qui n’existaient pas il y a quelques années !", souligne Claire Giraudin.

Pour l’Adisq, citant plusieurs études, le constat est le même : la radio traditionnelle est toujours la source la plus populaire de découverte musicale, mais son statut est contesté. Ainsi "la radio traditionnelle et le bouche-à-oreille dominent toujours comme source de découverte musicale, mais la télévision, les réseaux sociaux et les autres formes d’écoute de musique sur Internet progressent rapidement" [2]. Pour les jeunes générations, la radio est en perte de vitesse, concurrencée de toute part. La musique s’écoute et se regarde sur mobile. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les premiers ipods, symbole d’un changement d’habitudes lié à un changement technologique, n’intégraient pas de récepteur radio.

Mais avant de balayer les pistes évoquées, dans les allées et les conférences du salon, pour tenter de réinventer la radio musicale, il est utile de rappeler la façon dont se font les programmations.

Music in the air…play

"On ne fait pas la radio qu’on aime. Programmer c’est faire des compromis ".
Jérôme Burnichon, Hitwest

Comment se fait la programmation musicale d’une radio ? Qui choisit, et selon quels critères ? Évidemment, il n’y a pas de réponse unique. Cela dépend du positionnement de la radio, de son audience, de son ou ses modes de diffusion. Des constantes sont tout de même identifiables. Tout d’abord, comme le précise Julien Guicherd, programmateur musical de Direct star, "programmer, c’est faire des choix, en fonction d’un public cible". Pour ceux qui s’imagineraient encore l’animateur arrivant dans le studio avec sous le bras des disques, ou agitant comme un trésor un lecteur mp3 rempli des nouveautés qu’il a dénichées, la chute risque d’être douloureuse… Et puis, excepté dans quelques radios associatives, qui font de la résistance, le support CD a disparu, la musique est entièrement dématérialisée. De même pour la programmation.

Depuis le début des années 1990 et l’arrivée en France des logiciels de radio-automation, elle est entièrement automatisée. Initialement assignés à la programmation en avance des playlists de nuit, leur utilisation s’est vite généralisée. Selector, le premier historiquement et le plus connu serait, selon son éditeur RCS, utilisé par près de 8.000 stations dans le monde. Et par "l’essentiel des grosses radios françaises ", selon Bruno Witek, (ex-animateur et ex-directeur d’antenne de plusieurs stations musicales, aujourd’hui expert-conseil en programmation) [3].

Top/récurrent/nouveautés/gold… ?

Les programmateurs commencent donc par élaborer des playlists, selon des critères variant d’une station à une autre. Celles-ci sont créées sur les logiciels de radio-automation, comme Selector ou encore Winradio. Les titres sont classés par catégories (là encore rien n’est gravé dans le marbre). Les "Hit radios" ou radio ne programmant que des tubes, fonctionnent généralement avec un Top 40 : 40 tubes, qui tournent en boucle. D’où cette impression d’entendre toujours la même chose. Les catégories les plus communément utilisées sont :

- les « tops » (ou leur variante « supertops ») : les tubes incontournables du moment
- les « nouveautés » : comme leur nom l’indique…
- les « récurrents » : des artistes identifiés
- les « golds » : les valeurs sûres, anciens tops ou tubes plus anciens encore (années 1980 ou 1990)

Ces logiciels sont comme des « super jukeboxs ». On y paramètre ainsi les critères de rotation, et ce que l’on appelle les horloges. Les rotations les plus fortes sont généralement espacées d’1h30 (durée qui correspond à peu près à la durée d’un top 40). Ce qui veut dire qu’un même titre est joué toute les 1h30. Les horloges correspondent à chaque heure de la journée et sont composées de tous les éléments diffusés. On indique ainsi au logiciel la composition de la tranche : un supertop / un récurrent / une nouveauté / un top /un top / un gold/ un supertop…. On peut aisément repérer des règles en écoutant attentivement les choix de programmation. En début de tranche horaire, ou lors d’une reprise après une pub ou un journal, il est rare d’entendre une nouveauté. Un top, un gold ou un récurrent ont un impact plus positif et évitent le zapping.

Bruno Witek précise : "On peut tout faire avec ces logiciels : mettre en place la playlist, définir les rotations…On peut même coder les morceaux en fonction de l’intensité musicale : on dit au logiciel que si la fin d’un morceau est lente, alors il faut que le début du suivant soit rapide. On donne des priorités, des stratégies, des impératifs de quotas, et le logiciel les applique. On peut entrer près de quarante règles !" [4]. Ces playlists doivent également respecter un certain nombre de contraintes : la durée des titres, très formatée (d’où l’existence des versions radio edit d’un titre), les emplacements des écrans pub ou encore les quotas de chansons francophones. Ainsi, les programmateurs musicaux doivent vérifier toutes les playlists et opérer des modifications manuellement si besoin.

Il va sans dire que les programmateurs des radios sont « choyés » par les maisons de disques, qui leur communiquent régulièrement leurs nouveautés. Se sont même développés ces dernières années des services de « coursier numérique », comme par exemple Bya, qui livre directement les nouveautés dans les boîtes mail des radios. Des artistes font aussi eux-mêmes des envois aux radios dans l’espoir d’entrer dans leur programmation, mais c’est souvent peine perdue… Un artiste non signé n’a quasiment aucune chance d’obtenir des passages sur ce type de radio. De plus, les rotations étant composées d’un nombre restreint de titres, autant dire qu’y entrer n’est pas aisé.

Une situation qui tend les relations entre maisons de disques et radios, les premières ne se montrant pas toujours satisfaites des choix éditoriaux des secondes, ces dernières reprochant aux premières de ne pas sortir assez de nouveautés… Comme le résume Julien Guicherd, "maisons de disques et radios sont comme chiens et chats".

Quelles perspectives pour la radio de demain ?

Si le modèle décrit précédemment n’est évidemment pas figé et a connu des évolutions, la radio reste encore largement basée sur ce fonctionnement linéaire : le programmateur programme, l’auditeur écoute ce que le programmateur a choisi. La radio tient évidemment compte des « voix de retour » depuis longtemps. On pense au binôme radio/téléphone, grâce auquel les auditeurs peuvent choisir et/ou dédicacer un titre, mais aussi aux grandes heures de la libre antenne. Constat symbolique et paradoxal, les radios ont également largement investi les réseaux sociaux, pour communiquer avec leurs communautés d’auditeurs.

Comme le rappelle Rémi Bouton, journaliste et pionnier des radios libres en France, "la radio au XXe siècle a été le média le plus souple, le moins cher, le plus instantané, le plus social". Mais avec Internet et la prépondérance du support mp3, offrant des possibilités simples de stockage et d’échange de musique, redoublée par le web 2.0 et l’émergence des réseaux sociaux online, ce statut est remis en cause. Les technologies ont évolué, et les habitudes d’écoute ont changé.

Grille de programme versus « musique à la demande »

Et la radio doit donc changer, évoluer, car elle apparaît un peu comme à la traîne de la révolution numérique. Comment concurrencer le « tout à la demande », et sa déclinaison en plateformes de « musique à la demande » ? On peut effectivement envisager la radio comme un simple flux audio, mais cela serait très réducteur. Et pour évoluer, il est difficile de séparer contenus et interfaces. La radio n’est pas non plus restée figée : les podcasts se généralisent, mais restent encore minoritaires comme mode de consommation. Quelles sont alors les pistes de renouvellement, pour inventer la radio de demain ? Doit-elle nécessairement intégrer du texte, de l’image, au risque de se dénaturer ? Alors que la radio est par essence le média qui ne sollicite qu’un seul sens, l’ouïe (sans compter l’imaginaire qu’elle suscite !), peut-elle concurrencer un véritable média d’avenir que l’on envisagerait plutôt comme synesthésique ?

Des évolutions technologiques

Une des pistes possibles passe par la technologie. Par exemple, ce que l’on pourrait appeler la « radio en 3D ». Il existe actuellement plusieurs projets de spatialisation du son. Il s’agit d’augmenter l’expérience du son, en utilisant la diffusion 5 .1, en la poussant encore plus loin. C’est un peu comme l’image 3D pour la télévision. Le potentiel technique a une marge de progression importante pour explorer cette voie.

Le développement des métadonnées ou données associées à un fichier son vont aussi probablement permettre d’offrir plus que simplement un titre de musique : les informations de base (nom de l’artiste, du titre, de l’album, du label…) mais aussi un accès à des contenus exclusifs (vidéos, interviews…) ou à l’actualité de l’artiste.

Pour les programmateurs professionnels, mais aussi pour les programmateurs en herbe, les possibilités d’agrégation de flux audio permettent de se composer sa propre radio à partir de différents flux : playlists personnelles, ou échangées, podcasts… L’auditeur décide du programme. Des plateformes d’agrégation proposent déjà du placement de contenu. Les radios en ligne piochent et composent à la carte. Les projets de ce type se sont d’abord développés pour proposer des placements de pub, mais se positionnent de plus en plus sur du contenu, en s’adressant directement à l’auditeur.

Les interfaces interactives

Un autre axe potentiel d’évolution s’appuie sur la réflexion autour des interfaces. Pour rester fidèle au média radio, celles-ci doivent intégrer la dimension sonore. La radio devra sans doute s’appuyer sur ce trait d’ADN qui est le sien : elle est par excellence le média que l’on écoute en faisant autre chose. Comme le rappelle Olivier Riou, ancien directeur des programmes d’Europe 2 et fondateur de Hot Mix radio, "la radio, c’est ce que l’on est capable d’assimiler en faisant autre chose. Et même en associant des images, des informations, si l’on écoute la radio en cuisinant, l’on est d’abord occupé à cuisiner". Dans cette perspective, l’avenir de la radio ne doit pas nécessairement passer par l’image, par l’écran. On s’y intéresse plus aux interfaces à commande vocale, pour partager playlists et podcasts.

Les formats de ces derniers, encore très longs pour la radio, peuvent aussi évoluer. Ils sont moins pratiques d’usage, encore peu adaptés à l’esprit de zapping, à l’exigence d’instantanéité de plus en plus affirmée. La commande vocale peut être une piste intéressante à explorer (transposer techniquement le contrôle+F du texte à l’écran pourrait permettre d’aller directement à la musique souhaitée…).

De même que le recours à des contenus pour pallier le déclin du simple flux musical, le développement des directs peut conforter la dimension linéarisée de la programmation musicale. Ce qui a été fait pour l’information journalistique peut être adapté à la musique, en diffusant encore plus de concerts en direct par exemple.

Interactif et social : l’avenir de la programmation

Au-delà des évolutions technologiques, les principales réflexions portent aussi sur des systèmes de programmation plus interactifs et plus sociaux. Sur ce point, les radios ont déjà enclenché leur mutation, en étant présente sur Internet et en investissant les réseaux sociaux. Pensons à Skyrock, qui a mieux résisté au passage à vide de la radio au milieu des années 2000 en prolongeant très tôt son périmètre via les skyblogs.

En terme de programmation, une plus grande réactivité est sollicitée, notamment pour faire entrer plus vite les nouveautés, et augmenter le nombre de titres en rotation, ou adapter celles-ci : moins de matraquage dans le temps d’une même chanson, ou l’inverse ! Comme du temps de la K7 audio, nombre d’auditeurs ne souhaitent écouter que les titres qu’ils aiment… Beaucoup se souviennent des interminables heures passées devant une chaîne hi-fi, à attendre le titre attendu, l’index nerveusement posé sur le bouton record, prêt à jaillir, en espérant que l’animateur ne parle pas par dessus la musique…

La prise en compte des auditeurs dans leur interaction avec les contenus et la programmation musicale devra être encore plus importante. « L’esprit facebook » est aujourd’hui bien ancré. Pouvoir dire « j’aime / j’aime pas » doit servir à personnaliser la radio écoutée, qu’elle se paramètre en fonction de ce que l’auditeur lui indique. Cette dimension est déjà intégrée par les radios, avec les panels d’écoute pour les sélections de titres, ou via les réseaux sociaux justement. Mais cette logique peut être poussée plus loin, jusqu’à l’individualisation. Comme le rappelle Vincent Castaignet, fondateur de Musicovery, "le premier niveau d’interactivité, c’est de pouvoir dire non : ce titre je ne veux plus l’entendre". Ce peut être une des « voix de retour » exploitable pour la radio numérique. Tout en gardant à l’esprit que certaines œuvres méritent en effet plusieurs écoutes, attentives… Combien d’artistes n’auraient jamais accédé à la notoriété s’ils avaient été immédiatement « zappés » ?

La dimension sociale peut aussi être envisagée dans une perspective communautaire, en limitant les accès privilégiés aux suiveurs, amis, abonnés…. Quoi qu’il en soit, il semblerait qu’il faille passer d’une vision linéaire à une vision éclatée, recomposée.

Tous programmateurs ?

Si l’on suit les pistes d’évolution évoquées lors du salon Le Radio, la radio du futur sera sûrement délinéarisée, déconstruite et reconstruite. L’auditeur déconstruira ce que lui proposent les professionnels de la radio et recomposera à sa guise, en poussant au maximum la dimension « à la demande ». Chacun pourrait ainsi devenir son propre programmateur. Si effectivement, tout le monde ne deviendra pas obligatoirement proactif et expert, désireux de composer ses propres contenus, les programmateurs des radios sont et seront de plus en plus concurrencés par des « prescripteurs non professionnels » : amateurs, passionnés, webradios spécialisées… Bref, par ce que l’on pourrait appeler des leaders de prescription, sur les plateformes de streaming, les réseaux sociaux… Ce que l’auditeur recherche, ce sont des playlists « expertisées » par quelqu’un, qui que ce soit, à qui l’on reconnaît sinon un statut d’expert, du moins un statut de connaisseur, ou tout simplement dont on partage les goûts.

Retour vers le passé : « Le transistor du peintre »

"Le transistor du peintre est toujours le plus important"
Edwige Roncière

Aujourd’hui, la radio apparaît donc condamnée à l’audace, à l’évolution technologique et à l’injonction du toujours plus social. Il faudrait dès à présent enterrer la « radio de papa », ranger transistors et autres postes dans les armoires de l’Histoire. Mais n’en déplaise aux thuriféraires de la radio sociale connectée, la marche du progrès bégaye parfois, et la radio « à l’ancienne » a encore de beaux jours devant elle. Il ne faut en effet pas oublier cette dimension, encore très présente, de l’écoute passive. Selon Edwige Roncière, ingénieure en traitement d’antenne et test qualité audio à Radio France, "la radio du futur n’abandonnera pas la radio du passé, elle l’inclura, car même à l’heure de la radio connectée, augmentée, le transistor du peintre est toujours le plus important". Cet idéal-type du transistor du peintre pourrait être décliné en d’autres images : le poste de la cuisine ou celui qui accompagne le ménage, l’autoradio du conducteur…

Pour pouvoir faire évoluer cette dimension d’écoute passive, une typologie et une analyse fine des différents environnements d’écoute est nécessaire. Et l’on peut légitimement penser, avec Vincent Castaignet, que "le poste de radio de la cuisine est aujourd’hui encore central. Mais qu’il sera, lui aussi, inévitablement remplacé".

Entre persistance des modèles classiques, innovations technologiques et montée en puissance des dimensions interactives et sociales, il semble que l’avenir des radios musicales sera multiple ou ne sera pas. Comme le rappelle Xavier Filliol, directeur des Éditions de l’Octet et président de la commission musique du Geste, "l’avenir de la radio ne passe pas par une voie unique, mais sera pluriel. Il ne faudrait pas envisager les choses comme on a pu le faire avec Internet et se borner à l’opposition des modèles linéaire / personnalisé. Les deux cohabiteront. Et l’auditeur choisira !".

L’édition 2012 du salon Le Radio a été une réussite. Initiative portée par Philippe Chapot, c’est une occasion privilégiée pour tous les professionnels, les amateurs et les passionnés de radio d’échanger et de confronter les points de vue, pour élaborer ensemble la radio de demain.

Romain Bigay

[1] Étude Sacem Les Français et la musique, janvier 2011 : http://www.sacem.fr/cms/home/la-sac…

[2] In Lettre d’information de l’Adisq : http://www.irma.asso.fr/Quelle-est-…

[3] Cité in « Radio : La Programmation Musicale vue par Libération ! » http://pierrecaubel.typepad.com/pie…

[4] idem

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Interviews

La Caution, Arnaud Merlin et Bintou Simporé lauréats des Irmawards 2012

En partenariat avec le salon Le Radio, Les centres infos spécialisés de l’Irma ont remis les Irmawards, récompensant les émissions de radio qui, sur l’année 2011, ont le plus fait pour la promotion du hip hop, du jazz et des musiques du monde. Et les lauréats sont :

- Catégorie musiques du monde : Bintou Simporé pour "Néo Géo" ;

- Catégorie jazz : Arnaud Merlin pour son émission "Le Matin des musiciens jazz" ;

- Catégorie hip hop : La Caution aka Hi-Tekk et Nikkfurie pour "Les Cautionneurs".

Rencontres avec ceux qui font la radio musicale.

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