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Accueil du site > Documentation > Focus > Rock’n’Expo : des expositions autour du rock

Article mis à jour le jeudi 16 septembre 2010
Article créé le lundi 30 juin 2008

 
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Rock’n’Expo : des expositions autour du rock

Le rock se raconte sous verre

Le rock s’écoute, se joue, se vit… et se raconte également. Apparu il y a près de 50 ans, le rock fait aujourd’hui l’objet d’expositions et de rétrospectives en France. Il s’invite même parfois au musée.
Les photos d’artistes, les instruments, les pochettes d’albums, les affiches, les supports d’écoute… sont des objets qui retracent une histoire. Ils témoignent d’une époque et de moments de vie. Ils constituent une mémoire pour une culture rock à forte tradition orale, où les influences et les évolutions sont par ailleurs complexes.
Comment le rock et les musiques amplifiées s’exposent-il ? A quelles fins ?

De "Rock’n’Roll 39-59" à la Fondation Cartier en passant par "Pink Floyd Interstellar" à la Cité de la Musique (entre autres), certaines "grandes" expositions ont suffisamment fait parler d’elles ces dernières années pour que tout le monde soit au courant : le rock s’expose !
Le phénomène n’est pas nécessairement nouveau mais semble plus "grand public", comme si le rock (au sens large) gagnait l’honneur d’être mis sous verre et encadré (à moins que ce ne soit l’inverse ?).

Le rock, cette vieille histoire des musiques de jeunes…
Pourtant, comme les autres musiques, le rock ne s’expose pas facilement. D’abord, parce qu’il s’agit de matière sonore, ensuite parce ce que l’esprit Do It Yourself des musiques amplifiées ne s’accorde pas toujours avec celui des commissaires d’expositions et des musées.
Mais aujourd’hui le rock est "dans la force de l’âge" et il s’agit déjà d’une histoire à raconter et à transmettre, avec ses objets, ses témoignages, ses modes de vie… Par ailleurs, plusieurs générations ont désormais grandi avec le rock. L’histoire commune autour de cette musique est devenue plus fédératrice, apte à rassembler un public plus nombreux. Les musiques amplifiées sont donc plus couramment exposées depuis une dizaine d’années, dans les salles de quartier comme dans les musées nationaux, que ce soit autour d’une vedette internationale défunte ou d’une scène locale en développement.

Du rock en photo
D’abord la musique s’insère parfois au sein d’une exposition sans en être pour autant l’objet principal, comme c’était le cas pour "Les années Pop" au Centre Georges Pompidou (2001) où la majeure partie des œuvres relevait des arts plastiques, du design ou de l’architecture.
Ces derniers mois, dans un ensemble d’événements liés à la commémoration des 40 ans de mai 68, des expositions musicales autour de ce fameux printemps ont eu lieu, notamment celle de "La bande-son de Mai 68" à la mairie du XVIIIe arrondissement de Paris. Organisée en partenariat avec Le Hall de la Chanson et l’Ina, l’exposition proposait des objets du quotidien (tourne-disques d’époque, tables en formica), des vidéos d’archives et l’écoute des tubes de l’année ("Il est mort le soleil" par Nicoletta, "With a Little Help From My Friends" par Joe Cocker, "Mrs Robinson" par Simon et Garfunkel, "Il est cinq heures, Paris s’éveille" par Jacques Dutronc…).

Mais le rock est également un thème d’exposition à part entière. L’association Scènes de rock en France s’est par exemple spécialisée dans ce type de prestations. Elle propose plusieurs expositions de photos ("Rock à vif", 30 portraits live de groupes rock indépendants ; "Gueules de rock", photographies de personnages et musiciens du rock français ; "Grain d’Scène", la scène indépendante en images fortes ; "Allez les filles", les femmes dans le rock) ou de peinture ("Le Rocky color picture show", peintures-collages-pochoirs d’après photos). L’association propose également une exposition didactique, "Scènes de rock en France", qui raconte 30 ans d’histoire du rock et des musiques actuelles en France à travers plusieurs types d’objets : photos, affiches, publications, objets cultes, fanzines, vidéos… Cette exposition "a tourné dans plus de 60 lieux depuis 1995, avec diverses mises à jour depuis" nous précise Max Well (voir interviews), journaliste, conférencier et gérant de l’association Scènes de rock en France en compagnie du photographe François Poulain.

D’autres photographes immergés dans le milieu rock proposent également un service "d’expositions clé en main" aux lieux musicaux, aux collectivités publiques, aux médiathèques, voire aux comités d’entreprises. Pour n’en prendre que quelques uns en exemple (pour une liste plus exhaustive, consulter l’Officiel de la Musique. Plus d’infos, voir encadré à droite), Alain Dister [MAJ du 3/07/08 : dont nous venons d’apprendre avec tristesse le décès. Plus d’infos ], un des fondateurs de Rock&Folk, et l’association Décibel font tourner plusieurs expos ("Portraits de rock", "Les Punks", "Autour de Woodstock", etc.), tout comme Renaud Monfourny, photographe pour les Inrockuptibles, avec l’association 45 Tour ("Chantez-vous français ?", "Rock On").
Dans ce genre de prestations, les expositions itinérantes peuvent s’accompagner d’une conférence qui, à l’instar d’un guide de visite, va commenter les œuvres exposées pour en expliquer le sens et la signification. Des conférenciers comme Pascal Bussy ou Gaby Bizien (pour une liste plus exhaustive, se référer à l’Officiel de la Musique) se sont par exemple spécialisés dans ce domaine. Dans une optique toujours plus vivante et interactive, des concerts pédagogiques peuvent également faire office de vernissage (comme pour les expos proposées par L’orage continental : "Surf music et rock instrumental", "Racines du rock’n’roll", "Sixties beat : du british boom au garage rock".

La photo semble être un moyen privilégié pour exposer les musiques amplifiées. Simple et peu coûteux, ce type d’exposition se retrouve surtout dans les bibliothèques, les salles de concerts, et parfois dans les festivals, les lieux ressources ou les écoles de musique.
Ce n’est cependant pas toujours avec la photo que le rock s’expose, parfois c’est à travers des peintures (comme celles proposées par Didier Duyats) ou à travers les affiches, pochettes et sérigraphies (comme les expos proposées par l’association Rock Poster Art.

Les musées privilégient en revanche plus fréquemment des expositions qui mêlent un ensemble de documents autour d’un artiste ou d’un genre internationalement connu. La Cité de la Musique, en ouvrant son catalogue d’expositions temporaires aux musiques rock ("John Lennon, unfinished music" en 2006 ; "Pink Floyd Interstellar" en 2004, "Jimi Hendrix Backstage" en 2003, etc.), est un des établissements nationaux les plus visibles en la matière. En plus des photos d’époque, ces expositions donnaient à voir des documents uniques comme le costume des Beatles dessiné par Douglas A. Millings, des dessins d’enfance de John Lennon, des photos de famille de Jimi Hendrix, sa guitare Les Paul, des notes de Roger Waters sur les paroles de "Wish You Were Here"… Au programme pour la fin de l’année 2008, une exposition sur Gainsbourg.

Parfois, les expositions peuvent aller encore plus loin en investissant le champs du conceptuel, où musiques et arts plastiques se mélangent pour former une même oeuvre. C’est la cas par exemple des expositions présentées par le musicologue et plasticien Jacques Subileau, notamment "Musique en soi" où 68 pièces (peintures, collages, installations) invitent le visiteur, à travers une fresque iconographique, à une expérience musico-plastique.

Le rock par ses instruments de jeu et d’écoute
Quand ce ne sont pas des œuvres plastiques qui sont exposées, l’autre grande tendance consiste à présenter les instruments de lutherie des musiques amplifiées.
Il y a six mois se terminait par exemple l’exposition temporaire "Guitares Jacobacci, deux frères luthiers au cœur des sixties" au Musée des musiques populaires de Montluçon. Il y a plus d’un an, la Cité de la Musique organisait "Travelling Guitars", une exposition sur l’histoire de la guitare à travers les époques, les luthiers et les genres. Ces deux musées font partie des rares lieux où les instruments du rock sont exposés de manière permanente en France. Le Musée des musiques populaires a ouvert depuis une quinzaine d’années sa collection d’instruments aux musiques rock en collectant de nombreuses guitares, basses, batteries, claviers, systèmes d’amplification (voire des mobiliers de studio de répétition du groupe punk Crocdyl Lindebeulll). Le musée de la Cité de la Musique s’est lui aussi mis à acquérir certains spécimens d’instruments rock (orgue Hammond, guitare électrique Fender ou Gibson).

Quand ce ne sont pas les photos ou les instruments qui racontent le rock, ce sont les instruments d’écoute qui témoignent d’une histoire du rock à travers les technologies qui l’ont fait connaître. La Bibliothèque nationale de France (BNF) héberge ainsi à titre patrimonial la collection Charles Cros. "Cette collection de 300 pièces est consacrée aux appareils de lecture du son : du cylindre d’Edison aux ipod et autres baladeurs numériques, en passant par les phonographes, gramophones, etc. On y trouve par exemple un scopitone, des juke-box…" précise au sujet de cette exposition non ouverte au public Pascal Cordereix, responsable du service des documents sonores à la BNF (voir les interviews).
L’association L’orage continental déjà citée plus haut propose également une exposition sur "La grande aventure du disque et du son", depuis les premières expériences de la fin du XIXe siècle jusqu’à la miniaturisation des supports actuelle : Edison, Charles Cros, Berliner, Tainter, microsillon 33 tours, stéréophonie , K7 audio, platines CD, MP3.
Plus récemment, c’est Technopol qui a mis à l’honneur le support préféré des DJs à travers l’exposition "Don’t kill the vinyl !", exposition accompagnée en parallèle d’une conférence sur "Le vinyle et les métiers du disque à l’heure de la dématérialisation".

Quel sens accorder aux expositions autour du rock ?
Les expositions autour du rock, et plus largement des musiques actuelles et amplifiées, représentent un acte de patrimonialisation de ces cultures. Elles permettent de faire revivre des moments éphémères, comme un concert ou une époque musicale marquée. Les "objets périphériques" remettent en mémoire une musique dont la première des traces est aujourd’hui l’enregistrement, plus que la partition.
C’est d’autant plus important que le rock vit et se transmet surtout dans une culture de l’oralité. Aux côtés des expositions, les livres et les documentaires autour du rock viennent ainsi témoigner de manière "sauvegardable" de ce qui entoure le seul son des notes. Qui étaient ces musiciens ? Comment vivaient-ils ? De quelle manière puisaient-ils dans un bassin d’influences et de références ? Qu’est-ce que cette musique signifiait dans son contexte d’époque ? En tentant de répondre à ces questions de manière didactique, ludique ou scénographiée, les expositions contribuent ainsi à replacer le rock dans son histoire et dans sa culture.

Exposer du rock constitue dès lors un acte de sensibilisation permettant de comprendre cette culture dans sa complexité, de ses origines (blues, rhythm and blues, country…) à ses filiations actuelles (pop, folk, métal, punk…) et cousines (hip hop, musiques électroniques…), de ses techniques initiales à ses métiers d’aujourd’hui.
Les expositions autour du rock, en mettant en valeur cette musique et ses objets, ont ainsi vocation à raconter l’histoire pour mieux comprendre le présent de ces musiques.

Comme nous l’explique Marc Touché (voir les interviews), sociologue et créateur des fonds de collection du Musée des musiques populaires de Montluçon (et du Musée national des arts et des traditions populaires désormais fermé au public) qui a consacré "20 ans de vie professionnelle et privée" à ces questions, "ce type d’expo célébrant les cultures matérielles et immatérielles permet de remettre des musiques très diverses dans un contexte historique donné et dans une perspective longitudinale (phénomène de transmission, problématique générationnelle…). Ce travail de fouilles contemporaines vient compléter le regard à vif porté par les journalistes. L’émergence des musiques amplifiées en France est un phénomène social et musical suffisamment complexe et pluriel, objet de métissages permanents, pour que l’on passe un peu de temps à sauvegarder la mémoire des premières générations et leurs outils musicaux. Ces expos qui portent un regard vu de France, complètent l’immense patrimoine littéraire, sonore et iconographique que les Anglo-saxons ont précieusement organisé et diffusé".
Il poursuit et conclut ainsi sur le rôle des expositions : "Retracer l’histoire des musiques amplifiées dans leurs rapports aux autres musiques. Réaliser une socio-histoire des transmissions et des parfums générationnels… Sans tabous sur l’histoire, des objets merveilleux, de la sociologie, de la musique, de l’anthropologie sonore, du débat de société."


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Lire également les interviews

Les organisateurs d’expos rock racontent…
Plusieurs organisateurs d’expositions autour du rock et des musiques amplifiées (Marc Touché du Musée des musiques populaires de Montluçon, Max Well de Scènes de rock en France, Laure Delsaux de Décibel et Pascal Cordereix de la BNF) nous expliquent comment et pourquoi ils montent ces événements.
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Un annuaire dans l’Officiel de la Musique

Publié chaque année début septembre, le guide-annuaire l’Officiel de la Musique répertorie les expositions musicales, mais également les conférenciers spécialisés.
Vous pouvez une liste plus exhaustive d’expos-conférences que celle citée dans ce focus.

Par ailleurs, si vous faites tourner une ou des expositions en France autour des musiques actuelles, consultez votre propre fiche sur le répertoire en ligne (dans le cas où nous vous avons déjà référencé) ou inscrivez-vous en remplissant le formulaire (pour accéder à ce formulaire, vous devez être inscrit (gratuit) aux services en ligne de l’Irma).


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