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Publié le jeudi 15 avril 2010
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Ces inquiétudes grandissent au fur et à mesure que la révision générale des politiques publiques avance et que la réforme des collectivités locales se profile. Une nouvelle journée de mobilisation des acteurs culturels est prévue le 6 mai.
A l’initiative de plusieurs organisations syndicales, une première journée de manifestation "pour la défense de l’art et la culture" a eu lieu le 29 mars. A Paris, elle aurait réuni 4 000 personnes (selon la CGT, 2 500 selon la police).
Plusieurs articles de presse analyse l’inquiétude grandissante des acteurs culturels face à la diminution des crédits "culture" des collectivités territoriales, contraintes de "contribuer à l’effort de réduction du déficit public" comme le souhaite l’État.
Suite à la suppression de la taxe professionnelle, et en prévision de la réforme des collectivités, ces dernières procèdent déjà à des coupes dans le budget des structures, soit en privilégiant certains types d’établissements ou d’actions, soit en baissant l’ensemble des financements de manière plus ou moins équitable.
Lire par exemple :
l’article Baisse des budgets, les artistes déshabillés (par R. Solis, O. Bertrand, A-C. Jambaud et P-H. Allain ; Libération, 10/04)
l’article Les acteurs culturels lancent leur "bataille du printemps" (par Catherine Ficat ; Localtis, 29/03)
Plusieurs organisations, syndicats et fédérations en appellent à ce que les collectivités ne soient pas dépossédées de leurs compétences culturelles. Comme le précise Karine Gloanec Maurin, présidente de la FNCC, dans un récent communiqué : "C’est parce qu’il s’agit de l’essence même du politique d’être un maître d’œuvre inventif et attentif que la responsabilité culturelle de chaque échelon territorial doit rester entière."
Certaines voix s’élèvent pour les compétences culturelles ne soient pas noyées dans les compétences générales, mais au contraire que l’art et la culture fassent l’objet d’une loi de décentralisation permettant aux collectivités d’assumer pleinement leur rôle en matière culturelle.
Lire l’article Décentralisation et Compétences culturelles des collectivités : Faux et vrai débats (par J-M. Lucas ; Le Monde, 30/03, réservé aux abonnés - ou voir sa page perso)
Au niveau des musiques actuelles, certaines fédérations sont également mobilisées, comme la Fédurok : "La réforme des collectivités territoriales engagée ne doit pas fragiliser et remettre en cause la capacité des collectivités territoriales à s’administrer. Elle doit au contraire les renforcer dans leur engagement pour la culture en particulier, dans la mise en place de processus de coopération, en préservant leur autonomie fiscale et le rôle politique des élus. (…) Nous souhaitons le maintien de l’autonomie fiscale des collectivités, garantes de leur autonomie politique et prônons que la culture soit envisagée comme une compétence spécifique des collectivités territoriales."
Les acteurs mobilisés comptent de nouveau se faire entendre et la CGT a d’ores et déjà annoncé une nouvelle journée nationale d’action "pour la défense de l’art et la culture" le 6 mai prochain.
Plus d’infos
Communiqué officiel pour la journée nationale d’actions du 6 mai :
Début 2012, la mission de préfiguration du Centre national de la musique doit remettre ses préconisations au ministre de la Culture et de la Communication. Il s’agit de " définir les modalités de mise en œuvre juridique, opérationnelles et budgétaires [du futur établissement], les conditions de sa gouvernance ainsi que les différents régimes d’aides [qu’il] administrera en concertation étroite avec l’ensemble des professionnels du secteur."
L’occasion de revenir sur ce projet, ses ambitions et les inquiétudes qu’il suscite avec celui qui conduit cette préfiguration, Didier Selles, conseiller-maître à la cour des comptes et co-auteur du rapport Création musicale et diversité à l’ère du numérique.
L’idée d’un CNM "sur le modèle du CNC" ne date pas d’aujourd’hui. Mais la crise du disque a accéléré sa revendication, au point d’en faire un véritable enjeu de filière. De rapports en missions, le principe d’un soutien économique dédié a, petit à petit, balisé la volonté politique pour ce choix d’intervention. Retour sur une genèse progressive, en amont des débats d’aujourd’hui.