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Accueil du site > Documentation > Focus > Quatre questions à des "Officiels" de la musique en France

Article mis à jour le lundi 5 septembre 2011
Article créé le lundi 4 septembre 2006

 
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Interview

Quatre questions à des "Officiels" de la musique en France

20 ans et tout est dedans ! Nous avons posé quatre questions à des professionnels, tous domaines confondus, qui utilisent cette publication, mais surtout qui participent à la dynamique de ce secteur.

I : Qu’est-ce qui a changé avec l’arrivée de L’Officiel ?
"Au début des années 1980, trouver les informations nécessaires au développement d’un groupe de rock était de l’ordre du cauchemar. Les carnets d’adresses se partageaient entre membres de la même caste ou de la même secte… Ce n’est vraisemblablement pas un hasard si les premières publications de l’Officiel du Rock, devenu l’Officiel de la Musique, ont correspondu à l’explosion, à la professionnalisation, à la progression de la scène musicale française." [1]
Depuis 20 ans, certains ont des cheveux blancs, mais "pas l’Officiel" [2], d’autres ont été obligés de travailler "payé à mi-temps (12h/jour)" [3]. Mais que ce soit "une certaine efficacité" [4] ou "une organisation claire et logique des coordonnées du métier" [5], "la création de cette base de données a simplifié le travail quel que soit le type de projet", [6] en évitant "de passer par les méandres des PTT pour avoir un renseignement" [7].
"Pour la première fois, les « professionnels » (ou se voulant ainsi) de la musique se sont trouvés pourvus d’un véritable outil digne de ce nom, informé, précis, sérieux (autant que faire se puisse), rompant avec les guides plus ou moins bidon existant jusqu’alors, davantage destinés à faire fantasmer des personnes naïves et crédules fascinées par le "showbiz" qu’à offrir un réel service." [8] "Il a favorisé l’accès au métier" [9] car "à partir du moment où L’Officiel est sorti et s’est répandu, qu’on a pu se compter, s’identifier, se contacter… le secteur a pu commencer à se structurer et les échanges n’ont cessé de s’accélérer." [10] "Photographie de la profession, utile évidemment" [11], ainsi, "on a pu trouver La Souris Déglinguée à côté d’Alain Souchon" [12].
"D’une certaine façon l’Officiel a eu un effet structurant sur le secteur, en particulier sur toute la mouvance alternative/associative, qui a pu ainsi se rendre compte qu’il y avait plein de petites unités qui mises bout à bout constituaient un véritable secteur. L’Officiel a ainsi accompagné la professionnalisation du secteur tout en se professionnalisant lui-même ainsi que ses équipes (il suffit de voir les premiers Officiels pour mesurer le changement) [13].
Mais surtout, "c’est une bande de potes qui a réussi à faire quelque chose de concret. Ensuite c’est un mouvement associatif, porteur d’une époque et d’un style musical (à l’instar du Hot club de France, ou du Printemps de Bourges à une autre époque), qui a mis sous le nez des institutions un panorama de l’activité musicale allant de l’amateur au professionnel ; ce mouvement global est ainsi devenu incontournable." [14]

I : Comment utilisez-vous l’Officiel ?
"Jamais avant le café du matin, mais toujours sur le dessus de la pile." [15] ou "sur le net" [16].
"Régulièrement" [17], "mais avec un téléphone et un crayon de papier, au cas où…" [18], "comme n’importe quel guide ou annuaire. A question posée, réponse souhaitée, et si possible facile à trouver. Ce qu’est l’Officiel généralement" [19].
"Avec les mains" [20], "J’ouvre l’index et je cherche un nom !" [21] ou "Je fais un premier tri en lisant attentivement les fiches, en cochant celles qui m’intéressent. Régulièrement j’y retourne pour compléter une recherche" [22].
"On devrait l’utiliser même quand on n’y pense pas, et surtout quand ta mémoire te fait défaut." [23]
En bref, "de 100 façons, mais toujours à portée de main." [24]"

I : Comment voyez-vous l’avenir de l’Officiel ?
Les vieilles blagues ont la vie dure. Quand on demande la façon dont vous envisagez l’avenir de l’Officiel, d’aucuns répondent qu’il convient de « demander à Madame Irma… » [25].
Plus sérieusement, "la valeur de l’information est toujours aussi grande, que ce soit sur papier ou sur le Net". [26] Alors sur "support papier le plus longtemps possible" [27] mais pourtant tous le disent : "sur le net" [28] !
Que ce soit "en ligne, sur mobile, ou tout autre support" [29], "dématérialisé et gratuit avec plein de services autour en guise de paquet cadeau" [30], "qu’il devienne un outil aussi efficace que les pages jaunes, c’est à dire : accessible facilement sur net, simple d’usage, et mise à jour immédiate" [31]. On en vient aussi à demander une version pro "plus complète : approfondissement pour collectivités territoriales, événementiel et surtout, les contacts au niveau européen !" [32]
"La clé pour l’avenir, c’est évidemment l’évolution de l’offre de service, mais surtout de rester ce point d’équilibre entre amateur et professionnel en couvrant l’ensemble des genres musicaux." [33] Pour son Directeur :"Ce n’est pas tant l’avenir de l’Officiel qui doit être réfléchi que celui de la fonction qu’il remplit. L’Irma a déjà engagé cette mutation en créant le Woffi. Mais quand on regarde les premiers Officiels, on comprend que cela ne va pas se faire en un clic…" [34]
Cette [r]évolution en cours pourrait se faire "genre Wofficiel panaché de web 2.0 histoire de mieux qualifier les contacts". [35] Et ainsi permettre "qu’il soit davantage « visible » pour garantir sa pérennité" [36]

I : Une anecdote sur l’Officiel et/ou son utilisation ?
Généalogique : "J’y ai trouvé par hasard un homonyme basé en Nouvelle-Calédonie et également producteur, un cousin éloigné ?" [37]
"La circulation de vieux officiels annotés par plusieurs utilisateurs avec des remarques sur ma fiche." [38]. Il est vrai qu’"on trouve parfois des (très) vieilles versions toutes annotées en vente sur ebay" [39]. Attention cependant car "la première édition était toute pourrie. Dès que je l’ai ouverte, les feuilles sont tombées par terre et après, bonjour l’angoisse, j’ai passé la nuit à tout remettre dans l’ordre !" [40] Pourtant les fonctions et rôles de l’Officiel sont multiples : "la première fois que j’y trouvais mon nom (1ere édition), [c’était la] reconnaissance d’un travail vécu comme une passion, avec la modeste satisfaction de voir validé un itinéraire commencé dans les colonnes d’un journal lycéen à l’âge de 15 ans. Autant dire la préhistoire !" [41]
Derrière l’Officiel se cachent aussi de grands moments présents comme passés : "dans le temps, il y avait une fête à l’occasion du lancement de l’Officiel" [42], "les souvenirs de bouclages homériques, d’ambiances nocturnes survoltées suivies des matins blêmes qui présidaient à sa réalisation." [43]. "Ayant participé à la conception des premières éditions, me reviennent surtout des souvenirs perso : du premier Officiel (où manquait la pagination) aux nuits blanches des bouclages, et surtout des souvenirs d’amitiés : Bruno, Maurice, Norbert, Gilles, Fred, Denis, Bruno, Olivier, Claude, Stan…" [44]
"En 1986 j’étais en charge d’un projet d’annuaire professionnel de la musique pour le magazine Show Magazine. Je me souviens être allé rencontrer les dirigeants de l’Officiel de l’époque dans une baraque provisoire sur le chantier de La Villette. Je crois qu’il y avait là  Bruno Lion, Gilles Castagnac et Norbert Le Guenedal. Je leur ai expliqué que mon projet n’était pas concurrent du leur (ce qui était faux bien entendu, surtout sur le plan publicitaire) puisque l’Officiel visait essentiellement les musiciens semi-pros, les alternatifs et le secteur associatif alors que Show Mag touchait le vrai business.
Ils m’ont regardé poliment en se demandant si je ne me foutais pas d’eux.
Mais nous sommes restés bons amis.
Au final, l’Officiel a duré plus longtemps que l’autre annuaire, comme quoi les dieux du business sont parfois plus cléments avec les « alternatifs »." [45]
"Pour la conf de presse du premier Officiel, on avait peur que les journalistes ne comprennent rien, et qu’une fois l’Off dans les mains, ils n’en fassent rien. Donc on avait invité 25 journalistes à un "magical mistery tour" dans un bus rouge de Londres. Le rendez-vous avait été fixé dans trois points de ralliement dans la capitale, et tout le reste c’était surprise pour eux !" [46]

Propos recueillis par Jean-Noël Bigotti


Rémi Bouton est rédacteur en chef de PromusicFrance
Maurice Lidou est directeur de la salle Elmediator à Perpignan
Philippe Lecante est directeur de production du label La Malle aux Trésors
Emmanuel Legrand est rédacteur en chef de Billboard
Stéphane Davet est journaliste rock au Monde
Sébastien Zamora est manager d’artistes et gérant de Zamora productions
Marc Chonier est attaché de presse freelance
Edouard Dugois est manager / directeur artistique de Talent Sorcier
Didier Saltron est journaliste à l’AFP
Frédérique Berni est directrice artistique de Baba Yaga records
Gilles Castagnac est directeur de l’Irma
Frédéric Drewniak est responsable du Cir à l’Irma
Bruno Lion est gérant des éditions Peermusic France


[1] Stéphane Davet

[2] Rémi Bouton

[3] Maurice Lidou

[4] Sébastien Zamora

[5] Marc Chonier

[6] Edouard Dugois

[7] Philippe Lecante

[8] Didier Saltron

[9] Frédérique Berni

[10] Gilles Castagnac

[11] Philippe Lecante

[12] Frédéric Drewniak

[13] Emmanuel Legrand qui rajoute : "Rétrospectivement, l’Officiel sera un outil intéressant pour étudiants et chercheurs pour mesurer les évolutions de la filière, les changements structurels, les mouvements de personnels. Si mes souvenirs sont bons, dans l’édition 86, Pascal Nègre était chargé de la promo club chez BMG…

[14] Bruno Lion

[15] Rémi Bouton

[16] Sébastien Zamora

[17] Frédérique Berni

[18] Frédéric Drewniak

[19] Didier Saltron

[20] … sans commentaires

[21] Emmanuel Legrand

[22] Marc Chonier

[23] Bruno Lion

[24] Stéphane Davet

[25] Ils se reconnaîtront… même si pour certains, la vision de ce futur est "devant nous, c’est à dire pour moi, beaucoup moins qu’avant" (Maurice Lidou)

[26] Stéphane Davet

[27] Philippe Lecante

[28] Sébastien Zamora

[29] Emmanuel Legrand

[30] Frédéric Drewniak

[31] Edouard Dugois

[32] Frédérique Berni

[33] Bruno Lion

[34] Gilles Castagnac

[35] Rémi Bouton

[36] Didier Saltron

[37] Philippe Lecante

[38] Sébastien Zamora

[39] Gilles Castagnac

[40] Maurice Lidou

[41] Didier Saltron

[42] Rémi Bouton

[43] Frédéric Drewniak

[44] Big up to you all ! dixit Stéphane Davet

[45] Emmanuel Legrand

[46] Bruno Lion

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