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Publié le mercredi 11 juin 2008
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Dominique Aria, disquaire au rayon "rock indé" à la Fnac de Lille depuis 20 ans, a été licencié par son employeur pour avoir sorti de l’enseigne des CD promo envoyés par des distributeurs. Un comité de soutien s’est monté, composé notamment des structures musicales locales.
L’histoire remonte déjà à quelques semaines : Dominique Aria quitte un jour son lieu de travail en oubliant une languette antivol dans sa poche, et fait du coup sonner le portique d’alarme. Une fouille de son sac s’ensuit et le service de sécurité y découvre trois CD qui n’ont pas été reportés sur les formulaires adéquats. Le disquaire est automatiquement mis à pied et reçoit peu de temps après une lettre de licenciement pour non-respect de la procédure de sortie de documents.
Sauf que ces disques étaient des CD promotionnels confiés à Dominique Aria, expert rock reconnu sur toute la région, par un distributeur en représentation. Il allait simplement les écouter chez lui pour mieux conseiller les futurs clients…
La version de Dominique Aria s’oppose à celle de la Fnac de Lille sur plusieurs points : les intentions, la propriété originelle des documents, le mobile… L’affaire est ainsi en cours aux Prud’hommes.
Mais l’affaire dépasse le cadre individuel : un comité de soutien s’est monté en réaction à ce licenciement qui apparaît abusif pour de nombreuses personnalités et structures du monde de la musique et des médias.
Car Dominique Aria est un personnage connu et très respecté dans le milieu et par ses clients. Depuis 20 ans, il travaille à la Fnac de Lille et guide les acheteurs, les conseille, les oriente, les écoute… Au sein de son rayon, essentiellement composé d’artistes et de labels indépendants, il avait sa propre manière de commercialiser la musique, dans un souci de découverte et de diversité culturelle. Comme indiqué sur le site monté en soutien au disquaire lillois, "Dominique Aria apportait bien cette valeur ajoutée à cette chaîne de l’industrie culturelle".
Ce comité est composé de centaines de personnalités, structures, médias et institutions qui ont cosigné un courrier adressé à la direction générale de la Fnac. Les signataires y évoquent la crise de confiance qui s’installe entre l’enseigne lilloise et certains partenaires (suppression des partenariats en communication pour les structures, projet de suspension des billetteries) et clients (envois des cartes « adhérent » au siège parisien).
Au sein de ce comité, de nombreuses structures musicales du Nord de la France et d’ailleurs sont partie prenante : entre autres, le 106, À Gauche De La Lune, l’ARA, Astérios Spectacle, Beggars France, le Confort Moderne , Radio RCV, le Dynamo, Fargo Records, la Ferarock, la Route du Rock, le Rock dans tous ses états, le Grand Mix, l’Ouvre Boîte, Naïve, le Réseau RAOUL, UNIT T, Les Inrockuptibles, Radio Campus Lille, etc. La liste complète.
"Monsieur,
Le licenciement de Dominique Aria par la Fnac de Lille a provoqué un vif émoi parmi les acteurs des musiques actuelles (régionaux, nationaux, belges…)
Un comité de soutien à Dominique Aria composé de nombreux professionnels de toute la filière musicale, culturelle et médiatique s’est donc constitué. Le nombre de soutiens enregistrés par ce comité est proportionnel à la place que Dominique Aria occupait dans ce milieu professionnel.
Votre ex-collaborateur faisait figure de référence nationale dans le secteur des musiques actuelles. Son dévouement et sa probité n’ont jamais fait défaut. Du groupe régional au programmateur de festival international, chacun reconnaît ce qu’il doit à Dominique Aria. Les seules motivations de son engagement : la passion de la musique, la conscience professionnelle, la culture d’entreprise Fnac et une humanité rare.
Le licenciement de ce collaborateur exceptionnel jette le trouble sur l’image de votre enseigne et déséquilibre le partage de valeurs que nous pensions communes.
Les réactions sont très nombreuses et les initiatives de protestation individuelles ou collectives attestent d’une certaine détermination.
Nous nous faisons l’écho de cette situation et nous vous proposons de rencontrer sous quinzaine les représentants du comité de soutien accompagnés de Dominique Aria afin de trouver l’issue la plus favorable à cette bien mauvaise « Affaire de Fnac »."
Début 2012, la mission de préfiguration du Centre national de la musique doit remettre ses préconisations au ministre de la Culture et de la Communication. Il s’agit de " définir les modalités de mise en œuvre juridique, opérationnelles et budgétaires [du futur établissement], les conditions de sa gouvernance ainsi que les différents régimes d’aides [qu’il] administrera en concertation étroite avec l’ensemble des professionnels du secteur."
L’occasion de revenir sur ce projet, ses ambitions et les inquiétudes qu’il suscite avec celui qui conduit cette préfiguration, Didier Selles, conseiller-maître à la cour des comptes et co-auteur du rapport Création musicale et diversité à l’ère du numérique.
L’idée d’un CNM "sur le modèle du CNC" ne date pas d’aujourd’hui. Mais la crise du disque a accéléré sa revendication, au point d’en faire un véritable enjeu de filière. De rapports en missions, le principe d’un soutien économique dédié a, petit à petit, balisé la volonté politique pour ce choix d’intervention. Retour sur une genèse progressive, en amont des débats d’aujourd’hui.