Professionnels versus amateurs

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Publié le mercredi 30 août 2006

Note

Dana Hilliot publie un texte où, après avoir analysé les discours et textes produits au sujet des pratiques amateurs, il tente de sortir de l’opposition conceptuelle et administrative classique entre l’amateur et le professionnel.

En voici l’introduction :

"Dans le monde de la culture, il semble que les amateurs et les professionnels aient vécu en paix la plupart du temps. Brandir la menace, comme je m’y emploie dans le texte qui suit, d’une guerre possible entre les uns et les autres, c’est évidemment une provocation, une méchante idée. J’aime attiser les braises afin que le feu prenne et que de larges flammes soient visibles, plutôt que de laisser le feu couver discrètement sous les cendres - et quand l’incendie éclate, il est trop tard pour s’en prémunir. Une guerre larvée n’en reste pas moins une guerre, n’est-ce pas ?

Je voudrais dans les pages qui suivent décrire comment une situation particulière, le déploiement de vastes réseaux de pratiques artistiques en marge des circuits traditionnels de l’art (institutionnels et professionnels), a contribué à éroder le socle sur lequel reposait la culture autrefois dominante, à tel point que certains acteurs professionnels de la culture s’en inquiète, percevant à tort ou à raison, ces artistes alternatifs comme des concurrents potentiels [1].

J’essaierai de lire à travers les lignes des discours et des textes produits au sujet des pratiques amateurs, l’ébauche d’une réaction face à ces menaces supposées : réaction incarnée notamment par le politique, sous l’égide du Ministère de la Culture. Nous verrons comment le concept, hautement discutable, d’ « amateur », vient servir les intérêts conservateurs de la profession et devient une arme en vue de la domestication, de l’institutionnalisation, et, en définitive, du contrôle de pratiques qui, jusqu’à présent échappent aux pouvoirs institutionnels.

Enfin, nous nous efforcerons de sortir de l’opposition conceptuelle et administrative entre l’amateur et le professionnel, en proposant une vision pluraliste de la création et des créateurs."

Ci-après, la table des matières :
1. Explorations sémantiques
1.1 Une distinction sociale
1.2. Une distinction morale

2. L’ amateur, cet inconnu
2.1. Accompagner vers la professionnalisation
2.2. L’impossible expertise des pratiques amateurs
2.3. bilan provisoire

3. Du conservatisme culturel
3.1. les pratiques amateurs : une aberration économique ?
3.1.1. un exemple : la scène des musiques actuelles
3.1.2 les resquilleurs : les licences de libre diffusion et la loi DADSVI
3.1.3. le conservatisme des professionnels
3.2. Un exemple de domestication des créateurs : le projet d’aménagement du décret de 1953
3.2.1. Le décret de 1953
3.2.2 L’avant projet de loi relatif à la participation des amateurs à des spectacles (15 mars 2006)
3.2.3. Administrer les amateurs pour renforcer la profession
3.2.4 « Éduquer » les amateurs ? Ou bien… les « domestiquer » ?

4. Le sujet créateur
4.1. Le concept d’ « amateur » ou le forçage de la réalité
4.2. Une histoire américaine
4.2. La création sans l’Etat

Conclusion : annonce d’une guerre probable

Documents joints

[1] La vérité oblige à dire que le nombre de musiciens professionnels a été multiplié par 4 depuis les années 80, et on pourrait en dire autant de la plupart des pratiques artistiques (source : Philippe Coulangeon, DEP, juin 2003, étude réalisée sur un échantillon de 1 500 musiciens) : la première cause des difficultés rencontrées par les professionnels n’est pas l’augmentation du nombre de pratiquants amateurs, mais l’augmentation du nombre des professionnels.

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