Premier panorama économique et culturel des musiques électroniques

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Publié le jeudi 20 octobre 2016

Musiques électroniques

La Sacem a profité du MaMA pour dévoiler, sur la scène du théâtre de l’Atelier, le premier panorama économique et culturel du secteur des musiques électroniques. Il présente le poids économique et dresse un diagnostic de ces musiques, longtemps marginalisées, et désormais pilier de la production musicale française, dans l’hexagone et à l’international.


Evalué pour la première fois à l’initiative de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), le poids économique des musiques électroniques en France a atteint, en 2015, 416 millions d’euros HT, soit 17% du marché global des musiques actuelles, estimé à 2,5 milliards d’euros HT. C’est ce qu’il ressort de l’étude dévoilée au MaMA, en présence d’Olivier Pellerin, journaliste, et Benjamin Braun, consultant, qui l’ont coordonnée, et de Pedro Winter, parrain de l’opération. Pour cette figure de la french electro, "cette étude montre qu’il faut revenir à la création et soutenir les labels," tout en précisant que"les DJs ignorent que la Sacem a tout un programme d’accompagnement et de financement".

Mené par un groupe de travail de plus de 150 personnalités variées et compétentes du monde des musiques électroniques avec le soutien de la Sacem, le panorama économique et culturel du secteur des musiques électroniques permet, pour la première fois, de mieux appréhender cet écosystème en renouvellement continu et d’en définir les comportements principaux et les enjeux afférents. Si la reconnaissance de ces musiques fut tardive, Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem, a rappelé en introduction que "la société d’auteur reconnaît le statut de DJ depuis 1997".


Un secteur transformé par le numérique


L’étude montre les transformations induites par le numérique sur l’ensemble de la chaîne de production /promotion/distribution des musiques électroniques. Et propose une typologie des artistes :

Les créateurs d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes. Ils composent dans leur home ou bedroom studios, ayant un accès plus facile au matériel. La diffusion de la musique a également totalement changé, la diminution du nombre d’intermédiaires dans la chaîne de distribution permettant de rendre accessibles instantanément les créations, ur les réseaux sociaux et les plateformes de distribution en ligne.

Pour une part significative des artistes de musiques électroniques, la production de musique enregistrée et sa diffusion est d’abord un outil de promotion pour soutenir une carrière axée sur le live. La réduction des intermédiaires dans la chaîne de production et la polyvalence nouvelle qu’elle requiert chez les artistes de musiques électroniques en pousse certains à se structurer en labels autonomes. De manière générale, on constate une professionnalisation croissante des acteurs au cours de la dernière décennie.


Les enjeux de développement des musiques electro en France


Dans cette étude, la Sacem identifie trois enjeux majeurs pour permettre de continuer le développement des musiques électroniques en France. Tout d’abord, la pérennisation de l’activité artistique par un statut adapté : les artistes de musiques électroniques, à l’instar de tous les musiciens, veulent être reconnus en tant que créateurs lorsqu’ils jouent en live. Lorsqu’ils utilisent des oeuvres existantes, ils veulent être considérés en tant que remixeurs, statut qui se rapproche de celui de l’arrangeur de jazz. Le statut de DJ remixeur, créé par la Sacem en 1997, reste méconnu.

Deuxième levier important : la gestion des droits, par des mécanismes de tracking qui doivent pouvoir permettre d’identifier les oeuvres jouées en live, quel que soit le lieu de diffusion (clubs ou festivals, concerts et soirées). Pour cela il est nécessaire que les artistes et labels fournissent à ces acteurs les empreintes sonores de leurs titres et les métadonnées associées, au minimum titre et nom des créateurs.

Enfin, la pérennisation des structures. Un premier modèle a recours au financement public, par l’attribution de subventions par les institutions ou les collectivités locales. Un second modèle s’organise autour d’acteurs économiques très puissants qui concentrent l’intégralité de la chaîne de production. Le souhait de la création d’une troisième voie se fait sentir. Elle appelle la redéfinition des modèles économiques des structures culturelles, garantes de l’émergence des nouvelles générations d’artistes et d’agents, qui sont le terreau du futur des musiques électroniques.


Les principaux chiffres


• Les musiques électroniques en France pèsent 416 millions d’euros et sont portées par le live : le chiffre d’affaire des clubs et discothèques et des festivals représente 82% soit 342 millions d’euros  les clubs et discothèques pèsent 295 millions d’euros, soit 71% du secteur. les festivals, eux, 47 millions d’euros, soit 11% du secteur.

• L’export constitue la 3ème ressource du secteur.

• Le marché total de la synchronisation représente près de 9 millions d’euros dont la moitié des exploitations est réalisée en France : 4,5 millions d’euros.

• Sur le segment techno/house, le numérique représente 71% de la musique enregistrée (contre 38% pour les autres types de musiques actuelles)

• Le vinyle garde une place à part dans le processus créatif o 75% des supports pressés du segment techno/house contre 5% pour l’ensemble des musiques actuelles.


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