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Publié le jeudi 10 novembre 2005
Média
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Pour une information et des médias pluralistes : appel à des Etats Généraux
Face à la concentration des média et pour appeler les pouvoirs publics à réagir, journalistes et acteurs des médias, précaires des métiers de l’information et de la culture, militants syndicaux et associatifs… appellent à la tenue d’Etats généraux pour une information et des médias pluralistes.
Communiqué de presse :
Des Etats Généraux, pourquoi ?
1. Pour remplir leur fonction démocratique, les médias devraient être soustraits à l’emprise directe des pouvoirs économiques et politiques. Or ce n’est manifestement le cas ni des médias privés, ni des médias publics. Les logiques financières qui prévalent dans les premiers ont désormais gagné les seconds, au point que le secteur public ne semble devoir son maintien qu’à la perpétuation de sa dépendance politique.
La concentration des médias, livrés à des groupes liés à des empires industriels, à des fonds de pension et au secteur bancaire dont le principal objectif est de répondre aux attentes de leurs actionnaires, compromet gravement la qualité et la diversité de l’information, du divertissement et de la culture.
Elle incite les groupes de presse qui ne dépendent pas directement des groupes les plus puissants à se battre contre eux avec les mêmes armes sur le même terrain.
Elle entraîne une course à la rentabilisation qui se traduit par une précarisation vertigineuse des métiers de l’information et de la culture, par la subordination croissante des journalistes à leur hiérarchie, par l’assujettissement de plus en plus étroit des programmes et de tous les producteurs d’information et de culture aux impératifs imposés par les diffuseurs et par les publicitaires.
Acteurs de la mondialisation libérale et de la dérive ultralibérale de l’Europe, la plupart de grands médias en sont, par éditorialistes et chroniqueurs interposés, les propagandistes. Au mépris de la diversité des opinions et des aspirations de leurs lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Mais quand le pluralisme est mutilé, c¹est la démocratie qui dépérit.
Le secteur public de l’audiovisuel ne fait pas exception, bien au contraire. Assujetti à la publicité, parce que son financement public est insuffisant, il se condamne, face aux chaînes et stations privées, à les concurrencer avec les armes commerciales de la course à l’audience instantanée. Placé sous la tutelle de la majorité politique du moment, il en subit directement les pressions et les reprises en main périodiques. Comment, dans ces conditions, pourrait-il remplir son rôle de service public ?
2. Les pouvoirs publics, loin de garantir l’égalité du droit d’accès aux médias, le pluralisme de l’information et l’indépendance des journalistes :
Favorisent les concentrations guidées par la recherche obsédante du
profit maximal dans le délai le plus court, qui est la règle du
marché ;
Livrent l’audiovisuel et de larges secteurs de la presse écrite aux
appétits des groupes adossés à des conglomérats industriels
bénéficiant des marchés publics ;
Maintiennent leur encadrement politique d’un audiovisuel public,
privé des moyens financiers de son indépendance ;
Pérennisent un système d¹aide à la presse qui favorise les médias
financièrement les plus puissants et les plus mercantiles ;
Participent à la fragilisation des médias indépendants des grands
groupes en s’attaquant aux services publics, comme celui de la Poste
qui réserve ses tarifs préférentiels aux médias les plus lucratifs ;
Se refusent à doter les médias sans but lucratif et, plus
particulièrement, les médias associatifs, du statut juridique et de
l’aide financière sans lesquels leur existence est compromise.
Des Etats Généraux, dans quel but ?
Par ces Etat généraux, nous entendons dresser un état des lieux des problèmes à résoudre, proposer des solutions, les soumettre à toutes les forces politiques et aux parlementaires.
Sans préjuger du résultat, nous entendons mettre en discussion les questions suivantes :
L’information est un bien commun. Comment garantir les droits
d’informer et les droits à l¹information contre toutes les tentatives
politiques et économiques de les confisquer ?
Ces droits doivent être protégés par une législation et des moyens Ã
la hauteur des enjeux : lesquels ? Comment préserver et refonder le
service public de l’audiovisuel ?
Comment garantir l¹essor des médias associatifs, sauvegarder le
potentiel non-marchand d¹Internet, doter les médias à but non
lucratif du statut et des moyens dont ils sont besoin ?
Le droit à l’information est d’abord le droit à une information
diversifiée dans tous les domaines : comment la garantir, et
favoriser en particulier la qualité et la pluralité des informations
économique, sociale et internationale ?
Le droit à l¹information suppose de nouveaux droits pour les
journalistes et, plus généralement, pour les producteurs
d’information indépendants : lesquels et comment les garantir ?
Des Etats généraux, comment ?
1. Nous appelons à des Etats généraux ouverts, décentralisés, pluralistes.
Ouverts - La question du droit à l’information est une question trop
sérieuse pour être abandonnée aux seuls responsables des médias :
elle concerne tous ceux qui, professionnels ou non, journalistes ou
pas, concourent à la production de l¹information. Les journalistes,
les salariés des médias et leurs syndicats ont besoin du concours de
tous.
Décentralisés - La question du droit à l’information ne doit pas être
réservée à des porte-parole nationaux (et omettre les médias
régionaux). C¹est pourquoi le processus des Etat Généraux que nous
souhaitons impulser doit combiner des échéances locales et des
échéances nationales et privilégier les ateliers, les commissions,
les séminaires de réflexion et de proposition, contre toute tentation
de céder aux mirages de la personnalisation et du spectacle…
médiatiques.
Pluralistes - La question du droit à une information pluraliste n’est
le monopole de personne. Les exclusives viendront de ceux qui
refusent de s’y associer.
2. Nous souhaitons donner naissance, non à une nouvelle structure, mais à un processus, marqué par de échéances fortes. Nous appelons donc à une première session nationale des États Généraux pour des médias et une information pluralistes en 2006
Appellent à ces États Généraux
Liste provisoire établie le vendredi 30 septembre
Associations et syndicats nationaux
ACJ (Association des cyber-journalistes).
ACRIMED (Action Critique Médias)
Action Consommation
Appel et réseau pour une information impartiale et pluraliste
Association Faire Le Jour
Association JAL (Justice-Action-Liberté)
ATTAC
Casseurs de Pub
Confédération paysanne
Corali (Association pour la Coopération des radios libres)
FERC-CGT (Fédération de l¹Education, de la Recherche et de la Culture)
FNVDPQ (Fédération Nationale des Vidéos de Pays et de Quartier)
FSGT (Fédération Sportive et Gymnique du Travail)
FSU (Fédération Syndicale Unitaire)
Les Pieds dans le Paf
OFM (Observatoire Français des Médias)
OMOS (Observatoire des Mouvements de la Société)
RACCFC (Rassemblement des auditeurs contre la casse de France Culture)
SCAM (société des auteurs multimédias)
SIPM-CNT (syndicat interprofessionnel de la presse et des médias)
SNJ (Syndicat National des Journalistes)
SNJ-CGT (Syndicat National des Journalistes-CGT)
Sud Culture
Sud Education
UFAL (Union des Familles Laïques)
Union Syndicale Solidaires
Voir&Agir
Syndicats d¹entreprise, associations et syndicats locaux (Communes, départements, régions)
Collectif de la Région Rouennaise d¹Observation des Médias - Collectif Kraken-Art - Les Inattendus (Lyon) - Les Pieds dans le Paf Loire Atlantique - Observatoire bisontin des médias - Observatoire nantais des médias - Observatoire grenoblois des médias (Ogremed) - SNJ-CGT France-télévisions - SNJ-CGT Radio France - SNJ-CGT AFP - Sud PTT44 de la Dirr - Sud Santé Sociaux de l¹Isère - Spasmet-solidaires (Syndicat des Personnels Assurant un Service Météo) - Sud-Radio France - Sud-AFP.
Médias associatifs et coopératifs
Aligre Fm - Co-Errances - CQFD - Cuverville (Toulon) -Fréquence Paris Plurielle (Paris) - La Lettre les alternatifs (Loire Atlantique)- La televisionpaysanne.org - L¹Accroche (Montpellier) - Primitivi (Marseille) - Tv Bruits (Toulouse) - Zalea TV - Zapito (Rouen)
Avec le soutien des associations et partis politiques suivants :
Alter
La Ligue communiste révolutionnaire (L.C.R.)
Le Mouvement Républicain et Citoyen (M.R.C.)
Le Parti communiste français (P.C.F.)
Le Parti socialiste (P.S.)
Les Verts
Les très nombreuses signatures individuelles, notamment de
journalistes qui s’associent à l’appel et de responsables politiques
qui le soutiennent seront publiées ultérieurement.
Voir toutes les signatures individuelles recueillies ici-même
POUR SIGNER CET APPEL :
Pour toutes les signatures individuelles, merci de recourir
exclusivement à l’inscription automatisée sur notre site
http://www.etats-generaux-medias.org
Les signatures collectives (associations, collectifs, syndicats,
formations politiques, etc.) et les signatures de journalistes sont
reçues à l’adresse suivante (qui leur est exclusivement consacrée) :
contact@etats-generaux-medias.org ou (etats-generaux@ouvaton.org)
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