Plus de 2 milliards d’euros de droits voisins perçus dans le monde en 2013

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Publié le mardi 16 juin 2015

Droits voisins

L’Adami a présenté aux REA en avril et au Midem la première étude mondiale sur les droits voisins, un marché de plus de 2 milliards d’euros en 2013, dont 90% provient des droits musicaux. Cette étude est considérée comme la première étape d’une initiative récurrente, permettant à terme de mesurer de façon constante et avec la même méthodologie le marché mondial des droits voisins.

Le marché mondial des droits voisins pèse un peu plus de deux milliards d’euros en 2013 (2,034 Mds€), et l’ensemble des perceptions de droits voisins dans le monde s’élève à 2,259 milliards d’euros. Ce sont les chiffres révélés par l’Adami, la société française de perception des droits voisins des artistes interprètes qui est à l’initiative de ce qui constitue la première étude mondiale sur le sujet. Celle-ci, réalisée par John Simson, ancien PDG de la société Américaine de droits voisins SoundExchange, et Emmanuel Legrand, journaliste et consultant basé aux États-Unis, agrège l’ensemble des données des sociétés de gestion collective dans le secteur des droits voisins dans le monde actives dans tous les répertoires(music et audio-visuel) et représentant l’ensemble des collèges d’ayants-droit (artistes-interprètes et producteurs). En sont exclus les droits voisins perçus directement par les différents ayants-droit.

La musique, première source des droits voisins

Les droits musicaux représentent environ 90% des droits collectés au titre des droits voisins. Les droits audio-visuels sont estimés à environ 200 millions d’euros, bénéficiant essentiellement aux interprètes. L’Europe est le principal marché pour les droits voisins avec près de la moitié des collections mondiales(48,33%), suivie de l’Amérique du Nord (30,40%), l’Amérique du Sud(12%), l’Australasie(8,59%), le Moyen Orient (0.45%) et l’Afrique(0,23%).

Un marché concentré sur les États-Unis et l’Europe

Avec 28% des perceptions mondiales, les États-Unis sont le principal marché pour les droits voisins même si la perception des droits est réduite à l’exécution publique des œuvres dans le cadre de services numériques non-interactifs du type radio en ligne comme Pandora, diffusion par satellite (Sirius/XM) ou encore la reprise en ligne des signaux radio terrestre (iHeartRadio). Le marché est essentiellement concentré dans dix pays qui contrôlent 82% des perceptions mondiales, avec une forte concentration sur l’Europe. Outre les États-Unis, la Grande-Bretagne (12%), la France (11%), le Japon (7%), le Brésil (7%), l’Allemagne (7%), l’Argentine (3%), les Pays-Bas (3%), le Canada (2%) et la Norvège (2%) constituent les dix premiers marchés mondiaux.

Le reste du monde compte pour 18% des perceptions. Les pays du bloc Brics pesaient 184 millions d’euros en 2013. Des cinq pays formant les Brics, seul le Brésil, avec près de 152 millions d’euros, est présent dans les dix premiers marchés mondiaux des droits voisins. La Russie est loin derrière les principaux marchés et l’Afrique du Sud a des perceptions relativement basses. L’Inde et la Chine n’ont pas ou peu de droits voisins.

Pour Bruno Boutleux, directeur général de l’Adami, cette étude souligne la place de la France, "un des pays phares dans le domaine des droits voisins" et souligne des aspects encourageants, notamment "l’existence de poches de croissance dans le monde. Alors que le marché Européen est stable, les marchés Nord et Sud Américains sont pleins de promesses. Sans parler de l’Asie et de l’Afrique, où presque tout reste à faire".


Lire l’étude
Le marché mondial de la gestion collective des droits voisins