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Article mis à jour le vendredi 10 décembre 2010
Article créé le vendredi 28 septembre 2007

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Petit guide pour la mise en place d’une "démothèque musiques actuelles"

Droit d'utilisation des fiches pratiques de l'Irma

Réalisée par le Cir et la médiathèque de la Communauté de communes du pays d’Argentan, cette fiche pratique explique comment monter une "démothèque locale". Cet outil d’accompagnement est à envisager comme une forme de réponse à la sous-exposition des artistes locaux et des initiatives visant à les soutenir. Démothèque, a walk on the wild side !

Aujourd’hui, la question de la mise à disposition des productions discographiques locales est au cœur des préoccupations de bon nombre d’acteurs de notre secteur et au-delà (artistes et labels bien évidemment, mais aussi lieux de ressources, médiathèques/discothèques de prêt, collectivités territoriales, etc.).

Plusieurs modèles "alternatifs" existent ou ont été testés ces dernières années afin de répondre à cette question : démothèque intégrée à l’initiative de quelques médiathèques de prêt pionnières (médiathèques de Louviers ou d’Argentan par exemple), médiathèque associative comme celle des Musicophages à Toulouse, "bac" d’autoproductions locales disponible dans certains lieux de ressources, jusqu’à la constitution de plateformes régionales voire nationales de distribution.

Nous utilisons ici le terme de démothèque par souci de commodité. Cela nous apparaît plus parlant, plus « rock » et moins restrictif que Fonds local de productions discographiques, par exemple.

Le présent texte reprend dans ses grandes lignes le précieux travail réalisé par Vincent Bouteloup, discothécaire à la médiathèque François Mitterrand de la Communauté de communes du pays d’Argentan (Orne).

Les objectifs : une démothèque pour quoi faire ?

- Proposer à l’usager et au public un choix supplémentaire d’œuvres discographiques.
- Constituer un fonds « patrimonial », témoignant de l’activité musicale locale.
- Valoriser les initiatives musicales locales en matière de création, production et diffusion.
- Ouvrir le lieu dédié à de nouveaux partenaires en marge de la "stricte production commerciale" (tissu associatif local, lieux de ressources, de répétition et de diffusion spécialisés, etc.).
- Positionner le lieu dédié comme un des acteurs culturels pertinents dans le domaine des musiques actuelles locales.

Les critères de sélection des œuvres

Avant de mettre en place la démothèque, plusieurs point sont à éclaircir et notamment :

La zone géographique de compétence

En effet, selon la mission et les souhaits de la structure porteuse de la « démothèque », l’étendue de la zone géographique de prospection couverte peut être variable d’un lieu à l’autre : néanmoins les exemples les plus couramment rencontrés se situent à l’échelon départemental ou régional.

Le format des supports

On privilégiera le CD album, néanmoins rien n’interdit le vinyl (il existait avant le CD ou la musique dématérialisée et vit toujours !!!!!), en effet si le reflet de la scène actuelle est une priorité, notre culture est ancienne, il serait navrant surtout dans une optique patrimoniale d’oblitérer un tel support en sachant que l’invention du CD fut un grand fossoyeur d’œuvre fixée !!!!!

La constitution du fonds

Ce fonds est basé sur l’acquisition d’albums ou de compilations de groupes locaux appartenant à la zone géographique de référence, au répertoire propre (uniquement des créations et non des reprises ou interprétations), tous styles musicaux confondus (rock, jazz, chanson, rap, musiques électroniques, musiques du monde, etc), édités par des groupes et artistes constitués ou portés par une entité juridique (associations, Scop, etc.), notamment pour pouvoir établir un bon de commande et effectuer les versements.

Ces artistes ne bénéficient pas d’une distribution commerciale habituelle au secteur. Attention ce critère n’est pas nécessairement rédhibitoire.

L’acquisition du fonds

Elle peut se faire auprès des artistes, des structures les accompagnant, des labels ou disquaires locaux, voire pour les médiathèques auprès de leurs fournisseurs habituels pour certaines références présentes dans leur catalogue.

La sélection

Elle peut être sans exclusivité, ne répondant simplement qu’aux critères susmentionnés.

Elle peut également s’effectuer au cas par cas en fonction de critères d’éthique, de qualité musicale et de qualité d’enregistrement. Mettre en place un comité d’écoute regroupant un certain nombre d’acteurs locaux peut permettre de mieux impliquer ceux-ci dans le projet de votre « démothèque ». Évitez cependant l’écueil du « énième comité ad hoc d’experts statuant sur », maladie fort répandue dans notre secteur.

Les moyens

Pour collecter les œuvres enregistrées plusieurs pistes sont à explorer.
Tout d’abord dresser un inventaire des associations ou labels locaux constitués promouvant la musique par la production et la diffusion d’enregistrements locaux. On se rapprochera naturellement pour ce faire des lieux et centres de ressources dédiés aux musiques actuelles existants dont l’une des missions est justement ce type de recensement.

On se rapprochera également de manière plus large de toutes les structures oeuvrant dans le domaine des musiques actuelles de la zone géographique choisie : soit pour y puiser de l’information et des contacts nécessaires, soit pour développer auprès d’elles une meilleure connaissance de votre projet.

On privilégiera également un travail de communication spécifique (presse alternative, webzines, associations locales, locaux de répétitions, lieux de diffusion, lieux de vie, réseau actif des MJC, etc.).
Et généralement le bouche à oreille finit par fonctionner…

Le mode d’acquisition

Acquisition par don

Les artistes ont la possibilité de faire don de leurs productions autoproduites.

Acquisition par achat

Dans ce cas, les groupes doivent être rattachés à une entité juridique (association loi 1901, par exemple) afin que la « démothèque » puisse effectuer le paiement. Le mode de paiement fonctionne par bon de commande et versement bancaire. Le projet nécessite un budget faible (sachant que le prix d’une majorité de ces CD oscille entre 3 et 10 euros). Pour les médiathèques de prêt, ce budget peut être établi hors marché puisqu’il s’agit en général d’exclusivité (CD distribués hors circuit commercial habituel et achetés auprès d’associations locales).
Pensez à faire remplir un formulaire de dépôt aux artistes ou à leurs représentants.

La mise en place

On estime généralement que la mise à disposition au public peut commencer avec un fonds d’une cinquantaine de CD.

- Pour les médiathèques de prêt ou les lieux/centres de ressources, il est nécessaire d’intégrer les œuvres fixées dans le circuit habituel des documents (catalogage, équipement, etc.).

- Création d’un bac spécifique selon les supports avec une mise en valeur spécifique (affichage, charte graphique propre à l’objet, il faut y retrouver toute la spécificité de la démarche de type « support your local band », etc.) pour le public avec notamment un explicatif du projet sous forme de flyer (simple et concis) à emporter par exemple.

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