Panorama mondial des ICC : la culture représente 3% du PIB mondial

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Publié le jeudi 3 décembre 2015

Economie

Avec des recettes d’un montant de 2 250 milliards de dollars, les secteurs culturels et créatifs représentent 3% du PIB mondial et emploient 29,5 millions de personnes (soit 1% de la population active mondiale). C’est ce que révèle le premier panorama de l’économie de la culture et de la création dans le monde, réalisé par le cabinet EY.

La Cisac (Confédération internationale des sociétés d’auteurs compositeurs) vient de publier la première étude sur le poids de la culture et de la création dans l’économie mondiale. Rédigé par le cabinet EY, ce panorama évalue le poids de la culture et de la création dans le monde à 2 250 milliards de dollars de revenus, représentant 3% du PIB mondial. L’emploi, dans ces secteurs, représente 29,5 millions d’emplois, soit 1% de la population active mondiale. Ce panorama mondial s’inscrit dans la continuité des études réalisées par EY sur le poids économique de la culture en France et en Europe.

Les revenus des secteurs culturels et créatifs dépassent les revenus des services de télécommunications au niveau mondial (1 570 milliards de dollars US) et emploient plus de personnes que l’industrie automobile en Europe, au Japon et aux États-Unis (25 millions).


Les œuvres créatives sont un moteur essentiel de l’économie numérique


Les secteurs culturels et créatifs apportent donc une contribution forte à l’économie planétaire. En 2013, les œuvres créatives ont contribué à hauteur de 200 milliards de dollars aux ventes numériques mondiales, augmentant considérablement les ventes d’appareils numériques et la demande de services de télécommunications à haut débit. Les ventes de biens culturels numériques ont généré 65 milliards de dollars, et 21,7 milliards de revenus publicitaires, pour les médias en ligne et les sites de streaming gratuit.

L’étude, première du genre au niveau mondial, conclut que pour exploiter pleinement le potentiel des industries créatives et culturelles, les créateurs doivent être équitablement rémunérés pour l’utilisation de leurs œuvres créatives, afin qu’ils puissent continuer de contribuer à la culture et à l’économie. En particulier dans le marché numérique, les décideurs politiques doivent étudier la question du transfert de la valeur qui favorise actuellement les intermédiaires techniques et garantir que les créateurs et les industries créatives soient rémunérés à leur juste valeur pour l’exploitation de leurs œuvres. Pour Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, « les secteurs culturels et créatifs sont un moteur essentiel des économies des pays développés et en développement. Ils font en effet partie des secteurs qui connaissent la croissance la plus rapide et influencent la production de revenus, la création d’emplois et les recettes d’exportation. Ils peuvent contribuer à garantir un avenir meilleur pour de nombreux pays à travers le monde ».


Un monde créatif multipolaire


L’étude fournit des données uniques dressant le panorama d’un monde créatif multipolaire. Et vient répondre à la volonté de l’Unesco de disposer de données et d’indicateurs pertinents sur le rôle de la culture dans le développement des sociétés. Pour Jean-Michel Jarre, Président de la Cisac et Ambassadeur de bonne volonté de l’Unesco, « ce premier panorama mondial de l’économie de la culture et de la création montre que les créateurs du monde entier, dans tous les domaines artistiques, contribuent fortement à l’économie mondiale, tant en termes de revenus que d’emplois. Les créateurs doivent être en mesure de travailler dans un environnement qui protège leurs droits économiques et moraux afin de pouvoir poursuivre leur activité créative. Nous espérons que cette étude agira comme un révélateur pour les décideurs du monde entier : protéger les créateurs, c’est protéger l’économie. Nos secteurs culturels et créatifs contribuent à construire des économies durables, créent des emplois au niveau local, génèrent des revenus et des impôts, et permettent à des millions de personnes, en majorité des jeunes, de vivre de leur talent créatif ».


Lire l’étude :
Cultural times / The first global map of cultural and creative industries