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Publié le mercredi 21 décembre 2005

 
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Lettre ouverte

"Ni sourds, ni muets", le Syndéac interpelle le Premier Ministre...

C’est dans une lettre ouverte à l’attention de Dominique de Villepin, que Stéphane Fiévet, metteur en scène et président du Syndeac, en appelle à une véritable politique de relance du soutien aux arts et à la culture

C’est dans la dernière Lettre "Des mots & Débats - n°19 - décembre 2005" du Syndéac que l’on a pu lire le message suivant :

Monsieur Dominique de Villepin
Premier ministre
Hôtel Matignon
57, rue de Varenne
75700 PARIS

Paris,
le 7 décembre 2005

Monsieur le Premier ministre,

Les artistes et les professionnels du spectacle que nous représentons ne sont ni aveugles, ni sourds, ni muets.

Car que voyons-nous ?

Voici quelques jours, au cœur de l’embrasement urbain, le théâtre de Cergy-Pontoise brûlait, victime d’une voiture bélier conduite par des incendiaires. Nous en sommes révoltés et tristes, comme nous le sommes quand une école brûle, comme nous le sommes quand une population casse sans discernement les outils de son propre développement, ne sachant plus reconnaître les lieux de son émancipation. Fondamentalement le même symbole est détruit, qu’il s’agisse de l’école ou de la scène : celui de la culture.
Une société qui détruit ses lieux de culture est une société qui se perd, et qui révèle, au-delà d’un mal être social, un malaise politique qui interroge notre démocratie. Construire en chaque citoyen un espace critique intérieur, intime, et construire en chaque territoire un espace public d’interrogation et de liberté, c’est réaffirmer le rôle de l’art et le rôle de l’éducation dans la construction politique et sociale de la Nation. Mais à cet endroit, le retrait des politiques publiques a eu manifestement un effet ravageur.

Que constatons-nous depuis plusieurs années, et singulièrement depuis trois ans ?

L’abandon progressif des politiques de proximité, l’érosion lente de la politique de la ville, en particulier dans sa dimension culturelle, la valse ou l’arrêt des programmes de soutien à l’emploi, la présence faible de l’éducation artistique à l’école, le peu de crédits accordés aux sciences humaines, marquent un désengagement politique des gouvernements successifs dans le soutien à l’art et à la culture. Les effets de sédimentation de dispositifs peu cohérents sont redoutables.
Et l’on rappelle les artistes au gré des crises sociales successives. Nous ne sommes pas, monsieur le Premier ministre, des « pompiers du social » ni des adeptes de la tour d’ivoire de la création. Nous sommes profondément engagés dans le développement et le rayonnement de notre pays, profondément en lien avec une société française dont nous construisons, nous aussi, la cohésion et dont nous interrogeons sans cesse l’identité.

Mais pour construire cette France de la liberté et de l’égalité, il faut du temps et des moyens.

Et qu’entendons-nous ?

Tout d’abord, nous regrettons d’entendre davantage le ministre de l’Intérieur que les ministres réunis de l’Éducation nationale, de la Cohésion sociale et de la Culture sur ces enjeux : serait-ce le signe d’une approche de votre gouvernement plus sécuritaire qu’éducative ou sociale ?

Nous écoutons également avec inquiétude le formidable décalage entre le discours programmatique de votre gouvernement et les moyens mis en œuvre. Les récentes propositions pour le spectacle vivant présentées par M. Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, contredisent la présentation de son budget 2006, à moins que ce ne soit le contraire. Déjà les crédits 2005 de l’Etat, déconcentrés au sein des directions régionales des affaires culturelles, subissent des diminutions alarmantes, en dépit des promesses faites de « sanctuarisation budgétaire ». La crise dite de l’intermittence a conduit nos professions et votre gouvernement à privilégier une politique de l’emploi et de professionnalisation de notre secteur dont malheureusement la traduction budgétaire relève davantage de l’incantation que de la réalité. Si l’on ajoute à ce constat les difficultés du dialogue entre l’Etat et les collectivités territoriales, dans ce domaine comme dans d’autres, nous sommes placés devant une grave crise de la responsabilité et du financement publics de notre secteur. Crise aggravée par le flottement perçu quant au rôle de l’Etat, de plus en plus en retrait dans la définition d’un service public des arts et de la culture. Vous ne construirez pas, monsieur le Premier ministre, une politique décentralisée du spectacle vivant avec un Etat faible, car le partenariat de nos tutelles doit s’appuyer sur la solidité et l’engagement de chacune d’entre elles, seuls gages de leur équilibre.

Dans le même temps, nous attendons avec espoir l’issue des négociations au sein de l’Unedic et le sort réservé par les partenaires sociaux aux annexes de l’intermittence du spectacle. Depuis l’ouverture de cette crise sociale, nos professions et notre syndicat ont démontré leur sens des responsabilités et ont su faire preuve de propositions concrètes pour asseoir un régime stabilisé, pérenne, de l’intermittence. Nous comptons sur le soutien de votre gouvernement pour faire entendre nos propositions aux partenaires sociaux et nous attendons qu’il prenne toutes ses responsabilités dans l’évaluation de la négociation et des accords futurs, cela dès le début de l’année 2006. Il en va de l’avenir d’une profession.

Car cette crise a montré que nous ne sommes pas muets. Au côté des propositions pour l’assurance chômage, c’est à une véritable politique de relance du soutien aux arts et à la culture que nous appelons. Nous sommes porteurs de propositions, en direction de l’ensemble de nos partenaires : les collectivités, les parlementaires, les formations politiques, l’Etat, le gouvernement. Ne faites pas de cet enjeu le supplément d’âme de votre politique. Nous ne sommes pas le superflu de la gestion gouvernementale et n’avons aucune vocation ornementale. La culture, monsieur le Premier ministre, ne se nourrit pas que de paroles, fussent-elles de poète, mais d’une volonté politique affirmée dans les actes, dans les moyens, bref, dans un projet.

Je vous prie de croire, monsieur le Premier ministre, à l’assurance de ma très haute considération.

Stéphane FIÉVET
Metteur en scène
Président du SYNDEAC

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