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Publié le jeudi 16 juin 2005
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L’OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement Economiques) a présenté, lundi 13 juin 2005, un rapport sur l’industrie de la musique numérique. Ce texte présente des perspectives optimistes sur le développement du téléchargement payant mais précise que le manque d’interopérabilité entre les formats risque de représenter un frein à cette croissance.
Si l’OCDE se garde de justifier la baisse des ventes de disques par le téléchargement gratuit sur les réseaux P2P (peer-to-peer), il n’en constate pas moins qu’un tiers des internautes des pays de l’OCDE ont téléchargé gratuitement des fichiers sur des réseaux P2P entre 1999 et 2003, et que le nombre d’utilisateurs simultanés sur l’ensemble des réseaux P2P atteignait près de 10 millions en octobre 2004. Dans ces proportions, le téléchargement gratuit risque de nuire au développement des marchés légaux de contenus en ligne précise l’OCDE.
Toutefois, la distribution payante de la musique en ligne, qui ne représente que 1 à 2 % des ventes aujourd’hui, pourrait s’élever jusqu’à 5 à 10 % à l’horizon 2008. Cependant, le support numérique ne supplantera pas tout de suite le CD puisqu’il faudrait 60 fois plus de téléchargement payant pour que cela rapporte à l’industrie autant que la vente de disques.
A qui profite le numérique ? Si le développement de ce marché devient une source d’emploi, il bénéficie surtout aux labels phonographiques qui augmentent leur pourcentage perçu sur les ventes de musique (de 50 à 65 % contre 40 % aujourd’hui) - tandis que les artistes stagnent à 10 % de perception. L’industrie informatique (baladeur MP3) et les opérateurs en télécommunication (musique pour sonnerie de portable) sont aussi de grands bénéficiaires de la commercialisation en ligne de la musique.
Autre chiffre intéressant, on note que dans 85 % des cas, les internautes ne sélectionnent qu’un seul morceau d’un disque proposé en ligne. Si le CD n’est pas mort, le format "album" encoure quant à lui des risques de disparition !
Pour finir, l’OCDE explique que l’incompatibilité entre les formats audio et les technologies de protection DRM représentent un obstacle au développement du marché en ligne. Afin de rendre les marchés en ligne plus compétitifs, l’étude préconise une interopérabilité des normes et matériels ainsi qu’une importante diversité de contenus disponible.
Avec la crise du disque, on a d’abord raisonné "transfert", les ventes numériques devant compenser la perte sur le physique. Puis, rapidement, on a bien compris que de nouveaux comportements s’installaient et que c’est une mutation globale qui allait s’opérer.
Quand Apple et iTunes ont débarqué, une révolution industrielle du téléchargement s’est engagée. De nouveaux acteurs se sont positionnés en interfaces entre le vieux et le nouveau monde.
Depuis, la distribution numérique progresse inexorablement. Elle explore les débouchés inconnus, adapte les savoir-faire aux environnements de demain et porte l’espoir d’un renouveau économique.
Entre métiers et marchés, focus sur la distribution numérique.
Cinq distributeurs - Idol, Believe, Yozik, Jamendo, Toolbox - un journaliste spécialisé - Frédéric Neff et le co-fondateur d’une société de conseil - Aymeric Pichevin - évoquent pêle-mêle les joies du métier, les services monétisables, l’évolution des ventes et du streaming, l’essor des vidéos musicales, l’équilibre et les déséquilibres du marché…
Pascal Bittard, président fondateur d’Idol
Romain Becker, chef de projet Vidéo chez Believe Digital
Henri Pierre, gérant de Yozik
Pierre Gérard, cogérant de Jamendo
Christophe Brunel, responsable de production chez Toolbox
Frédéric Neff, journaliste et blogueur spécialisé
Aymeric Pichevin, journaliste à Billboard et cofondateur de Home