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Accueil du site > Actualités > Actualités professionnelles > Movinmotion, la gestion sociale des intermittents 2.0

Publié le vendredi 18 décembre 2015

 
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Starting Blocks

Movinmotion, la gestion sociale des intermittents 2.0

#RSP #recrutement #intermittence #paie

Fini les heures perdues dans la gestion sociale des intermittents. La plateforme Movinmotion s’occupe de tout, de la recherche de salariés jusqu’aux déclarations et versements des cotisations. La startup, développée initialement dans le secteur de l’audiovisuel, s’adresse aujourd’hui aux professionnels de la musique. Rencontre avec son cofondateur Jean Despax.

À mi-mois, on lève la tête du guidon et on s’intéresse à l’innovation. Starting Blocks c’est des entreprises, des activités innovantes, et celles et ceux qui les font ! Et tout ça, dans la musique !




2011. Michael Dan fait du conseil en projet informatique pour des sociétés de post-production. Il découvre alors les difficultés auxquelles elles font face pour la gestion administrative d’employés en CDD d’usage. Il partage son constat avec 3 amis, comme lui ingénieurs de formation : Jean Despax, Nominoé Massot et Gilles Van Caneghem. Ensemble, ils décident de rassembler leurs compétences et fondent Movinmotion. D’autant plus avec la double expérience de tourneur et de développeur de Nominoé. « On a vite compris que ce qui était embêtant pour les employeurs d’intermittents du spectacle, c’était la partie sociale, souvent artisanale, faite de re-saisies, d’informations éparpillées, avec une forte complexité du droit social et des conventions collectives », se souvient Jean. Ils vont donc s’atteler à la tâche, en proposant « une plateforme qui permet de formaliser et de fluidifier au maximum le processus de recrutement, depuis le choix du salarié jusqu’aux déclarations sociales ». Après un an et demi de R&D, le service payant est lancé.

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Michael Dan, Gilles Van Caneghem, Nominoé Massot et Jean Despax, cofondateurs de Movinmotion

Une plateforme professionnelle pour la gestion sociale des intermittents


Movinmotion se présente tout d’abord comme un réseau social qui permet de gérer son profil personnel (formations, expériences, coordonnées, disponibilités), de rechercher des contacts et développer son réseau professionnel. Après, la plateforme s’adapte au profil des utilisateurs et aux relations employeurs-employés.

Aux employeurs, Movinmotion propose un carnet d’adresses pour importer leurs propres contacts et les gérer directement depuis leur espace. Ils peuvent effectuer des recherches parmi les autres profils de salariés présents sur la plateforme et créer des annonces d’emploi. Lorsqu’ils ont choisi leur collaborateur, le contrat d’embauche peut être édité automatiquement et hébergé sur la plateforme pour les deux parties. La moitié des utilisateurs utilisent les contrats standards proposés par la plateforme, qui peuvent être modifiés. L’autre moitié insère ses propres modèles de contrats. « On sait qu’en ce qui concerne les comédiens, les contrats sont revus au cas par cas », souligne par exemple Jean Despax. Movinmotion propose aussi l’édition du bulletin de salaire, et s’occupe de remplir les obligations sociales (déclarations et versement des cotisations) grâce à son système de télédéclarations et de télépaiements. Pour cela, les startupers ont rassemblé l’ensemble des documents administratifs, les conventions collectives et les formulaires. Cette simplification administrative passe par un tissage de relations juridiques et techniques avec les organismes sociaux. L’automatisation des processus fonctionne pour les dépôts des différentes déclarations : Déclaration Unique d’embauche (DUE) pour l’Urssaf, Attestation Employeur Mensuelle (AEM) pour Pôle Emploi (lequel a mis en ligne une page dédiée aux dépôts des fichiers AEM), bordereaux pour les Congés spectacles gérés par Audiens, etc. Movimotion exploite aussi les feedbacks. Ainsi, un dispositif alerte les utilisateurs en cas de non respect des délais, des minimas sociaux ou d’informations manquantes. Un simulateur de calcul de jours travaillés et de congés est également intégré.

En 2014, Movinmotion réussit son pari : dématérialiser 100 % du processus de recrutement, avec l’ajout de la signature électronique. Ce qui permet également de limiter le risque de requalification en CDI1 « La signature électronique est une bonne illustration de notre mission : offrir aux industries culturelles, pour leurs outils de gestion, un niveau technologique équivalent à celui dont disposent les grandes entreprises », se félicite Jean Despax. Pour certifier le processus de signature électronique, la startup a eu recours à des spécialistes, comme le cabinet Alain Bensoussan Avocats, ou la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC Arkhinéo) et son « coffre-fort électronique » connecté au cloud accessible aux utilisateurs. Autre avantage de Movinmotion, son interfaçage facile avec les outils propres des clients. La startup s’est d’ailleurs très vite tournée vers d’autres éditeurs de logiciels RH (Spaiectacle, etc.) pour construire des ponts et rendre les données exploitables dans d’autres systèmes.


Un prestataire de paie 2.0 aux vertus pédagogiques


Plus qu’une simple plateforme, la startup offre aussi un service de paie, mais ne pratique pas le portage salarial : « on est juste un prestataire de paie pour des structures qui peuvent embaucher des intermittents, comme peuvent le proposer les cabinets comptables par exemple. Les structures sont les employeurs, on ne se substitue pas à elles », précise Jean Despax. En effet, Movinmotion joue le rôle d’un intermédiaire qui réduit les risques d’erreurs, et permet aux sociétés de production de gagner du temps sur les tâches rébarbatives : saisie, organisation des formulaires, logistique de données, etc. Le tout est humainement contrôlé : deux chargés de paie valident l’édition des bulletins de salaires et les déclarations. Sur les 200 clients que compte la startup, « 95 % utilisent aussi le service de paie ». La startup prospecte peu : « la bonne gestion du service est notre meilleur argument commercial et notre client notre meilleur ambassadeur. Et aucun de nos clients ne nous a encore quitté », explique Jean Despax, reprenant ainsi la philosophie progiciel. Il faut dire que Movinmotion chouchoute ses utilisateurs. Elle met gratuitement les documents de paie à disposition des salariés dans un personnel sécurisé et s’est même dotée d’un blog sur lequel elle explique par exemple les risques du portage salarial, ou encore « ce qu’il faut savoir pour employer des intermittents du spectacle ».

Les syndicats et associations professionnelles, que les jeunes entrepreneurs ont rencontrés au moment de leur lancement, leur ont réservé un bon accueil : « ils apprécient la vertu pédagogique de la plateforme. Lorsqu’un employeur utilise Movinmotion, il visualise directement les libellés de postes auxquels il a le droit selon son activité, les minimas salariaux. On lui indique si le poste est cadre ou non cadre. On décortique et on explique les questions relatives aux cachets (groupés / isolés). Cela apporte une meilleure connaissance aux employeurs des conditions sociales, du droit du travail et des conventions collectives ».

La simplification et l’automatisation des tâches administratives séduisent. Les startupers ont reçu de nombreux soutiens, comme la région Ile-de-France et le Centre Francilien de l’Innovation qui « ont analysé le projet dans le détail et ont plébiscité l’innovation technique mais aussi l’innovation de service ». Puis se sont succédées des aides financières pour la création de services innovants (Paris Initiative Amorçage et Grand Prix de l’Innovation de la Ville de Paris, Institut Telecom de Mines Telecom, Scientipôle Initiative, la BPI) et des aides provenant du CNC, via la Commission des Aides aux Industries Techniques (CIT)). « Sans ces soutiens, on n’aurait pas pu assumer tout cette R&D », confie Jean Despax. Et la startup a été hébergée dans l’incubateur 104 Factory pendant 1 an et demi (« On voulait se rapprocher du spectacle vivant. Nous étions avec d’autres startups culturelles, on se sentait chez nous »). Elle s’est depuis installée dans le Studio Kremlin à Ivry-sur-Seine avec d’autres structures prestataires de l’audiovisuel.


De l’audiovisuel à la musique


Movinmotion s’adresse à tous les employeurs qui peuvent embaucher des intermittents et à tous les salariés eux-mêmes. En tant qu’éditeur d’applications en SaaS, Movinmotion cherche aussi à capter le plus grand nombre d’utilisateurs. Avec ses 5000 profils inscrits, elle mise sur le maintien de la plateforme générique même si quelques développements paramétrables peuvent répondre à des besoins spécifiques.

Pour 2016, Movinmotion prépare des évolutions. En plus de la gestion des avenants aux contrats et l’ajout de DUE complémentaires, l’interfaçage avec Spaiectacle va devenir réciproque. L’application permettait déjà d’exporter ses données vers Spaiectacle en format .csv pour générer les bulletins de salaires. En janvier, les documents générés par Spaiectacle pourront eux aussi être injectés dans le cloud de Movinmotion. Et les développeurs planchent déjà sur de nouvelles fonctionnalités : calcul des droits, des congés et des impôts, nouvel interfaçage avec Pole Emploi… Les professionnels de la musique représentent déjà 10 % des utilisateurs, enregistrement et spectacle confondus. Pour Jean Despax, l’ambition est claire : « on s’est d’abord concentrés sur l’audiovisuel, mais on a bien l’intention d’être plus présent sur le secteur de la musique à l’avenir ».

Par Fabrice Jallet
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