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Publié le lundi 1er février 2010
Musique enregistrée
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Midem 2010 et annonces institutionnelles : Qu’ont-ils dit ?
Rendez-vous des professionnels du business du disque, ce salon est aussi le moment des grandes déclarations des institutions de la filière. Panorama des annonces…
Le ministère de la Culture et de la Communication au Midem 2010
Le 24 Janvier 2010, c’est Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication qui a ouvert le feu des annonces. Lors de son discours aux professionnels. Il a, suite aux préconisations de la Mission « Création et Internet », proposé une "feuille de route" articulée sur quatre axes :
Développement de la consommation légale avec la Carte « musique en ligne » et une plateforme de référencement de l’ensemble de l’offre de musique numérique. Une cellule de travail pilotée par un chef de projet (à nommer) recueillera les propositions des professionnels qui permettront de définir une stratégie opérationnelle et les réformes inhérentes en fonction des contraintes technologiques, fiscales, juridiques et budgétaires. Les premières cartes seront disponibles avant l’été.
Simplification du régime de gestion des droits. Le ministre a lancé : "Il ne faut pas craindre une éventuelle solution du régime de gestion collective". Une concertation menée par Emmanuel Hoog définira un calendrier et des thèmes de travail avec toutes les parties concernées.
Favoriser l’investissement en faveur de la création pour que le secteur de la musique dispose des moyens nécessaires au financement des œuvres et au renouvellement des talents : barème de la rémunération équitable revalorisé (et qui devrait rapporter une cinquantaine de millions d’euros supplémentaires dans les cinq années qui viennent) ; crédit d’impôt en faveur de la production phonographique prolongé jusqu’en décembre 2012 et amélioré dès 2011 ; taille du Fonds d’avances aux industries musicales de l’Ifcic triplée (une majorité des avances est destinée au développement de la distribution numérique et des nouveaux modes de consommation légale de musique en ligne)
dimension européenne de cette réforme : "la Suède, la Grande-Bretagne, l’Espagne nous emboîtent le pas. […] Le formidable défi que constitue le développement de l’offre culturelle en ligne pour nos contenus culturels ne peut être pleinement relevé sans envisager la révision du cadre législatif communautaire applicable aux taux de TVA, afin d’ouvrir la possibilité aux États membres qui le souhaitent d’appliquer un taux réduit de TVA aux biens et services culturels."
Puis s’exprimant à propos de la diffusion de la musique à la radio et à la télévision, le ministre a rajouté : "La place de la musique à la télévision, et en particulier celle de la chanson française, est un enjeu fondamental. […] La télévision doit permettre la diffusion de concerts et de spectacles vivants. Les chaînes qui consacrent plus de 50 % de leur temps d’antenne à des diffusions musicales, y seront incitées dans les futurs décrets fixant leurs obligations, qu’il s’agisse du câble et du satellite ou de la TNT, sans pour autant que la part des vidéomusiques tombe en-dessous de la barre des 40 %. A cet égard, je souhaite que le service public soit exemplaire […] et je suis prêt, si nécessaire, à revoir le cahier des missions et des charges de France Télévisions sur cette question." Puis Frédéric Mitterrand a rappelé qu’il est "nécessaire que les professionnels de la musique et de l’audiovisuel réfléchissent ensemble afin d’inventer les programmes musicaux de la télévision de demain" et qu’il conduirait cette réflexion en étroite coordination avec le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA).
Télécharger le discours complet
La Sacem au Midem 2010
Le mois de janvier a été l’occasion pour la Sacem de prendre position sur des sujets comme la mission Zelnik, la gestion paneuropéenne des droits d’auteur…
Création musicale : bilan, perspectives, enjeux
Lors de sa conférence de presse, la Sacem a présenté un certain nombre de chiffres (consultables sur le document joint ci-dessous) avec un montant total des perceptions stable à 763,5 M€ dont les perceptions Phono Vidéo représentent 12%. S’exprimant au sujet d’Internet, il s’avère que ce n’est toujours pas le relais de croissance attendu : les droits encaissés ont été de 6,5 M € (moins de 1% du total des perceptions) pour un nombre croissant d’actes. Les 4 dernières répartitions ont donné lieu à plus de 409 millions d’actes de consommation en ligne, à la gestion de plus de 2,6 millions titres différents et à plus de 4,4 millions lignes traitées.
Heureusement, les droits généraux (concerts, spectacles, discothèques, sonorisation…) représentent 34% des perceptions, même si la bonne santé du spectacle vivant est très aléatoire et reflète une forte concentration du secteur. Ainsi, les 20 tournées les plus importantes génèrent à elles seules 25% du total des droits, alors que les perceptions à l’étranger progressent de 6,5% et s’élèvent à 77,8 M€.
La Sacem a cependant fait remarquer que : "la mission Zelnik passe à coté de l’essentiel et les auteurs, compositeurs et éditeurs de musique en sont les abonnés absents :
Aucune mesure n’est prise pour régler le problème immédiat des pertes de rémunérations pour les ayants droit de la filière.
Cette urgence est d’autant plus forte pour les auteurs, compositeurs , éditeurs qui, contrairement aux autres ayants droit de la musique, n’ont bénéficié de compensations d’aucune sorte."
Selon la société d’auteurs : "la proposition d’instaurer une contribution modulable prélevée sur les abonnements haut débit des FAI reste la seule réponse adaptée aux besoins économiques de ce secteur, et la seule qui pourrait bénéficier à tous les acteurs de la filière musicale."
Le Midem a été l’occasion pour la Sacem d’annoncer la signature de l’accord avec Wat.tv qui rémunèrera la Sacem pour les œuvres des auteurs, compositeurs et éditeurs que la Société d’auteurs représente : œuvres musicales, documentaires musicaux et clips, œuvres d’humour, de doublage et de sous-titrage, ainsi que poèmes et sketches.
Le Snep au Midem 2010
Comme chaque année, le Snep a profité du Midem pour évoquer les chiffres et faits marquants 2009 (cf. doc joint ci-dessous).
En 2009, le marché de gros de la musique enregistrée a représenté 587.8 millions d’euros, contre 607.2 millions d’euros en 2008 ; soit une baisse de 3.2 % par rapport à 2008 (contre ‐15% en 2008). Après quatre années de progression, le marché numérique enregistre une très légère régression en 2009. Il s’établit à 75.8 millions d’euros contre 77.2 millions en 2008.
Historiquement axé sur la sonnerie téléphonique, le marché numérique se repositionne sur le téléchargement (d’albums notamment) et sur le streaming.
En outre, un focus média a été l’occasion de faire divers constats sur la place de la musique à la radio et à la télévision (cf. doc joint ci-dessous).
Évoquant le rapport Zelnik, David El Sayegh, directeur général du Snep, a parlé de "mauvais diagnostic, donc de mauvaises réponses ». Pour autant, 2010 sera une année importante entre loi Hadopi contre le téléchargement illégal et carte musique…
L’UPFI au Midem 2010
La conférence de presse des indépendants a été l’occasion de rappeler que, comme pour bon nombre de professionnels, il existe une énorme attente de la carte musique, dixit Stephan Bourdoiseau : "c’est une mesure phare, concrète" qui va nécessiter une consolidation nécessaire dans cette tentative de construire le numérique. Pour Marc Thonon : "les CSP + consomment des albums et le pass musique sera l’occasion d’augmenter cette visibilité".
Réagissant à la proposition du ministre de la Culture d’élargir le crédit d’impôt au 1er janvier 2011, les indépendants ont demandé à ce que la mesure prenne effet au 1er janvier 2010.
Autre annonce, un partenariat avec Lagardère pour créer un top indé sur Virgin 17.
Interrogés sur la présence des indépendants sur le net, Jérôme Roger a déclaré : "sur Deezer, la part de marché des indépendants représente 40 % : ce qui est plus important que sur le physique…"
Le Bureauexport au Midem 2010
Gilles Paire a souligné que l’ensemble des acteurs de la filière musicale et des ministères ont permis de construire un maillage à l’international qui consacre l’essentiel de ses ressources à ces projets. Le numérique constituant une opportunité de développer les artistes à l’international.
Sophie Mercier, directrice du Bureauexport, a présenté les chiffres 2008, annonçant que les ventes physiques à l’export ont baissé de 5 % (une tendance qui est la même depuis 3 ans). L’explosion du digital est évidente, mais sur du single.
En comparant les chiffres de l’export au marché français, il s’avère que globalement le poids des ventes à l’export est devenu de plus en plus important. Les ventes physiques à l’export représentent 41 % du marché français et pour le digital : 86%, faits d’autant plus flagrant pour le jazz et la musique classique.
En termes de répartition géographique, les EUA deviennent le premier marché pour les ventes export (au lieu du Benelux), suite à une forte augmentation en 2 ans.
Sur les 12 meilleures ventes à l’export, 8 ont été aidées par le Bureauexport aux côtés de 230 autres artistes. En 2009, les artistes français sont partis à l’assaut des EUA et du Royaume-Uni, avec une présence dans les média rarement atteinte (EUA et RU concernent entre 50 et 70 % des aides financières à l’export). Au total sur tous les territoires couverts par les Bureauexports, il y a eu 4500 dates françaises.
Quelles sont les grandes orientation en 2010 ?
On retrouve l’importance du numérique avec un nouveau programme d’aide au développement numérique à l’international (subvention de 520K du ministère des affaires étrangères et européennes). Environ 300 000 euros vont venir aider tout ce qui concerne les aides à l’export dans le cadre du développement numérique.
Aides auprès de tous les marchés à l’export particulièrement le marché américain.
Renforcement du soutien financier : aide de la commission européenne pour mettre en place un European tour support : 1,4M sur 4 ans auquel participeront les autres bureau export en Europe…
Création de la commission export en lien avec le CNV.
Recentrage sur les 4 principaux pays de marché : fermeture du Bureauexport Barcelone (Mars) et Varsovie (Août),
Nouveau site internet au service des professionnels internationaux (artistes français en priorité à l’export, écoutes, etc.) et des membres du Bureauexport (demandes de subventions en ligne).
La Félin au Midem 2010
La Félin, toute jeune FÉdération nationale des Labels INdépendants, a tenté de faire entendre sa voix dans la pléthore d’annonces faites lors du Midem.
Selon la Félin : "Ces labels, le plus souvent des TPE (très petites entreprises) et associations, sont les garants du maintien de la diversité culturelle de ce pays ; ils sont les premiers "découvreurs de talents", défricheurs de sons. Ils sont la plus grande maison de disques de France, produisant 90% des nouveaux talents."
LA Félin a réagi dans le document ci-dessous aux propositions du rapport Zelnik, évoquant le fait que : "la Carte Musique semble plus une compensation aux producteurs les plus importants pour l’abandon de
leur position dominante en ce domaine. […] De même l’élargissement du Crédit d’Impôt dont la majorité de nos labels ne bénéficient pas (critère de la langue).
Aucune mesure ne va à l’encontre de la dévalorisation de la musique à laquelle participent notamment les sites de streaming. […] La fédération FELIN appelle à une véritable concertation de l’ensemble des producteurs, autour de tous les sujets, sans exclusive. Il en va de la diversité musicale représentée par des centaines de producteurs passionnés, produisant des
milliers de jeunes talents chaque année.
L’Adami au Midem 2010
L’Adami a annoncé que, pour l’année 2009, plus de 58 000 comptes artistes ont été crédités (+23% par rapport à 2008). Le montant total des rémunérations versées aux artistes est de plus de 41 millions d’euros (+17% par rapport à l’an passé grâce au maintien du volume des perceptions de la rémunération équitable et de la copie privée), à des régularisations (remboursement de prélèvement à la source, produits financiers), et droits en provenance de l’étranger.
L’Adami, dans un communiqué de presse a cependant rappelé les fortes attentes des artistes interprètes et salué le renforcement de la gestion collective (cf. doc ci-dessous). Bruno Boutleux a réagi assez vivement à certains propos en déclarant : "les positions dogmatiques prises contre la gestion collective, que certains ont comparé à un kolkhoze ou au régime nord coréen, sont des caricatures très choquantes".
D’autre part, Bruno Boutleux a annoncé confier une mission à Gilles Bressand, ancien p-dg du label XIII Bis, ex-président du Snep et aujourd’hui avocat pour réfléchir à un certain nombre de propositions à faire dans le cadre de la concertation entre pros à propos de la gestion collective.
Lors de cette conférence de presse, une enquête à propos des "AMI", les artistes musiciens interprètes, réalisée par Maya Bacache, Marc Bourreau, Michel Gensollen et François Moreau a permis d’avoir des éclaircissements sur la réalité économique des artistes (700) qui ont accepté de répondre à un questionnaire (cf. ci-dessous "Extraits des résultats de l’enquête").
L’ensemble de l’étude est consultable dans l’ouvrage Les musiciens dans la révolution numérique, Inquiétude et enthousiasme. Un ouvrage de la collection ®évolutic aux éditions Irma.
La Spedidam au Midem 2010
Pour la Spedidam, le Rapport Zelnik est : "un premier pas dans la bonne direction" et elle "se réjouit que le constat d’échec de la stratégie de l’industrie disque sur Internet ait amené cette mission à recommander le recours à la gestion collective des droits pour les services musicaux interactifs." On se rapportera au document joint ci-dessous.
Le Midem a été aussi l’occasion de présenter la synthèse d’une étude sur "Les activités et rémunérations des artistes interprètes de la musique et de rappeler les résultats de l’étude économique 2009 des manques à gagner des artistes interprètes de la musique (cf. ci-dessous).
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