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Accueil du site > Documentation > Focus > MUSIQUE SUR MOBILES Qu’en pensent les distributeurs et opérateurs ?

Article mis à jour le jeudi 16 septembre 2010
Article créé le mardi 3 février 2009

 
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Interviews

MUSIQUE SUR MOBILES
Qu’en pensent les distributeurs et opérateurs ?

Gilles Babinet, fondateur de Musiwave et partenaire du fonds de capital-risque Ventech, ainsi que Laurence Dolivet, responsable du pôle Musique de SFR, expliquent leur vision du marché et des services musicaux pour la téléphonie mobile.


Gilles Babinet

Fondateur de Musiwave, partenaire du fonds de capital-risque Ventech

« Les opérateurs n’ont pas été capables de mettre en place
un système de facturation intelligent »

Vous qui en avez été un des pionniers, que pensez-vous aujourd’hui de l’évolution du marché de la musique sur les mobiles ?
C’est un "marché suiveur", qui suit aujourd’hui tout ce qui se fait sur le Web, alors qu’il a longtemps été en avance entre 2002 et 2005. Mais il se fait aujourd’hui distancer par d’autres acteurs comme les réseaux sociaux et toutes les offres gratuites sur Internet. L’offre sur les mobiles est "over-pricée", "sur-DRMisée", et elle n’est pas très évoluée en termes de proposition de valeur. Il va falloir contourner la difficulté qu’il y a à utiliser la musique sur son mobile. Il y a encore beaucop de limites à cette utilisation.

Dans quel sens devrait évoluer selon vous l’offre de musique sur les mobiles pour que le marché décolle ?
Il n’y a pas d’offre miracle. L’approche d’Apple, qui se base sur la synchronisation de son combiné avec un ordinateur, reste la meilleure. Il faudrait bien arrêter de prendre le consommateur pour une vache à lait. Les titres sont vendus 0,99 € l’unité, mais si on télécharge depuis son mobile, on se voit facturer en sus le coût du transport de données, ce qui est une véritable escroquerie. Il faudrait mettre en place une offre personnalisée de type iTunes, un service synchronisable sur n’importe quel mobile. Sauf que pour les opérateurs, cela entrainerait une véritable révolution de leur modèle de revenus.

Quel est selon vous le véritable frein au développement de ce marché ?
Aujourd’hui, le marché est inexistant. Les constructeurs se sont révélés incapables de mettre en place une vraie plateforme open source, avec des standards super ouverts, en étant moins regardant sur les logiciels qui se développent. Et les opérateurs n’ont pas été capables de mettre en place un système de facturation intelligent. Apple a fait le boulot à leur place. Le milieu de la publicité, qui se voit lui aussi concurrencé par de nouveaux acteurs du fait de la baisse des coûts de production, est plus pragmatique et moins défiant à leur égard. Il les considère comme des partenaires à part entière, qui apportent une valeur ajoutée en termes d’interface avec le client, et ne les empêche pas d’exister.

*
Voir un reportage avec interview vidéo de Gilles Babinet sur Nouvo.ch
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Laurence Dolivet

Responsable du pôle Musique de SFR

« Nous sommes devenus un partenaire incontournable
des labels sur le terrain du numérique »

Quelle est la stratégie de SFR, aujourd’hui, pour booster le développement du marché de la musique sur les mobiles ?
Notre vision est qu’on ne peut se limiter à proposer du téléchargement à l’unité au client. C’est une approche insuffisante et banalisée. Nous devons lui proposer l’expérience la plus complète possible autour de la musique. C’est ce que nous faisons, par exemple, en diffusant des concerts en direct sur le Web et sur les mobiles, avec une possibilité d’interaction sur la réalisation (choix des caméras) et d’échange avec les autres personnes présentes dans la salle de concerts virtuelle. Nous sommes également de plus en plus présents sur les festivals les plus importants. Nous en sponsoriserons trois de plus cette année « Les Vieilles Charrues, Mars Attack et Nuits Sonores « ce qui nous permet d’obtenir des accords privilégiés en termes de captation et aussi de faire monter sur scène des nouveaux talents SFR.

Comment vous positionnez-vous vis à vis des labels et des artistes ?
Aujourd’hui, nous sommes devenus un partenaire incontournable des labels sur le terrain du numérique, à la hauteur de ce que pèse ce marché. Tout l’écosystème de l’artiste profite de notre implication en termes de marketing, d’apport financier via le sponsoring et de développement. Nous développons de plus en plus un partenariat de médias à même de valoriser l’univers des artistes, notamment à travers des initiatives comme la radio Attention Musique Fraîche, qui met en avant à la fois des artistes connus et des nouveaux talents. Nous sommes à la fois un média de masse, qui permet de toucher 18 millions d’abonnés, et un média interactif permettant d’entretenir une relation plus personnalisée avec le consomateur final.

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Voir la présentation vidéo des services SFR par Laurence Dolivet lors d’une conférence organisée par l’Irma sur la captation de concerts
Propos recueillis par Philippe Astor
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