Les onze points de la Pétition de l’Action pour la Diversité Culturelle

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Publié le jeudi 2 mai 2002

Intitulée :"La diversité musicale exige des mesures d’exception", retrouvez ci-dessous les 11 points pour la diversité culturelle

NOUS, artistes, auteurs, compositeurs, interprètes, producteurs, managers… NOUS affirmons que le public est curieux de nature et qu’il a besoin de diversité. En ce sens, nous ne nous reconnaissons plus dans la manière dont la musique est diffusée, à la radio ou à la télévision. NOUS voulons entendre à la radio plus de titres différents, plus de stations de radio différentes, et moins de matraquage systématique d’une même chanson. NOUS souhaitons que la programmation des radios soit fondée sur des choix artistiques et non sur la conclusion d’accords commerciaux entre maisons de disques et radios ou télévisions. NOUS demanderons au prochain Gouvernement et au CSA d’introduire la notion de diversité culturelle dans le cahier des charges des radios. NOUS voulons plus de musique à la télévision, de véritables émissions musicales, ne serait-ce que sur les chaînes de télévision du service public. Où sont les émissions de variétés qui permettent d’exposer l’ensemble des artistes, qu’ils soient connus ou moins connus. NOUS voulons au moins une chaîne musicale gratuite dans le bouquet numérique terrestre (TNT). Nous souhaitons que cette chaîne soit sélectionnée par le CSA en fonction de la capacité de l’opérateur à apporter une contribution significative à la diversité musicale dans ses programmes.

NOUS nous élevons contre la politique de produits dérivés mise en oeuvre par certaines radios et télévisions. Certes, des artistes ont pu émerger d’une émission de TV ou de radio, mais le déferlement de productions éphémères pollue le paysage musical. NOUS demandons aux Pouvoirs Publics d’être vigilants et de mettre fin à cette dérive en régulant les activités d’édition musicale ou de production phonographique initiées par les chaînes de télévision et les radios nationales. NOUS disons qu’il est temps de mettre un terme à la discrimination fiscale dont le disque est victime par rapport aux autres biens culturels, par la réduction du taux de TVA applicable. Nous demanderons donc au prochain Gouvernement de saisir, de nouveau, la Commission Européenne afin d’aboutir, enfin, à une issue positive sur ce dossier. L’exception culturelle doit être aussi fiscale. NOUS affirmons la nécessité d’aider la production musicale par la création d’un véritable fonds de soutien. Le cinéma et le spectacle vivant bénéficient déjà de systèmes d’aides dont l’efficacité a été démontrée. Les producteurs de disques proposent qu’une partie de la baisse de la TVA vienne alimenter un fonds de soutien à la production phonographique dédié essentiellement au secteur indépendant. NOUS ne sommes pas contre la publicité pour le disque à la télévision. Mais, nous constatons qu’elle focalise l’attention des téléspectateurs sur quelques titres au détriment d’un grand nombre d’artistes qui ne bénéficient pas d’une telle promotion. Nous souhaitons donc que le prochain Gouvernement entame une réflexion afin de déterminer les mesures nécessaires pour en corriger les effets pervers.