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Article mis à jour le mardi 9 septembre 2014
Article créé le lundi 30 août 2010

 
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Les musiciens sont-ils numériquement révolutionnaires ?

Le développement des techniques numériques bouleverse la filière musicale. Cette révolution impacte la production, la distribution, la création, la promotion… Gratuité, réseaux sociaux, crise du disque, on en a beaucoup parlé, mais comment réagissent les artistes ? Comment cela a-t-il changé leur métier ?
Au-delà des prises de position individuelles, l’étude Les Musiciens dans la révolution numérique montre qu’ils manifestent une véritable inquiétude tout en étant les premiers à s’emparer de ces techniques et des nouveaux modes de création et de diffusion. Cette analyse va jusqu’à distinguer cinq grandes familles organisées autour de la manière dont les musiciens s’insèrent, ou pas, dans cette nouvelle ère.

Réalisée à l’initiative de l’Adami, courant 2009, l’enquête a été menée auprès de 4 000 artistes représentatifs des membres de cette société [1]. Réalisée par des chercheurs du Cnam et de Telecom ParisTech (Maya Bacache, Marc Bourreau, Michel Gensollen et François Moreau), elle a été publiée par l’Irma. C’est à partir de cet ouvrage et d’un entretien complémentaire avec Marc Bourreau [2], Jean-François Dutertre [3] et Aymeric Pichevin [4], que nous revenons sur les analyses révélées par ces travaux.

Pour ses commanditaires, les objectifs de cette étude étaient multiples : dans un contexte politique et législatif complexe (difficultés d’application de la loi DADVSI, rapport Olivennes, rapport Zelnik, mise en place de l’Hadopi…), il s’avérait utile de mieux connaître la population des artistes et musiciens interprètes, mais aussi de préciser leurs rapports aux techniques numériques et à l’Internet, tant dans la production que dans la diffusion et la promotion de leurs œuvres. À l’arrivée, ces travaux révèlent, en grandeur nature, un pan rarement mesuré de cette composante du paysage musical français.

Une photographie très hétérogène

Avant d’aborder les questions numériques, cette enquête a permis de décrire la population des artistes et musiciens interprètes (AMI) en France. Elle vient bienheureusement compléter et conforter les rares études et analyses (P. Coulangeon, G. Guibert, M. Perrenoud…) de cette population, tous types de répertoire confondus et se décline de manière très complète sur de multiples entrées (situation, revenus, insertions contractuelles, activités…).

Chiffres clés du “descriptif” :
• 55% d’hommes
• moyenne d’âge : 47 ans
• 72% ont plus de 40 ans
• 28% font de la chanson/variété, 19,5% du pop/rock, 19% du classique
• 55% sont aussi auteurs-compositeurs.

Les artistes et musiciens interprètes ont un niveau d’éducation nettement supérieur à celui de la moyenne française : 37% des AMI ont fait des études supérieures, contre 11% pour l’ensemble de la population. Cependant, leur revenu est inférieur à celui du français moyen : 8% des musiciens touchent le RMI, un artiste sur deux gagne moins de 15 000 euros par an.
L’enquête confirme qu’une part importante de cette population est semi-professionnelle et qu’il est très difficile de vivre de sa musique. La plupart des musiciens interrogés exercent d’autres activités professionnelles, plus de la moitié d’entre eux tirant moins de 50% de leurs revenus de leur pratique musicale.

Revenus et intégration
L’enquête approfondit largement cette analyse et délivre de nombreuses données chiffrées permettant de décrire plus précisément le “métier” et sa construction professionnelle. 41% de cette population est intermittente et plus de deux tiers de ceux qui ne le sont pas expliquent que c’est parce qu’ils n’ont pas atteint le seuil des 507 heures.
Côtés revenus, la scène est la source de rémunération la plus commune (77%), devant les droits et les royalties provenant de ventes d’enregistrements (42%).
En termes de montants, la scène est la principale source de revenus pour 66% d’entre eux. 13% des artistes annoncent plus de 50 dates par an. Côté disque, 21% ont un contrat (24% en exclusivité, 25% sans exclusivité, 38% en licence et 10% en coproduction).

Source des revenus :Intégration dans la filière :
• 77% tirent un revenu de la scène
• 42% tirent un revenu des royalties
• 70% tirent un revenu des droits
• 34% de l’enseignement
• 59% ne bénéficient pas du régime de l’intermittence
• 21% ont un contrat avec une maison de disques
• 28 % ont un manager
• 31% ont un agent
• 52% n’ont pas d’éditeur pour leurs propres œuvres

La distinction entre musiques populaires et musique savante est toujours d’actualité, dans le sens où elle recouvre souvent une différence de statut professionnel. Le milieu des musiciens classiques fonctionne de manière sensiblement différente des autres genres musicaux : ils ont plus accès aux emplois permanents et tirent davantage de revenus de leur musique.
Le jazz se rapproche aujourd’hui de la musique savante. Ses formes d’organisation sont proches du classique. L’enseignement notamment y est une des deux principales sources de revenus.

Pratiques numériques : entre menaces et opportunités

Quel que soit leur âge ou le genre musical, l’enquête montre que les musiciens se sont largement emparés du numérique et ont un usage intensif et professionnel d’Internet : ils sont 89% à être raccordés à Internet en haut débit, contre 58% dans la population française dans son ensemble. 74% d’entre eux ont une page web (ou MySpace). Parmi ceux-ci, 87% s’en servent pour informer sur leurs dates de concerts et la majorité d’entre eux y proposent également d’écouter leurs titres en streaming, d’acheter leurs CD ou de visionner leurs clips vidéo.

L’inquiétude liée au piratage.
Le débat fut large, ces derniers mois, sur la vision des musiciens vis-à-vis du numérique, notamment par rapport à la question du piratage. De fait, les positions sont loin d’être unanimes, même si l’inquiétude prédomine.
Selon cette étude, environ 60% des AMI considèrent que le piratage a eu un effet assez ou très négatif sur leurs ventes de CD. Par ailleurs, plus des deux tiers sont dérangés par le fait que leur musique soit mise en partage sur les réseaux de pair à pair (10% des artistes en partage en sont "ravis").

Mais l’étude permet de préciser que, si les musiciens sont très opposés au piratage, c’est aussi parce que cette perte de revenus n’est pas compensée par l’accroissement du public et les concerts. Plus précisément, on remarque, de façon assez logique, que la tolérance vis-à-vis du piratage correspond à la perception du métier (artistes "conformistes" ou "artisans" versus artistes "innovateurs").

De fait, les AMI ne sont pas opposés aux nouvelles technologies, puisqu’ils sont les premiers à utiliser Internet, beaucoup plus qu’on ne le croit, à la fois pour échanger entre professionnels, proposer leurs créations et annoncer leurs concerts (vitrine, vente), communiquer avec leurs fans… Selon eux, l’effet le plus positif du numérique réside dans l’élargissement du public qu’il permet. Mais cette évolution ne se traduit pas en termes de rémunération : pour 84% des interrogés, Internet n’a pas permis d’augmenter leurs revenus du côté de la musique enregistrée.

L’autoproduction : de la nécessité à la stratégie.
En parallèle, le numérique a accéléré un phénomène déjà constaté par Aymeric Pichevin dans son étude, L’artiste producteur en France (voir colonne de droite) : l’autoproduction.

60% des AMI interrogés utilisent un home studio et 50% ont autoproduit un enregistrement dans les trois dernières années. Ils sont même 60% à envisager de le faire dans les 5 prochaines années. On distingue deux principales motivations pour s’autoproduire : soit par contrainte économique, soit par choix (motivation réelle de musiciens qui pourraient passer par une maison de disques mais font le choix de l’autoproduction, notamment parce qu’elle peut aboutir à des projets plus contrôlables).

Ainsi, même si elle ne se traduit pas en termes de revenus, la révolution numérique apparaît comme un moyen d’expérimenter, d’inventer une nouvelle approche à travers les moyens d’autoproduction ou de distribution numérique.

Reste que, comme le rappelle Aymeric Pichevin : "ceux qui font le choix de l’autoproduction sont ceux qui ont les moyens de le faire. Si on peut avoir un contrat d’artiste dans une maison solide, on y va encore, quand on est un artiste pas trop développé."

Pour Jean-François Dutertre, cette attitude est logique, car le développement d’artistes passe encore majoritairement par les maisons de disques. Pour autant, celles-ci étant de moins en moins nombreuses, les artistes font face à un goulet d’étranglement. La difficulté résidant plus dans la distribution que dans l’enregistrement, ils ont aussi tendance à préférer l’autoproduction à un contrat dans un petit label.

Les cinq familles
À partir de ces réponses, les auteurs de cette enquête ont cherché à synthétiser leurs résultats en proposant une catégorisation des AMI. Basée sur l’analyse des correspondances multiples, elle aboutit à la distinction de cinq “familles” typologiques :
- Les "élus" : ils représentent 5% de la population et gagnent plus de 60 000 euros par an. Pour eux, la numérisation est moins déterminante que pour les autres.
- Les "artisans" : 20% de la population. Ils sont peu numérisés, et pour eux le métier s’apparente à « connaître et appliquer de façon créative des règles complexes de composition ou d’interprétation ». Ils parviennent plus ou moins à vivre de leur musique (entre 15 000 et 60 000 euros annuels).
- Les "professionnels" (un peu moins de 20%) ont franchi le cap de la numérisation. Ils sont bien insérés dans la filière et sont souvent sous contrat avec une maison de disques.
- Les "innovateurs" (25%), fortement numérisés, souvent en autoproduction et dans une situation financière délicate. Pour eux, le métier consiste à « inventer des formes nouvelles ».
- Les "exclus" (29%), peu actifs, peu numérisés et rencontrant peu de succès.

La dimension 1 (axe horizontal) correspond à la dimension "innovation" : à gauche se situent les artistes qui se sont le plus emparés des nouvelles technologies.
La dimension 2 (axe vertical) rend compte du succès de l’artiste, notamment en termes financiers.

Dans les 5 familles ainsi distinguées, "innovateurs" et "exclus" sont les plus nombreux et ont des difficultés à gagner correctement leur vie.

On aurait pu croire que le numérique ferait renverser l’adage "beaucoup d’appelés et peu d’élus", mais finalement, le nombre de musiciens à grand succès reste très restreint. Numérique ou pas.

Par contre, Marc Bourreau témoigne qu’on assiste à une "rupture entre des artistes très peu numérisés, et les autres" en précisant que cette distinction est liée à un type de pratique et au positionnement par rapport à la filière plutôt qu’à l’âge.
Plaçant ces classifications dans une perspective d’évolution, il estime que "les innovateurs" sont amenés à devenir des professionnels, ajoutant que "les artisans" (souvent des musiciens classiques) constituent par contre une niche.

Mutatis mutandis

La prise en compte de la distribution numérique fait encore débat au sein des sociétés de gestion collective.
Avec cette étude toutefois, l’Adami a été amenée à réviser les critères de ses commissions d’adhésion. Jusqu’à présent, il était demandé un code barre sur le support ou une copie de l’autorisation de pressage de la SDRM. Aujourd’hui la commission d’admission a modifié ses règles et admet désormais une commercialisation sur Internet, à condition qu’il y ait une réelle distribution (un contrat avec un distributeur numérique), une copie d’écran pour la certifier, et des états de royalties.
En parallèle, les organismes d’aide ont modifié leurs critères, jusque-là strictement limités aux supports physiques. Le FCM par exemple accepte désormais de prendre en compte une distribution complètement numérique à condition que le distributeur soit en mesure d’assurer une distribution physique.

Pour Jean-François Dutertre, le numérique "a un impact en terme de facilité d’accès, d’économie… cela va permettre des économies d’échelle et ça change la façon de travailler." Mais la "révolution" est-elle aussi rapide qu’on le pense ?
Concernant la communication et les médias, même si les supports numériques sont de plus en plus établis, un lien vers une page MySpace ou vers un blog doit souvent être accompagné par d’autres supports pour apparaître crédible, légitime. Les supports physiques font encore partie des critères discriminants des programmateurs.
Pour les artistes, si la première "démo" est de plus en plus dématérialisée, l’insertion dans la filière, au niveau économique et professionnel, s’établit encore majoritairement avec un support physique.

Dans un tel contexte, on ne peut que regretter que l’offre numérique apparaisse dégradée par rapport à l’offre physique. Ce qui fait dire à Jean-François Dutertre que "pour le moment, l’offre numérique proposée n’est pas innovante, et ce qui est vendu est insuffisant". La révolution ne fait que commencer.

Camille Gillet



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Les ouvrages de la collection ®évolutic :
- Musique 2.0, solutions pratiques pour nouveaux usages marketing, Borey Sok
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La collection ®évolutic s’est définie comme “une tribune pour discuter de la nouvelle économie appliquée à nos musiques. Elle a pour objet de proposer des pistes et des solutions en la matière. Les sujets portent aussi bien sur les évolutions que sur les révolutions du secteur dues à l’incidence des nouvelles technologies d’information et de communication, les NTIC. Cela peut ainsi concerner les nouvelles pratiques comme les nouveaux usages, en terme de marketing, modes de consommation, pratiques musicales, promotion, métiers…”.

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[1] Pour être artiste associé de l’Adami, l’artiste doit faire preuve d’un enregistrement commercialisé et distribué, devenir membre de l’Adami et être agréé par une commission. Celle-ci vérifie que le musicien est soliste (s’il a un contrat d’exclusivité). Il s’agit donc d’une démarche volontaire dans laquelle l’enregistrement et sa commercialisation priment. L’Adami compte aujourd’hui 24 000 associés, tous secteurs artistiques confondus. L’enquête s’appuie sur 700 réponses exploitables à un questionnaire très complet.

[2] Économiste et chercheur à l’Institut Telecom Paristech, Marc Bourreau est l’un des auteurs de cette enquête.

[3] Jean-François Dutertre est délégué général de l’Adami.

[4] Journaliste et consultant, Aymeric Pichevin a réalisé, pour l’Adami, une étude sur l’artiste-producteur.

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Retour sur l’Artiste producteur en France en 2008,
étude d’Aymeric Pichevin pour l’Adami

Définition : "Plus que celui qui finance la bande master, l’artiste-producteur est celui qui possède son master, quelle que soit la manière dont elle a été financée".

Cette étude, réalisée pour le compte de l’Adami, analyse un phénomène peu étudié, qui modifie sensiblement la physionomie de la production musicale. Dans cette évolution des pratiques, le numérique et les outils Internet ont un rôle qui va croissant (autopromotion et autodistribution). Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette montée en puissance : le contexte de crise, qui entraîne un rétrécissement du marché, la multiplication des outils technologiques et leur plus grande accessibilité, une volonté des artistes de contrôler leur création…

Choix artistique ou contrainte ? Si certains artistes en développement disposant d’un potentiel commercial affirmé commencent à faire le choix de l’autoproduction (on estime le nombre de disques autoproduits dans le cadre d’un projet professionnel à 6000 par an, et près de 60% des artistes membres de l’Adami prévoient de s’autoproduire dans les années à venir), il semble tout de même que cette tendance soit en partie induite par la raréfaction des opportunités en maisons de disques. A travers une enquête qualitative et un recueil de statistiques, Aymeric Pichevin tente de dessiner les contours du phénomène, ses conséquences, ainsi que ses limites, notamment en termes de qualité de production, de diffusion et de rentabilité économique. Il envisage enfin la corrélation entre autoproduction, nouvelles formes de collaborations, et émergence de nouveaux partenaires.

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Pour aller plus loin

- Création et Internet, Rapport de la mission Zelnik sur le développement de l’offre légale culturelle, ministère de la Culture, 2010.

- Coulangeon Phillipe, Les Musiciens interprètes en France, portrait d’une profession, La Documentation française, 2004.

- Donnat Olivier, Les Pratiques culturelles des Français à l’ère numérique, Deps, ministère de la Culture / La Documentation Française, 2009.

- Étude économique 2009 des manques à gagner des artistes interprètes de la musique, Spedidam.

- Entretien Adami/Snep sur Les revenus de l’artiste – in Le Sagère Stéphan Profession Artiste (annexe 15), Irma, 2007.

- Guibert Gérôme, Migeot Xavier, Les dépenses des musiciens de musiques actuelles/amplifiées – in La Scène HS d’avril 1999.

- Hennion Antoine, Figures de l’amateur. Formes, objets et pratiques de l’amour de la musique aujourd’hui, La Documentation française / DEP, 2000.

- Le Sagère Stéphan, Coulangeon Philippe, Guibert Gérôme, table ronde Le musicien de musiques actuelles – in Profession Artiste (annexe 14), Irma, 2007.

- Martin Alban, Et toi, tu télécharges ? Industries du divertissement et des médias à l’ère du numérique, Pearson, 2010.

- Menger Pierre-Michel, Le paradoxe du musicien - Le compositeur, le mélomane et l’Etat dans la société contemporaine, L’Harmattan, 2002.

- Menger Pierre-Michel, Portrait de l’artiste en travailleur - Métamorphoses du capitalisme, Seuil, 2003.

- Musique enregistrée et numérique : quels scénarios d’évolution de la filière ? Deps, ministère de la Culture, coll. "Culture prospective", 2007.

- Olivennes Denis,Le développement et la protection des oeuvres culturelles sur les nouveaux réseaux, ministère de la Culture, 2007.

- Perrenoud Marc, Les Musicos, enquête sur les musiciens ordinaires, La Découverte, 2007.

- Pichevin Aymeric, L’artiste producteur en France en 2008, Adami, 2008.

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D’autres focus,
à (re)lire autour de ce sujet…

- LA DISTRIBUTION NUMERIQUE - Mécanismes et tendances – Juin 2010.

- LE RAPPORT ZELNIK À L’ÉPREUVE DU MIDEM - Les professionnels réagissent et commentent - Février 2010.

- QUELS ARTISTES DEMAIN ? Artistes 2020 : quelques pistes de réflexion – Octobre 2009.

- VIVRE DU JAZZ - Enquête sur les conditions économiques d’exercice du "métier" de musicien de jazz aujourd’hui en France - Mai 2008.

- MUSICIEN : PORTRAIT D’UNE PROFESSION - Les mille et un métiers du musicien – Novembre 2007.

- MUSIQUE & NUMERIQUE : LA CARTE DE L’INNOVATION - La Fing rétablit le dialogue pour envisager l’innovation – Mars 2007.


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