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Publié le lundi 30 avril 2007
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A l’heure où l’inquiétude est renforcée après la publication des chiffres de vente de musique enregistrée en France (-25,6% pour le CD et -2,3% pour la musique en ligne sur le premier semestre 2007), les producteurs discographiques réclament un soutien plus important de la part des fournisseurs d’accès Internet (FAI), tant en terme financier (comme le cinéma depuis peu) qu’en matière de prévention.
Il ne s’agit pas de ressusciter la licence globale après l’avoir tant critiqué il y a à peine plus d’un an. Mais les producteurs sont inquiets et veulent pouvoir s’appuyer sur les FAI pour sortir la tête de l’eau, comme les FAI se sont appuyés sur le marché de la musique pour se développer.
Car les derniers chiffres donnent la grise mine aux labels et maisons de disques : pendant le premier semestre 2007, le marché de la musique enregistrée a à nouveau chuté de 24% pour atteindre 172 millions d’euros de chiffre d’affaires. Si le marché du CD continue à dégringoler, pour la première fois celui de la musique en ligne s’effrite et baisse… alors qu’on annonçait il y a moins de deux ans qu’en 2010 le CA du numérique compenserait la perte du marché physique ! Avec cette baisse de revenus, c’est tout le secteur qui broie du noir, d’autant que les voisins européens s’en sortent mieux (-4% au Royaume-Uni, -1% en Allemagne) et que les échanges P2P semblent stagner. La filière cherche donc des solutions, comme en témoignent les derniers travaux de la Fing ou du DEPS.
Dans ce contexte, les producteurs, majors comme indépendants, estiment que les FAI ont un rôle à jouer.
Récemment, Hervé Rony, directeur du Snep, a exprimé dans une interview certaines critiques : "Les FAI n’ont pas assez fait d’efforts. Ils doivent davantage informer les internautes des risques liés au piratage". Il regrette aussi au passage que l’AFA (association des fournisseurs d’accès et de services Internet) n’ait pas souhaité être partenaire de l’initiative PromusicFrance, portail de promotion de la musique en ligne.
Un autre évènement a aussi remis au goût du jour la participation financière des FAI au marché de la musique. Fin janvier, à l’occasion du vote de la loi sur la "télévision du futur", il a été prévu que les FAI contribuent au Cosip, compte de soutien des industries de programmes. Ainsi, l’industrie du cinéma, via notamment le CNC, va pouvoir profiter de 8 millions d’euros supplémentaires à partir de 2008.
Le secteur musical n’a pas réussi à prendre le même wagon que celui du cinéma. Il ne touche toujours rien des FAI qui ont pourtant largement utilisé la musique (payante ou non) dans leurs arguments et leurs offres commerciales. Les maisons de disques, l’Upfi et les indépendants en tête, souhaitent, sans parler de licence globale, qu’une part du chiffre d’affaires des FAI soit prélevée pour financer la création musicale, notamment les productions locales.
A défaut d’être logée à la même enseigne que le cinéma, la musique compte bien se servir de cet exemple pour obtenir une perception, comme un juste "équilibre" des choses.
Avec la crise du disque, on a d’abord raisonné "transfert", les ventes numériques devant compenser la perte sur le physique. Puis, rapidement, on a bien compris que de nouveaux comportements s’installaient et que c’est une mutation globale qui allait s’opérer.
Quand Apple et iTunes ont débarqué, une révolution industrielle du téléchargement s’est engagée. De nouveaux acteurs se sont positionnés en interfaces entre le vieux et le nouveau monde.
Depuis, la distribution numérique progresse inexorablement. Elle explore les débouchés inconnus, adapte les savoir-faire aux environnements de demain et porte l’espoir d’un renouveau économique.
Entre métiers et marchés, focus sur la distribution numérique.
Cinq distributeurs - Idol, Believe, Yozik, Jamendo, Toolbox - un journaliste spécialisé - Frédéric Neff et le co-fondateur d’une société de conseil - Aymeric Pichevin - évoquent pêle-mêle les joies du métier, les services monétisables, l’évolution des ventes et du streaming, l’essor des vidéos musicales, l’équilibre et les déséquilibres du marché…
Pascal Bittard, président fondateur d’Idol
Romain Becker, chef de projet Vidéo chez Believe Digital
Henri Pierre, gérant de Yozik
Pierre Gérard, cogérant de Jamendo
Christophe Brunel, responsable de production chez Toolbox
Frédéric Neff, journaliste et blogueur spécialisé
Aymeric Pichevin, journaliste à Billboard et cofondateur de Home