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Publié le vendredi 4 mai 2012
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Lors du dernier Printemps de Bourges, le Pôle a présenté sa dernière enquête Flash sur les développeurs d’artistes en région Pays de la Loire. Cette enquête fait ressortir les spécificités et les difficultés de ces métiers, leviers de développement pour les artistes, mais dont l’économie est précaire.
Cette enquête réalisée par Emmanuel Parent, chargé de l’observation au Pôle, présente les grands axes des métiers dits de "développeurs d’artistes" en Pays de la Loire en 2010. En voici un résumé avec quelques extraits, la totalité de l’enquête étant disponible sur le site du Pôle.
QUI SONT LES DÉVELOPPEURS D’ARTISTES ?
Une multitude de petites entreprises qui, avec les musiciens, développent les projets artistiques et les aident à se structurer.
Les développeurs d’artistes sont économiquement des intermédiaires de la
musique. Ils font partie de l’environnement professionnel des artistes et œuvrent à leur insertion professionnelle dans la filière. En fonction de leur histoire et de leurs compétences, ces acteurs économiques ont développé des activités sur un spectre très large : management, tour, production discographique, pédagogie,
édition, promotion, administration… Mais au-delà de leurs spécificités, ils ont en commun de travailler au quotidien avec les musiciens au
développement de leurs projets artistiques.

SCÈNES LOCALES ET LOGIQUES DE PROXIMITÉ
Ce qui singularise les développeurs d’artistes par rapport
aux autres producteurs de spectacles, c’est avant tout leur
proximité géographique avec les artistes de leur catalogue.
La quasi-totalité des groupes issus de l’échantillon sont
installés en Pays de la Loire (84 %). (…) On parle alors de « scènes
locales ». À l’opposé d’une culture mainstream fabriquée
dans les grandes métropoles et diffusée avec les moyens de
communication de masse, les scènes locales se conçoivent comme de véritables filières en microcosme, qui permettent
à des expressions culturelles alternatives d’exister de façon
plus ou moins autonome.
LE POIDS ÉCONOMIQUE DES GROUPES EN DÉVELOPPEMENT
Les spectacles
des artistes des développeurs se vendent deux fois moins
cher que ceux des catalogues des producteurs nationaux.
Il en va de même pour les recettes de billetterie lorsque
les développeurs produisent eux-mêmes les concerts. (Pour les développeurs d’artistes, 88 % des dates
sont vendues à des lieux organisateurs, et 12 % sont
directement produites).
Les festivals et les petits lieux constituent les deux
premiers réseaux de diffusion (soit 55 %). Quant aux
lieux de diffusion spécialisés comme les SMAC, ils semblent
plus difficile d’accès pour les développeurs d’artistes.
LES MODÈLES ÉCONOMIQUES
Les développeurs d’artistes ont des fonctionnement variés.
Mais on peut tenter d’analyser globalement leur modèle
économique. Les recettes propres couvrent 75 % des
charges. Les 25 % restant reposent sur les subventions,
les aides des sociétés civiles et les aides à l’emploi. Sur
les recettes, on peut isoler les produits liés à la production
(5,5 %), les produits liés à la vente de contrats de cession (31,5%), et enfin les produits liés aux prestations de services (37,75 %).
L’EMPLOI ET LES RESSOURCES HUMAINES
Précarité de l’emploi : on mesure la précarité économique des développeurs
d’artistes à la difficulté qu’ils ont à rémunérer les
permanents sans aides à l’emploi. Seulement 20 % du
temps de travail des développeurs d’artistes eux-mêmes
est rémunéré sur une base classique d’emploi au régime
général non aidé.
Salaires et coût horaire : avec 65,5 % des charges consacrées à la masse salariale, le cœur de l’activité des développeurs d’artistes est
l’emploi.
Le coût-employeur moyen
d’une heure de travail chez les développeurs est de 17,60 €,
soit très proche des taux minimums conventionnels.
440 bénévoles recensés pour 5 emplois temps-plein, dont 80 bénévoles
actifs s’investissant sur un volume horaire équivalent à
3,75 emplois à temps-plein. En réalité, le bénévolat est
là au démarrage de l’activité, puis s’estompe à mesure que
le modèle économique se stabilise.
LE POIDS DES DÉVELOPPEURS DANS LA FILIÈRE
Il
apparaît que sur l’ensemble des producteurs de spectacles
musiques actuelles installés en Pays de la Loire sur l’année
2010, les développeurs d’artistes représentent 21 % de
l’ensemble des chiffres d’affaires cumulés des producteurs
de spectacle vivant musiques actuelles en Pays de la Loire
(19 millions d’euros).
Mais si l’on considère l’emploi généré, en équivalent temps-plein, la balance est toute autre, puisque les développeurs
d’artistes pèsent près de 50 % de l’emploi total généré par
les producteurs de spectacles en région (et 48 % de l’emploi
artistique).
Entre autres conclusions, l’enquête pointe notamment un des enjeux des développeurs d’artistes, à savoir son positionnement dans la filière et les soutiens à leur égard : "Le travail des développeurs d’artistes bénéficie à des entreprises structurellement plus importantes qui récupèrent les projets artistiques une fois un certain seuil de notoriété franchi (…). Ceci pose précisément la question de la solidarité interne à la filière. À la différence de ce qui peut se passer par exemple dans le domaine du sport avec les centres de formation, la valeur créée autour des artistes par les développeurs ne fait pas l’objet d’une rétribution une fois que les projets artistiques génèrent enfin des revenus plus conséquents. Les développeurs d’artistes ne devraient-ils pas systématiser des formes de contractualisation avec les artistes en début de carrière, pour intégrer une logique de rétribution a posteriori de la contribution active de ces derniers à la valeur du projet artistique ? Les développeurs d’artistes sont également peu concernés par les formes de redistribution, ou d’auto-régulation existantes au sein de la filière. Dans un contexte institutionnel marqué par l’arrivée du Centre National de la Musique, peuvent-ils imaginer être mieux pris en compte ?"
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