Les biens culturels représentent 23% du CA des plateformes Internet

Économie

Le Gesac (Groupement européen des sociétés d’auteurs et compositeurs) rendu publique hier une étude, relayée en France par la Sacem, la SPPF, la Scam, la Saif, l’Adami et la Spedidam, afin d’évaluer la contribution des biens culturels à la valeur économique des plateformes internet.

Qui sont les intermédiaires de l’Internet ? Quels sont leur modèle économique, pour quel chiffre d’affaires ? Comment et à quel niveau les biens culturels participent-ils à leur création de valeur ? Afin d’évaluer la contribution des biens culturels à la valeur économique de ces plateformes, les représentants des sociétés d’auteurs ont confié une étude au cabinet Roland Berger, commandée par le Gesac et rendue publique hier, mercredi 28 septembre. Et le constat est clair : le succès et la domination de ces plateformes sur le marché sont fondés sur l’exploitation des contenus culturels, entraînant une valorisation élevée de ces entreprises, même lorsque leurs revenus ne sont pas élevés. et les fruits n’en sont pas vraiment partagés… L’occasion pour Hervé Rony, directeur général de la Scam, de rappeler que "les deux combats à mener sont le partage de la valeur et la perception des droits".

Les plateformes Internet réalisent ainsi 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires en Europe, dont 88% pour le moteurs de recherche et les réseaux sociaux (un chiffre qui ne comprend pas le poids du piratage, ni le CA de Weezer ou Spotify, ni les accords signés…) Elles représentent 80% des revenus publicitaires sur Internet. Quatre grands types d’usage ont été identifiés par l’étude : l’accès (téléchargement, streaming), le e-commerce, les réseaux sociaux/forums et les encyclopédies. Ainsi, les biens culturels représentent 30% des sites visités via Google, 42% des actions Facebook (dont 28% concernent un accès direct aux oeuvres). Au total, les biens culturels contribuent directement à 23% du chiffre d’affaires des plateformes Internet.

Sur cet impact direct des contenus culturels sur la création de valeur explicite, Jean-Noël Tronc, directeur général de la pacem, a rappelé que pour les agrégateurs de contents et les plateformes, il existe des contrats, contrairement aux moteurs de recherche, médias sociaux et bibliothèques personnelles, qui représentent l’essentiel de la valeur. Autant de données et d’arguments qui serviront pour les discussions sur la directive européenne sur le droit d’auteur, actuellement à l’étude. Pour Jean-Noël Tronc, "il n’y a pas de problème avec les exceptions culturelles et le droit d’auteur en Europe, il y a juste une exception numérique. La Commission européenne a ouvert la porte, dans sa dernière recommandation, à la possibilité que les grandes plateformes du web en viennent à respecter les règles du marché européen et du droit d’auteur". Pour Bruno Boutleux, directeur de l’Adami, "la directive doit permettre de passer d’une logique de partenariat avec les opérateurs du web à un encadrement juridique suffisant pour que nous puissions négocier avec eux en tant que partenaire".

Ce rapport est basé sur des informations et chiffres disponibles publiquement, ainsi que sur des études d’usages, menées spécialement pour ce rapport, dont 2 en France (étude d’usages Google en février 2015 et étude d’usages Facebook en mars-avril 2015) et 2 en Italie. Dans le cas où les données chiffrées ne sont pas disponibles publiquement (par exemple, revenus par pays pour la plupart des acteurs considérés), Roland Berger a établi des estimations, en utilisant les données disponibles publiquement (telles que population, nombre de foyers, part de la population connectée, marché de la publicité en ligne,…).


>> Lire l’étude :
LE POIDS DES BIENS CULTURELS POUR LES GÉANTS DU NET