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Publié le lundi 17 septembre 2012
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Dans un communiqué, Les Allumés du jazz saluent l’abandon du projet de Centre national de la musique, basé selon eux sur "le dérisoire concept de « filière musicale »", et demandent à être reconnus comme "de véritables artisans amoureux de leur authentique métier."
COMMUNIQUÉ

Le projet Centre National de la Musique, serait abandonné, on s’en réjouira. L’association de préfiguration de ce Centre National de la Musique, elle, continuera à être entendue, on se demande bien pourquoi et au nom de quelle compétence.
La sinistre aventure du Centre National de la Musique, entreprise de normalisation faisant émerger un dérisoire concept de « filière musicale », mot béquille dont chacun se gargarise à foison comme s’il signifiait quelque chose, aura atteint un triple but : confusion, désarroi et faux-semblants sont devenus les pénibles atours de nos activités.
Comment considérer une industrie qui a été incapable d’imposer le prix unique du disque ou la tva réduite à 5,5%, pour faire de ce disque un objet comparable au livre (qui lui bénéficie de ce régime depuis 30 ans) ? Comment considérer une industrie qui n’a eu de cesse de s’emparer des plus petits dénominateurs communs, brocardant la musique pour des profits toujours plus forts, la minimisant à l’extrême, la staracadémisant, pour en faire au mieux un objet-cadeau de la technologie soudain plus juteuse ? Comment pardonner une industrie, si peu soucieuse de création, qui soudain s’en prend à des gamins-pirates pour excuser son infinie négligence ?
Décidément non ! Comme nous l’écrivions dans notre communiqué du 1er juillet, nous n’avons rien à voir avec cette supposée « filière musicale », nous avons à voir avec le monde, ses joies et ses souffrances, avec tous ceux qui œuvrent en ce sens. Là est notre « corporation » ! Là est l’endroit où notre petitesse est grande, où nous pouvons être reconnus, défendus, aidés.
L’abandon du Centre National de la Musique génère un concert de protestations effarouchées ou faisant mine. On y reconnaîtra peu de musiciens. Impossible de nous associer à ces cris si peu musicaux et vaguement criminels qui prétendent que « La France est en retard sur les autres pays qui eux n’ont pas peur du marché, l’avenir de la culture c’est le marché ».
Pour nous, cet abandon est la moindre des choses. Mais la moindre des choses ne permettra rien de plus tant que nous ne serons pas considérés pour ce que nous sommes : de véritables artisans amoureux de leur authentique métier et conscients de ce qu’il peut encore pour le monde.
À ce titre, nous souhaitons être entendus, véritablement entendus.
les allumés du jazz
all.jazz@wanadoo.fr
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Simon Baldeyrou, directeur général de Deezer
Denis Ladegaillerie, président fondateur de Believe
Yves Riesel, fondateur de Qobuz (à venir)