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Publié le mardi 28 juin 2005

 
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Compte-rendu

Les agents artistiques s’inquiètent de la mise en application de la directive Bolkestin

A l’issue de la table ronde organisée par l’AVJ (Chambre syndicale des agents artistiques de variétés & jazz) à propos des changements que va entraîner la mise en application de la directive sur les métiers du spectacle, les agents semblent préoccupés mais bien seul dans leur combat.

Voilà le premier constat que l’on peut établir à l’issue de la rencontre tenue le 23 juin 2005 entre les représentants de l’AVJ et les quelques invités ayant répondus à leur appel : que devient le spectacle vivant en France après la très probable validation par le conseil européen de la directive sur les services, dites "directive Bolkestin" ?

En effet, l’application de cette directive anime les craintes des agents artistiques, comme c’est aussi le cas pour de nombreuses autres professions. Ce texte, qui vise à la libre circulation des services entre les pays membres de l’union européenne, prévoit notamment qu’en matière d’emploi à l’étranger, c’est la législation du pays d’origine qui prévaut. On comprend vite qu’en matière de spectacle, produire, par exemple, un artiste polonais en France reviendrait beaucoup moins cher que s’il s’agissait d’un artiste français. Dans ce schéma, le théâtre semblerait moins touché, mais quid des musiciens ou danseurs français ?

Comme ce fut rappelé lors de cette table ronde, la mise en place de cette directive est en marche depuis juillet 2002 et le ministère de la culture et de la communication n’a réagi que tardivement face aux conséquences nuisibles qu’elle pourrait engendrer sur le secteur culturel.

Sous la pression mise par la "coalition française pour la diversité culturelle", le ministre s’est engagé en mai dernier à exclure l’audiovisuel et les droits d’auteur/droits voisins de la directive sur les services. Mais il n’a pas été question d’exclure l’ensemble des professions du spectacle vivant ; or l’AVJ souhaiterait mobiliser le secteur en question pour faire pression sur le gouvernement avant qu’il ne soit trop tard.

Si la position défendue par les agents artistiques peut être facilement entendue, il se trouve qu’au regard des 15 personnes présentes dans la salle, elle ne l’est que peu… Au regard du peu de cas que fait le ministère de leur demande plusieurs fois répétée depuis février 2004, la tendance à l’indifférence semble identique.

Les organisateurs avaient pourtant reçu près de 100 réponses favorables à la tenue de cette rencontre. Alors pourquoi si peu de mobilisation autour de l’avenir de l’artiste sur scène en France ?

Probablement que "l’angle d’attaque n’est pas le bon" a souligné le représentant du SNES. Probablement aussi que l’alliance autour de cette revendication est trop faible. S’il a été souligné lors de la réunion que "les artistes sont les premiers perdants de la directive", aucun artiste n’était pourtant présent. D’après l’AVJ, le SFA, malgré l’absence excusée de ses représentants, soutient la démarche initiée par les agents, tout comme le PRODISS. Autrement dit, beaucoup de personnes sont d’accord mais rien ne bouge…

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