Les Allumés du Jazz présentent le forum "L’avenir du disque : rebâtir", les 6 et 7 janvier à Avignon.

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Publié le vendredi 17 décembre 2004

L’association « Les Allumés du Jazz » est constituée de plus de 30 producteurs adhérents. Son objectif est de "promouvoir et diffuser la diversité musicale, de favoriser l’accès au public des répertoires de musiques dites « difficiles » et d’être un outil au service des labels indépendants."

Retrouvez ci-dessous les principales informations concernant ces commissions : " JEUDI 6 JANVIER 2005

14H / 16H - 4 Commissions 1 - Nouvelles technologies / Nouvelles pratiques 2 - Qu’est ce qu’un label indépendant ? 3 - Rapport disque / spectacle vivant 4 - Rapport au public

16H30 / 18H30 - 4 Commissions 5 - Evolution de la musique / Evolution de l’industrie musicale 6 - Rapport à la distribution classique 7 - Rôle de l’Etat 8 - Place et Rôle des médias

VENDREDI 7 JANVIER 2005

10H00 / 12H00 Rapport et synthèse des commissions 14H00 / 17H00 Débat"

1. NOUVELLES TECHNOLOGIES / NOUVELLES PRATIQUES Responsable de la commission : Serge ADAM, musicien et producteur du label « Quoi de neuf docteur ? »

Alors que la technologie a, pendant plusieurs décennies, suivi les exigences ou les aspirations de la musique s’accordant à ces succès (ex : le multiple et les Beatles), à partir de la seconde partie des années 80, c’est le support qui précède la musique. C’est alors la musique qui s’y adapte, l’investissement allant généralement vers le support, délaissant la musique. On recycle plus volontiers les catalogues (compilations, bonus) jusqu’au manque. Le support disque fait place au téléchargement. Facilitant la duplication privée, cette nouvelle technologie, mise en place par les détenteurs de la partie la plus importante de l’industrie musicale, est devenue pour beaucoup le problème principal. Ses utilisateurs, souvent très jeunes, sont montrés du doigt et rendus responsables de la crise de l’industrie phonographique. C’est aussi le rapport au monde du disque dans son ensemble. Se posent les problèmes de droits, de dislocation et de régénération des catalogues.

2. QU’EST-CE QU’UN LABEL INDEPENDANT ? Responsable de la commission : Didier PETIT , musicien et producteur du label « In situ »

Ilots de résistance, poissons - pilotes de l’industrie musicale, révélateurs ou simples suiveurs, les labels indépendants n’ont jamais été si nombreux et paradoxalement si désarmés devant ce que l’on nomme les majors, elles-mêmes en proie au doute. Quels sont aujourd’hui la justification, le sens et le degré de réalité de ce que l’on nomme un label indépendant ? L’auto-production est-elle un objet de dépit ou un acte dynamique ?

3. LE RAPPORT DISQUE / SPECTACLE VIVANT Responsable de la commission : Jean-Paul RICARD, directeur de l’AJMI

De la même façon qu’il est impossible de séparer le devenir du disque de jazz de celui du disque dans son ensemble, il serait peu raisonnable de nier l’interaction entre le disque et la production de concerts. Le concert est-il une simple représentation du disque le ravalant au stade de show case ? On peut jouer plus pour des organisateurs que pour le public, il est impérativement demandé aux musiciens de tourner pour vendre leur disque, sous peine de ne pas enregistrer. Le disque est-il un simple objet de documentation du concert ? Comment ces deux pôles peuvent s’aider et recréer une dynamique non privative ?

4. LE RAPPORT AU PUBLIC Responsable de la commission : Thierry MATHIAS, agent et producteur du label « La nuit transfigurée »

Trop souvent laissé pour compte dans les débats agités par la crise du disque, l’auditeur est pourtant la clé incontournable de tous les problèmes posés. Pourquoi s’est-il détourné du disque ? L’industrie culturelle a-t-elle tué le désir ? La culpabilisation du public est-elle allée trop loin jusqu’à une vexation irrémédiable ? Qu’attend-on d’un disque ? Que peut-il proposer ? Quels sont les moyens de retrouver confiance ?

5. L’ÉVOLUTION DE LA MUSIQUE ET DE L’INDUSTRIE MUSICALE Responsable de la commission : Jean ROCHARD, producteur du label « Nato »

Au fil des ans, l’industrie musicale s’est structurée d’une façon qui, petit à petit, a ignoré l’évolution et les exigences de la création musicale jusqu’à marginaliser la musique elle-même au sein de son industrie. Il ne s’agit plus d’une simple récupération des courants, mais d’une quasi totale dématérialisation de l’esprit musical et de la confiscation du désir. Aujourd’hui, l’industrie ne répond plus en temps réel, aux désirs du musicien le privant le plus souvent de son rapport au monde. Existe-t-il un pré-formatage des goûts ? Quel est le rapport de la musique à la société ? Quel est le rôle social de l’artiste ? Peut-on vivre dans sa culture ?

6. LE RAPPORT A LA DISTRIBUTION CLASSIQUE Responsable de la commission : Xavier FELGYROLLES, producteur du label « Space time records »

Le passage au compact disque a rendu plus compact le désir de l’acheteur souvent confronté et découragé par un océan de petits objets difficiles à identifier. L’esprit d’aventure est souvent contrarié par l’esprit d’économie (on achète des valeurs sures, même - et surtout - pour le jazz). Les circuits de distribution se sont rationalisés jusqu’à la caricature : raréfaction des points de vente et prédominance des chaînes. Aux USA où la crise a pris de l’avance, on peut noter une recomposition des circuits underground ; en France, on tente de diffuser les disques en librairie, on n’a plus honte de vendre à la sortie des concerts. Quelle est la réalité du distributeur dans la chaîne qui va du musicien à son auditeur ? Cette chaîne a-t-elle ses maillons brisés ? Comment recomposer et réintroduire de la fluidité ? Qu’en est-il du désir d’achat ? Quel est le présent et l’avenir du support disque ? Existe-t-il plusieurs "disques" : objet de création ou carte de visite ?

7. LE Rà ?LE DE L’ÉTAT ET DES COLLECTIVITÉS LOCALES Responsable de la commission : Michel AUDUREAU, directeur du label « AA Le petit faucheux »

Depuis les années 80, l’État est largement intervenu dans la vie du jazz en France, devenue dépendante des subventions et des aides publiques. Partant des modèles de la musique classique, on est même allé jusqu’à la création d’un orchestre national de jazz. Si l’aide à la création a occupé une place prépondérante, celle à la diffusion est restée beaucoup plus discrète et hésitante. Paradoxe, lorsque dans les années 80, la création n’était pas souffrante alors que la raréfaction des points de vente du disque avait entamé sa chute vertigineuse. Qu’a cherché l’État au travers de son aide au jazz ? L’institutionnalisation d’une musique qui ne s’y prête pas toujours a-t-elle participé à un déficit créatif ? L’État est-il producteur ou simple re-distributeur des deniers publics ?

8. LA PLACE ET LE Rà ?LE DES MÉDIAS Responsable de la commission : Jean-Paul RICARD, directeur de l’AJMI

Les médias suscitent-ils encore le désir de l’inconnu ou au contraire, s’ajustent-ils sur les courants dominants ? Un artiste qui vend ou qui est assuré d’une promotion conséquente, aura plus facilement la couverture. La réputation des supports ne suffit plus, il existe une crise de confiance du lecteur. La critique a-t-elle encore une valeur de défricheuse ou se situe-t-elle dans la simple représentation ? Le débat, voire la polémique, peut-il encore être ? A-t-il encore un sens ? La publicité et les connivences ont-elles définitivement brouillé les cartes ?

Pour tout renseignement complémentaire, contacter Marie MEIGNAN ou Valérie CRINIERE

LES ALLUMES DU JAZZ 128 rue du Bourg Belé 72 000 LE MANS Tél : 02 43 28 31 30 Fax : 02 43 28 38 55 all.jazz@wanadoo.fr

Lieu du Forum : HOTEL DE SADE Rue Dorée 84 000 AVIGNON