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Publié le jeudi 19 novembre 2009
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Alors que le streaming est plébiscité comme mode de consommation par le public et décrié comme faible source de revenus par la filière musicale, les opérateurs semblent changer de stratégie économique : la formule premium de Spotify rencontre un certain succès, Qobuz se lance dans le streaming HD payant, et Deezer annonce le lancement d’une formule par abonnement…
Les sites d’écoute en streaming font partie des outils qui ont profondément changé les modes de consommation musicale depuis quelques années. Les labels témoignent que, dans la part de revenus issus du numérique, le streaming constitue, en volume, le principal mode d’écoute… En revanche, en valeur, il ne génère que de très faibles rémunérations comme en témoignait encore récemment Marc Bénaïche, directeur de Mondomix, lors de la conférence Musique et Internet sont dans un bateau… Des pistes pour l’après Hadopi : "70 000 streams sur un artiste, génèreraient en droit Sacem 240 euros à répartir entre 20 000 artistes". Globalement, les derniers chiffres publiés par le Snep montre que le streaming, de janvier à septembre 2009, constitue 7 millions d’euros de revenus contre 27 millions d’euros pour les téléchargements et 291,7 millions d’euros pour les ventes physiques.
Le souci est que les services de streaming gratuit, financés par la publicité, ne sont pas rentables pour eux-mêmes, et éprouvent donc des difficultés à rémunérer correctement les ayants droit.
Face à ce déficit structurel, il semble que les opérateurs soient en train de changer de modèle.
Deezer, qui revendique entre 4,5 et 6,5 millions de visiteurs uniques par mois sans pour autant dégager de profit (3 millions d’euros de pertes), a ainsi annoncé le lancement d’une formule payante à 9,99 euros par mois. En échange, l’internaute aura accès à tous les morceaux sur son téléphone portable ou sur son ordinateur, sans publicité avec un son haute qualité. Deezer espère ainsi trouver son équilibre financier avec 100.000 abonnés d’ici la fin 2010.
Qobuz a également lancé au début du mois une formule de streaming haute qualité et payante (format LossLess). D’autres sites comme Wormee (Orange) devraient suivre sur ces modèles. Mais reste à savoir si le public, habitué à la gratuité, suivra ces entreprises dans leur nouveau modèle économique…
L’exemple de Spotify reste encourageant pour ces dernières. La société suédoise, principal concurrent de Deezer sur le "marché" du streaming a déjà éprouvé sa formule payante. Selon The Register (info relayée par MusiqueInfo.com), "le nombre d’abonnés premium à Spotify en Angleterre est passé de 34 000 au mois de mai à 116 000 aujourd’hui, en doublant tous les mois. Et parmi les nouveaux venus, les deux tiers (56 000) se sont abonnés sur leur mobile après avoir téléchargé l’appli iPhone ou Android de Spotify".
Cette évolution est encouragée par la filière musicale. Selon Tsr.ch, le label Believe Digital avait ainsi menacé Deezer de ne plus mettre son catalogue à disposition s’il ne lançait pas une offre d’abonnement. Son directeur, Denis Ladegaillerie, estime que "sur la partie gratuite de Deezer ou de Spotify, on touche 0,01 euro pour 1.000 écoutes. Sur abonnement sur Spotify, on touche 2 à 5 centimes d’euros par écoute. On pense qu’on peut construire dessus un modèle viable". Le site suisse précise que les labels devraient toucher approximativement 60% des revenus issus de l’offre d’abonnement de Deezer, contre 50% des revenus publicitaires issus du streaming. Le montant de 9,99 euros aurait été par ailleurs "le prix minimum acceptable" fixé par les maisons de disques.
En 2009, la journaliste de Télérama Véronique Brocard suscitait nombre de réactions, en se demandant si les radios musicales avaient encore un avenir. "Supplantées par Internet, confrontées au vieillissement de leurs auditeurs et à la baisse de leur audience", leur déclin semble inéluctable, affirmait-elle. Média de prescription et de découverte musicale historique, le passage à l’an 2000 a réinterrogé le rôle central de la radio. Depuis 20 ans, alors que tous les médias traditionnels ont connu des mutations profondes, la radio semble ne pas avoir évolué aussi vite, et être encore à la traîne de la révolution numérique.
Le salon Le Radio, qui s’est déroulé à Paris du 5 au 7 février 2012, a fourni son lot de débats et d’échanges sur l’avenir de la radio musicale, et de la radio en général. Les réflexions et initiatives autour de ce média sont nombreuses et riches. Entre innovations technologiques, injonction à intégrer toujours plus d’interactivité, adaptation des méthodes traditionnelles de programmation musicale… à quoi ressemblerait la radio musicale de demain ?
En partenariat avec le salon Le Radio, Les centres infos spécialisés de l’Irma ont remis les Irmawards, récompensant les émissions de radio qui, sur l’année 2011, ont le plus fait pour la promotion du hip hop, du jazz et des musiques du monde. Et les lauréats sont :
Catégorie musiques du monde, Bintou Simporé pour "Néo Géo" ;
Catégorie jazz, Arnaud Merlin
pour son émission "Le Matin des musiciens jazz" ;
Catégorie hip hop, La Caution aka Hi-Tekk et Nikkfurie pour "Les Cautionneurs".
Rencontres avec ceux qui font la radio musicale.