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Publié le mardi 27 octobre 2009

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Le marché de la musique en ligne fait preuve "d’un certain attentisme"

L’Observatoire de la Musique a publié des données sur le marché de la musique en ligne au 1er semestre 2009 et dresse un état des lieux sans concession sur ce marché : croissance qui s’amenuise, éditeurs web frileux, majors gourmandes…

Alors que Google annonce qu’il lancera prochainement sa plateforme de vente de musique en ligne, le développement de l’offre légale au premier semestre 2009 en France semble subir un coup de frein. Le Snep (syndicat de producteurs) avaient déjà publié quelques chiffres annonçant une forte diminution de la croissance de ce marché sur le premier semestre de l’année en cours.
Cette fois-ci, le ton est donné par l’Observatoire de la Musique qui témoigne du même phénomène. Au-delà des chiffres, l’Observatoire pousse l’analyse au point d’expliquer les ressorts de cette baisse de croissance… et constate que les acteurs du web et de la musique y sont pour quelque chose.

Les principales conclusions de l’Observatoire de la Musique :

- Sur les six premiers de l’année 2009, il s’est vendu en France 45,2 millions de titres téléchargés, soit une augmentation de 31 % par rapport au 1er semestre 2008 mais une part de marché qui ne représente que 8,1 % (+ 1,9 point) d’un marché du disque décimé.

- La tarification relative aux téléchargements de musique a baissé au cours du premier semestre 2009. Le prix moyen d’un titre téléchargé, en tenant compte d’un mix d’offres commerciales, est de 0,76 € TTC, soit une baisse de -12,7% par rapport au 1er semestre 2008 (0,71€ TTC sur PC et 1,03€ TTC sur mobile).

- Le modèle d’abonnement reste incertain, les résultats étant en effet décevants : Orange en a vite saisi les limites, Yahoo l’a abandonné et Napster vient d’être racheté par Best Buy. Seul le secteur du mobile qui vit une véritable résurrection avec les Smartphones, pourrait inverser une dangereuse tendance baissière (-35% pour les full-track, -33,5% pour les sonneries musicales).

- Le repositionnement des sites de streaming vers les webradios (dont les redevances sont moindres), illustre les tentatives d’optimisations de modèles pour l’instant déficitaires. D’ailleurs, le renouvellement de propositions commerciales, non vérifiées sur le plan financier, ne concerne que deux sites de streaming : LastFM et Spotify qui tentent, chacun avec leurs propres arguments, un modèle d’écoute payant, face à une concurrence gratuite.

- Une forme d’inertie quant à la diversification des contenus associés à la cession des catalogues musicaux ne permet toujours pas aux sites de proposer les paroles (lyrics) des chansons, ni des partitions. Les droits graphiques ne font pas l’objet, en France, d’une gestion collective au-delà d’une plate forme technique/ commerciale commune de mise à disposition de fichiers.

- La retransmission live, quasiment absente (2 sites sur 100) pour les mêmes questions de traitement de la chaîne des droits est également dommageable pour l’offre légale d’autant plus, qu’aujourd’hui, les scènes françaises sont pour la plupart toutes équipées de matériel de captation et possèdent une connexion à Internet à haut débit.

- D’une manière plus saisissante, l’absence de marketing de l’offre de diffusion musicale tend à dévaluer le sens même de «  divertissement musical » dans le sens plein du terme. L’horizon de l’utilisateur lambda n’est que contrainte technicienne, juridique et demain judiciaire. C’est une des raisons de l’attractivité du spectacle vivant qui conserve toute sa puissance d’émotion et de partage.

- Si les catalogues sont généralement accessibles à l’ensemble des éditeurs de services en ligne, leur coût d’acquisition reste trop élevé au regard de leur potentiel de développement sur le net, rendant plus que problématique le manque de rentabilité du secteur de la diffusion numérique.

- Après les années de grandes manÅ“uvres dans le domaine de la musique en ligne avec les positionnements des industries informatiques hardware (Apple, Nokia) et logiciels (Microsoft), les télécoms (Orange, SFR), les medias (NRJ, MTV), la grande distribution (Fnac, Virgin, Napster/Best Buy) et les pure players web (AmazonMP3, Yahoo, MySpace), on note, depuis cette année, un certain attentisme au point de ralentir les velléités d’entrant majeur dans la création de nouveaux sites de musique.

Ainsi, l’Observatoire de la Musique conclut : "Si le secteur de la diffusion numérique musicale affiche un certain attentisme, il faut reconnaitre une amélioration significative de l’offre légale en ligne, stimulée par les acteurs dominants américains, dont certains sont déjà présents en France.
Cette concurrence étrangère, si elle s’intensifie, risque fort de marginaliser une offre musicale locale proposée par des opérateurs français. Quelque soit l’évolution très positive de l’audience enregistrée par les sites français, ce succès populaire ne leur permet pas d’asseoir un modèle économique et donc d’assurer une rentabilité suffisante. D’autant plus que cette rentabilité leur permettrait d’exporter leur savoir-faire et leurs services, signe tangible de développement industriel et financier.
"

Lire l’Etat des lieux de l’offre de musique numérique au 1er semestre 2009

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