Le SMA démarre 2016 avec de nouveaux projets

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Publié le mardi 19 janvier 2016

Structuration

L’année 2016 démarre sur les chapeaux de roue pour le SMA, le Syndicat des musiques actuelles : déploiement de soTicket, négociations collectives pour les assurances, mobilisation autour d’une plateforme de propositions présentée aux BIS. Retour sur l’actualité du syndicat avec sa déléguée générale, Aurélie Hannedouche.

2016 s’ouvre sur de nombreux nouveaux projets pour le SMA. Fort de plus de 90 nouveaux adhérents en 2015, le syndicat devrait franchir la barre des 300 cette année. Son équipe s’est également renforcée, avec le recrutement d’une juriste, pour faire face aux besoins grandissants des adhérents, à commencer par les questions autour de la mutuelle obligatoire depuis le 1er janvier. Et pour aider à mener à bien les projets nombreux à venir : déploiement de la solution de billetterie mutualisée, négociations collectives pour les assurances, ou encore mobilisation politique pour marquer le terrain.


La billetterie mutualisée opérationnelle


Tout d’abord, soTicket, le projet d’outil mutualisé de billetterie, que nous présentait Pascal Chevereau, ancien président du SMA, en mai dernier, est sur les rails. Pour gérer le logiciel, créé par la société tourangelle Supersoniks, le SMA a créé début janvier une Scic dédiée, sous forme de SA et présidée par Rémi Breton du Chato d’O. Sept salles (La Coopérative de mai, le Chabada, le Chato ’O, Des lendemains qui chantent, Penn ar jazz, le Manège et la Tannerie), Le Rif (Réseau francilien), La Fdelima, le SMA et Supersoniks ont ainsi réuni un capital de 18 500 euros. Trois lieux seront équipés dès janvier (Chabada, Chato d’O et Des lendemains qui chantent), avant un déploiement en plusieurs phases : d’abord les 4 autres salles à l’initiative du projet, puis les autres lieux ayant fait part de leur intérêt pour rejoindre le groupement. Avant de prospecter plus largement à partir de la fin de l’année, en ouvrant au-delà des seuls adhérents du SMA, et même au-delà des seules musiques actuelles, vers le théâtre ou la danse par exemple, en s’adressant à la fois aux réseaux, aux utilisateurs de la billetterie et aux prestataires techniques. Pour Aurélie Hannedouche, déléguée générale du SMA, « c’est un excellent moyen de jouer notre rôle de moteur, d’impulsion de projets de mutualisation, pour montrer que d’autres modèles économiques sont possibles, et viables. Nous sommes en quelque sorte un service R&D pour nos adhérents, pour tester des solutions. C’est le rôle d’un syndicat d’être dans la prospective ».

Pour cet outil, le syndicat a choisi de fonctionner selon ses valeurs. Les solutions de billetterie représentent un coût, surtout pour les petits acteurs. Des tarifs préférentiels sont donc prévus pour les membres des 3 réseaux. « On a modulé les tarifs en fonction du volume de billetterie, baissant ainsi les prix pour les petits acteurs, et faisant ainsi jouer le principe de solidarité inter-structures, qui est un pilier fort des valeurs du SMA », explique ainsi Aurélie Hannedouche. Avec un prix moyen du billet autour de 13 euros pour ses adhérents, les commissions des prestataires de billetterie (autour de 2 euros en moyenne) représentent un montant trop élevé. « Quitte à payer une commission, autant qu’elle serve à renforcer l’outil mutualisé et à embaucher quelqu’un pour le traitement et la valorisation des datas (webmarketing, community management, data analyse, recommandation…). Datas dont nous sommes propriétaires, puisque l’outil nous appartient », précise la coordinatrice. D’autant plus qu’un principe de non-partage des bénéfices entre les actionnaires de la Scic a été voté. Supersoniks sera présent aux BIS, pour présenter l’outil.


Négociations collectives pour les assurances


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Aurélie Hannedouche, coordinatrice du SMA

Autre nouveauté pour le syndicat, la négociation collective auprès des assureurs pour ses adhérents, permettant de réduire fortement les coûts. Première concernée, l’assurance RCMS ( Responsabilité civile des mandataires sociaux), qui permet de couvrir la personne physique et morale en cas de faute de la structure (faute de l’employeur, délit d’entrave, diffamation, publicité mensongère….). Là, le SMA paye la prime d’assurance pour l’ensemble de ses adhérents (avec un prix ramené de 150 euros en moyenne à 25 euros) : quand une structure adhère au syndicat, elle est automatiquement couverte par l’assurance RCMS. « C’est la première marche d’une négociation collective que nous souhaitons plus large. Nous allons commencer à discuter pour négocier une assurance annulation pour les festivals. On ne paierait pas la prime, mais avec 30 festivals adhérents, on va pouvoir faire baisser les prix. Et le SMA pourra se porter garant. Nous discutons également avec la Sacem pour négocier les taux pour nos adhérents », poursuit Aurélie Hannedouche.


Un appel des réseaux lors des BIS


Dans le prolongement d’une démarche initiée aux BIS en 2010, le SMA s’associe à 26 autres organisations de musiques actuelles (réseaux régionaux, fédérations et syndicat), pour proposer une plateforme de propositions "Pour des politiques ambitieuses et audacieuses en faveur de la diversité musicale". Elle sera présentée lors d’une conférence de presse aux BIS, jeudi 21 janvier à 11h30 en salle J. A travers un manifeste issu d’une démarche collective, pour la mise en œuvre de politiques ambitieuses et audacieuses en faveur de la diversité musicale, les objectifs sont posés : construire les complémentarités et les articulations nécessaires, entre projets, entre organisations, entre politiques publiques, soutenir les maillons les plus fragiles, poursuivre les expérimentations et les généraliser. « Nous n’avons pas l’ambition de prétendre porter la voix des musiques actuelles dans son ensemble. Nous n’avons aucune prétention hégémonique. Nous sommes 27 organisations avec un dénominateur commun, nous sommes une partie des musiques actuelles. Nous sommes au lendemain des élections régionales, avec de nouveaux exécutifs qui se mettent en place, et à la veille de la présidentielle. Il est donc important pour nous de marquer le terrain et d’affirmer un certain nombre de choses : l’attention portée à la coconstruction des politiques publiques, l’encouragement des dynamiques de mutualisation, la reconnaissance et le soutien à l’économie culturelle, l’innovation technologique mais aussi sociale et d’usage… », résume Aurélie Hannedouche.


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