Le JP vu par ses créateurs et ses producteurs

Publié le mardi 2 décembre 2008

Interviews

Pour mieux comprendre le fonctionnement du secteur musical JP, ses acteurs le racontent. Parole aux chanteurs Vincent Malone et Guillaume Aldebert, aux producteurs de spectacles Vincent Niqueux (JMF), Fabrice Prouff (W2), Patricia Montel (Paul B.) et Leïla Cukierman (Théâtre d’Ivry), et aux co-gérants du label La Malle aux Trésors, Philippe Lecante et Jean-Claude Cointard.


LES ARTISTES


Vincent Malone, artiste

Pourquoi le JP ? Qu’est ce qui vous y a amené ?
Je faisais des musiques pour des publics adultes puis j’ai eu des enfants et, naturellement, je me suis mis à leur chanter des chansons. Ensuite, ça devait être en 91, je leur ai fait un disque pour Noà« l avec ces morceaux. D’autres gens ont écouté le disque et m’ont dit de le faire écouter à d’autres enfants. à ?a a commencé comme cela.

Dans quels types de lieux jouez-vous ? À quelle fréquence ?
Je joue presque toutes les semaines, que ce soit dans des salles de 1000/1500 places, dans des théâtres municipaux, dans des salles rock où les gosses sont debout et où l’on s’amuse beaucoup, ou dans des lieux plus étonnants comme à l’hôpital. Cette année, je commence une nouvelle tournée à l’Alhambra à Paris et j’espère jouer dans une plus grande salle comme l’Olympia.
Concernant les publics, je préfère quand les enfants sont mélangés aux adultes. Je ne fais pas de concerts pour les enfants seuls parce qu’ils te prennent pour un professeur ou un animateur. En famille, ils vont voir un spectacle ! Au final, c’est très différent. En plus, les parents rient souvent aux blagues, parfois plus que les enfants, et j’aime voir comment les gens vivent en famille.
Le travail avec les groupes scolaires me semble en revanche surréaliste parce je n’ai pas de discours pédagogique ou quelque chose comme ça. Je ne leur raconte que le quotidien.
J’ai toujours voulu montrer aux gosses qu’à un moment donné, ils nous prennent comme guide alors que nous, les adultes, on est toujours aussi paumé aujourd’hui que lorsqu’on avait leur âge. J’essaye de leur expliquer avec gentillesse, en leur disant "Écoutez les gamins, moi je veux bien que vous n’ayez pas peur avec moi dans la forêt parce que je suis un grand, mais moi j’ai la trouille".

Qu’a représenté pour vous l’opportunité d’enregistrer des disques ? Quels liens entretenez-vous avec les labels ?
Je suis quelqu’un qui passe sa vie en studio et j’ai d’abord fait des disques. La scène est venu bien plus tard. Mes disques sont en licence chez Naïve ou Naïve Jeunesse mais je les ai toujours produits moi-même. Je garde ainsi une liberté dans ce que je fais et, la limite de la liberté étant de faire des choses vaines, les disques sont distribués correctement. Ensuite, ils se vendent plus ou moins. Dans l’ensemble, les choses se passent bien. Je veille juste à lutter contre le "marketing enfant" et à casser les cadres de ce marché pour travailler autour des liens humains entre les jeunes, ceux qui travaillent, et les personnes âgées.

Le site de Vincent Malone

Guillaume Aldebert, artiste

Pourquoi le JP ? Qu’est ce qui vous y a amené ?
Cet album pour enfants [Enfantillages] est un projet qui me tenait à coeur depuis sept ans. À l’époque, j’étais animateur dans l’école primaire d’un village près de Besançon. Je m’occupais d’ateliers où on jouait de la musique avec des gamins de grande section, de la maternelle jusqu’au CM2. J’avais commencé à écrire des chansons pour eux et ce projet s’est finalement réalisé en 2007 ! Entre temps, j’ai fait quatre albums dans un répertoire pour adultes et 600 ou 700 concerts. J’ai rencontré beaucoup d’artistes de ma génération comme Riké, Les Ogres de Barback, Renan Luce, Clarika et d’autres. Comme je me trimbalais tout le temps avec une maquette guitare/voix sur moi pendant les tournées, notamment pendant les festivals, ils ont écouté et je leur ai proposé d’investir le projet sous forme de duos. à ?a s’est fait comme ça.
J’adore travailler avec les enfants, surtout quand ils sont en primaire. Ils sont dans un imaginaire permanent, toujours présent dans leur discours. En devenant adulte, cela se tarit, il y a moins de spontanéité, moins d’idée. J’ai voulu proposer un disque qui prenne le contre-pied de la chanson pour enfant traditionnelle. Plutôt que de mettre une berceuse, je voulais que ce soit franchement rock’n’roll, avec du deuxième degré et un peu d’espièglerie. Je m’adresse aussi aux parents. Les gamins viennent avec leurs parents et les parents n’attendent pas leur(s) enfant(s) à la sortie du spectacle. C’est aussi fait pour eux.

Qu’a représenté pour vous l’opportunité d’enregistrer des disques ? Quels liens entretenez-vous avec les labels ?
Commercialement, c’est quand même une niche. Bizarrement, mon album est classé dans "Nouvelle Scène Française" dans les Fnac et pas dans la chanson pour enfants. Maxime Le Forestier me disait que je n’avais pas fait un album pour enfants, mais un album sur l’enfance.
La maison de disques, Warner, était au courant que je voulais réaliser ce projet depuis un moment. J’avais signé pour trois albums et ce disque est le troisième. Le fait qu’il y ait des grands noms sur le disque en termes de featuring a aidé car, quand on propose à sa maison de disques de faire un album pour les gamins, ils se disent qu’ils vont en vendre 2000 et voilà . Donc, l’idée était de travailler sur un album pour toute la famille.

Dans quels types de lieux jouez-vous ? À quelle fréquence ?
On vient de commencer la tournée dans le Nord après avoir fait une résidence à Liévain. D’après mon tourneur, elle devrait se poursuivre jusqu’en 2010 parce que les disques pour enfants ont des durées de vie un peu plus importantes que les projets adultes. Apparemment, ça met plus de temps à prendre. La tournée va s’accélérer vraiment à partir de février, puis avec les festivals d’été. Finalement, je l’aborde comme une tournée normale, sauf qu’on ne peut pas faire toutes les salles Fédurok car le public y est debout, et on préfère ne pas proposer un spectacle debout pour les enfants. Du coup, on va plus tourner sur des centres culturels et des théâtres.
Sans que cela devienne une comédie musicale, l’idée est aussi de monter un décor sur scène en y installant une chambre pour enfant, avec le pianiste dans une armoire, des jouets d’aujourd’hui et d’hier, comme des M.Patate par exemple. On dispose également d’une sphère géante qui fait deux mètres de diamètres où l’on projette des animations-vidéos, des clips, et qui fait le soleil ou la lampe de chevet dans la chambre par moment.

Le site d’Aldebert

LES PRODUCTEURS DE SPECTACLES


Vincent Niqueux, directeur général de l’Union nationale des JMF

Quelles sont les spécificités de la programmation JP ?
Contrairement à une idée qui a la vie dure, il ne s’agit pas de faire du "nez rouge" ou du guignol pour que ça plaise aux enfants (même si on aime beaucoup Guignol par ailleurs !). Le jeune public est particulièrement exigeant et ultra-sensible à la cohérence d’un spectacle, d’une proposition musicale, de sa poésie, de ses émotions.
La programmation musicale jeune public a ses exigences propres, distinctes du spectacle de type théâtral, même s’il y a évidemment des passerelles. C’était bien le propos de la table ronde Mino : la musique est un langage qui a ses codes, son rythme. On n’est pas systématiquement dans du narratif (une histoire !) ou du descriptif (un instrument !). Et on n’en a pas toujours besoin. On est aussi à la fois sur du sensible et de l’abstraction. C’est dire qu’il va falloir prendre en compte aussi le rythme de l’enfant, sa capacité d’attention, ce qu’il sait, ou heureusement ce qui ne l’a pas encore trop conditionné. Par exemple, il est beaucoup moins tétanisé que les "grands" par le cloisonnement des esthétiques musicales (classique, contemporain, actuelle, amplifié, harmonique ou non…). Bref, un public formidable, mais qui n’est pas sensible aux effets artificiels et n’a pas la courtoisie (éventuelle) d’un public adulte si ça ne l’accroche pas !
D’autre part, sauf peut-être sur des questions de durée trop longue, vous pouvez lui présenter n’importe quel format de concert, du solo au symphonique. On pense généralement "petite forme" parce que c’est fréquemment le seul moyen d’aller au-devant des jeunes là où ils vivent et n’ont souvent pas accès au concert. Élément important spécifique au jeune public : un intérêt tout particulier d’une préparation pédagogique adaptée qui leur donne non pas un cahier de leçon de choses, mais des clés pour l’écoute et la compréhension d’une œuvre. Parce que c’est aussi un plaisir de découvrir, mais aussi d’apprendre à aimer une musique.

Quel enjeu représente selon vous le jeune public en termes d’action culturelle ?
L’enjeu est réellement fondamental, et là on dépasse la seule question du concert. On a souvent coutume de dire qu’on prépare les "spectateurs de demain". C’est sans doute trop restrictif : on prépare aussi les spectateurs de "tout de suite" et les praticiens de "maintenant". Car il est essentiel que le jeune public ait une possibilité d’accéder à l’Art sous toutes ses formes, et à la musique tout particulièrement comme auditeur et comme acteur de celle-ci. Car plus tard, c’est souvent plus dur de s’y mettre. Nous sommes incroyablement en auto-censure : "je n’ai pas appris… ; je ne connais pas…" Et pourquoi tout cela ? Pas pour faire joli ou pour avoir un "supplément d’âme", comme on le dit trop souvent, mais parce que nous croyons que l’Art - et la musique dont on parle ici, tout particulièrement - est foncièrement constitutif de notre personnalité, de notre vie en société, et du plaisir de vivre !
Il ne s’agit pas de se payer de mots. L’enjeu est vital, et c’est vrai que d’autres pays l’ont compris peut-être mieux que nous, en mettant par exemple davantage la musique et l’éducation artistique au coeur des enseignements fondamentaux. Il reste du chemin à faire, mais le paysage a ses rayons de soleil, et c’est pour apporter notre (petite ?) pierre à l’édifice que nous sommes engagés là .
Le concert jeune public n’est pas un sous-concert donné par les artistes d’un sous-genre à de jeunes sous-spectateurs. Il doit au contraire faire l’objet des plus grands soins puisqu’il relève de la sensibilisation à l’émotion du spectacle vivant, de l’éveil au sensible et de la formation de spectateurs qui sont également les citoyens de demain.
"Le spectacle jeune public est un spectacle tout public, en mieux", Stanislavsky.

Le site des JMF

Fabrice Prouff, directeur de W2 Productions (tourneur)

Quelles sont les spécificités de la programmation JP ?
Dans l’absolu, l’organisation d’un spectacle familial, à destination des enfants et des parents, n’est pas vraiment différente de celle d’un spectacle pour adulte. Pour certaines salles ou certains festivals, nous sommes d’ailleurs en contact avec les mêmes personnes qui ont en charge toute la programmation.
Ce qui est plus spécifique, c’est le fonctionnement financier. Pour des artistes peu connus du public, qu’il s’agisse de séances tout public ou enfants (scolaires, centres aérés), les tarifs des billets sont assez bas, pour permettre l’accès à toute la famille. L’avantage évident, c’est que l’on se pose donc assez peu la question du remplissage des salles, tous les billets étant même souvent vendus a l’avance. Il est d’ailleurs fréquent d’organiser plusieurs séances d’un spectacle dans la même ville. Mais forcement, dans la plupart de ces cas, c’est un financement public qui couvre la majorité des dépenses.
Pour des artistes plus connus comme le Roi des Papas (Vincent Malone) ou Zut, susceptibles de remplir des salles de 500 à 1000 places, la billetterie est plus conséquente et intervient pour une plus grande part dans le financement des concerts.
Quoi qu’il en soit, on peut dire que la grande majorité de ces spectacles a lieu grâce a une véritable volonté publique socio-culturelle.

Quel enjeu représente selon vous le JP en termes d’action culturelle ?
Certains voient, dans les spectacles jeune public, une notion d’apprentissage des enfants au "métier de spectateur". J’avoue ne pas avoir d’avis tranché sur la question. Je peux juste dire que nous répondons toujours positivement aux demandes des organisateurs lorsqu’il s’agit de préparer des ateliers ou des rencontres avec les enfants, mais nous n’en sommes jamais les initiateurs…

Quelles relations W2 entretient avec les maisons de disques ?
Nous entretenons d’excellents rapports avec les labels jeunesse, plutôt peu nombreux. Nous élaborons toujours ensemble les stratégies de développement et mettons souvent nos moyens en commun pour tout ce qui concerne la promotion.

À quelle part de votre activité et/ou de votre chiffre d’affaires correspond le JP ?
Sur 2007 et 2008, l’activité Jeunesse a atteint plus de 60% de notre chiffre d’affaires, mais notre volonté sur 2009 est clairement de continuer à développer aussi des projets adultes.

Le site de W2

Patricia Montel, responsable du Jeune Public et de l’Action culturelle du Centre Paul B.

Quelles sont les spécificités de la programmation JP ?
Parallèlement à la programmation musicale de Paul B., l’identité de la saison Jeune Public s’inscrit dans une démarche de découverte du spectacle vivant sous toutes ses formes (musiques, théâtre d’objets, marionnettes, danse…), avec la volonté de présenter des spectacles récemment créés (pas de queue de tournée) et d’être au cœur de la création et du monde qui l’entoure. Nous cherchons également à proposer des spectacles d’origine extérieure à la France et nous prenons des risques avec des spectacles qui ne sont pas encore montés (pré achat).

Quelles sont les actions JP que vous développez autour de la scène ?
En amont du spectacle, nous envoyons des dossiers pédagogiques aux enseignants, participons à la préparation musicale avec les Dumistes et avec des intervenants de théâtre en milieu scolaire. Nous nous associons également sur des projets autour du spectacle avec la médiathèque ou le conservatoire et organisons des rencontres avec les artistes, soit après le spectacle, soit avec des ateliers artistiques en milieu scolaire.

Quel enjeu représente selon vous le jeune public en termes d’action culturelle ?
Le plus important est la formation du jeune spectateur. On doit lutter pour en faire un amateur de spectacle vivant et pour que l’enfant oublie un peu la TV.
Et si, à l’occasion d’ateliers artistiques, des envies surgissent pour la pratique d’une activité artistique, on aura un peu gagné…

Le site du Centre Paul B.

Leïla Cukierman, directrice et programmatrice du Théâtre d’Ivry Antoine Vitez

Quelles sont les spécificités de la programmation JP ?
Dans tous les domaines je suis assez convaincue que la spécificité concerne plus les adultes que les enfants. Un bon spectacle pour enfant intéressera les adultes, mais tous les spectacles pour adultes n’intéressent pas les enfants.
La seule spécificité me semble être la durée du spectacle en fonction de l’âge, car la capacité d’attention d’un enfant est plus limitée, et notamment en groupe (scolaire). Un spectacle pour enfant doit avoir la même exigence de travail et d’aboutissement.

Quel enjeu représente selon vous le jeune public en termes d’action culturelle ?
L’action culturelle est soit une sensibilisation, soit une sorte d’école du spectateur. Le contact avec le travail artistique, son exigence, la relation directe avec l’artiste est source d’enrichissement, d’ouverture, d’éveil de la curiosité et le développement de l’imaginaire. La connivence avec le spectacle est décuplée ensuite.


LABEL


Philippe Lecante et Jean-Claude Cointard, co-directeurs du label La Malle aux Trésors

Comment se porte le marché du CD JP ?
Dans un marché en crise depuis un certain nombre d’années, le secteur Jeune Public semble résister mieux que les autres secteurs du disque. Sans préjuger de la situation de nos confrères, en ce qui concerne notre distribution (DJP), elle est excellente avec une progression constante depuis le début de notre activité, et une augmentation de CA à deux chiffres encore cette année.

Quelles sont les spécificités de ce marché en termes de production/distribution/promotion ?
C’est un marché de niche. Il est peu soumis aux problèmes engendrés par le téléchargement illégal.
Si le rayon est censé intéresser les enfants de la naissance jusqu’à la fin de l’école primaire, le cœur de cible est plutôt les 0/6ans. Les productions sont classées par centre d’intérêt et par tranche d’âge : bébé, maternelle, primaire. Les artistes qui font carrière dans le Jeune Public sont assez nombreux pour assurer la diversité nécessaire, mais peu ont une notoriété suffisante.
Un atout incontestable est que la clientèle se renouvelle régulièrement, avec la naissance des bébés qui compense le départ des enfants qui vieillissent. Cela permet à quelques CD d’être toujours vendus… 30 ans après leur parution !
La promotion dans les médias traditionnels n’est pas rentable (hors produits fortement marketés). Par conséquent, pour créer la demande et l’entretenir, les artistes ont intérêt à tourner le plus possible. L’animation en magasins par des mini-concerts est un vrai plus pour dynamiser les ventes.

Quels sont les rapports que vous entretenez avec les producteurs/tourneurs de spectacles JP ?
Étant donné que nous avons le souci constant d’avoir une bonne synergie en général, et plus encore au moment de la sortie d’un nouveau CD, nous sommes en relation étroite avec eux.
Nous relayons auprès de notre équipe commerciale le plan des tournées des artistes. Cette information arrive finalement par notre intermédiaire dans les magasins et vient conforter la prise de risque sur les mises en place. Partant du principe qu’on parle mieux de ce que l’on connaît, nous consacrons le temps nécessaire pour aller voir les spectacles des artistes. Nous sommes également sollicités par des producteurs/tourneurs qui sont en recherche d’un distributeur.


Ajout de dernière minute : l’équipe de l’Armada Productions (label et entrepreneur de spectacles)

Quelles sont les spécificités d’une programmation JP ?
En introduction à cette première réponse, il nous faut préciser que, dans le domaine du jeune public, l’Armada Productions se positionne clairement sur le secteur des musiques actuelles. Nos concerts sont destinés au jeune et tout public à partir de 6 ans. Cet âge minimal varie bien sûr en fonction des propositions : il est déterminé une fois le spectacle produit, et peut être réajusté à l’issue des premières représentations, en tenant compte des réactions suscitées.
Nos propositions artistiques touchent des genres musicaux très variés : la chanson pop, le rock, l’électro. Le travail de mise en scène, voire de mise en images vidéo, est primordial : un concert à destination du jeune public ne peut se borner à un enchaînement de morceaux. Les sets créés pour le jeune public sont globalement moins longs que ceux destinés aux adultes : en moyenne un heure, rappels compris… et nous veillons, bien sûr, à ce que le niveau d’amplification soit adapté aux jeunes oreilles.
L’idée que nous défendons est vraiment d’inciter parents et enfants à aller voir un concert en famille, dans de vraies conditions de concert. Les adultes ne sont pas qu’accompagnateurs de leurs enfants, ils viennent aussi pour leur propre plaisir. C’est pourquoi tous nos spectacles comportent plusieurs niveaux de lecture, et beaucoup de second degré. Des échanges entre adultes et enfants peuvent naître de ces différentes possibilités de compréhension, mais chacun peut aussi profiter, égoïstement, d’un spectacle qui, définitivement, lui est destiné.
La volonté de jouer dans des lieux dédiés au jeune public (centres culturels, théâtres, festivals spécialisés) aussi bien que dans des salles de musiques actuelles est également bien ancrée dans le projet de l’Armada : nous souhaitons donner aux parents l’opportunité de continuer à fréquenter leurs salles préférées sans forcément devoir faire appel à leur baby-sitter !

Quels sont les enjeux du JP en termes d’action culturelle ?
Les musiques actuelles, qui font partie intégrante du quotidien des enfants, dès leur plus jeune âge, sont encore peu ou pas assez représentées en milieu scolaire. On remarque que l’artiste musique actuelle est encore trop rarement accueilli, à l’instar de l’écrivain ou du conteur, à l’intérieur des murs de l’école.
Notre volonté est de donner aux plus jeunes les outils d’analyse qui leur permettront de faire leurs choix et de se positionner face à l’offre musicale omniprésente de médias tels que la télévision, Internet, ou encore la téléphonie. L’alternative consiste, entre autres, à leur faire découvrir de nouveaux sons, des styles musicaux variés, pour en faire de petites oreilles avisées.
Nos actions consistent également à mettre l’enfant en contact direct avec l’artiste, et, par le biais de cette rencontre, de lui faire appréhender un corps de métier, un quotidien qui ne ressemble pas toujours à la vie de château dépeinte par certains médias.
Enfin, lorsque l’on touche aux musiques amplifiées, se pose la question de la prévention auditive. Pour les plus grands (collégiens et lycéens), il existe déjà le projet Peace & Lobe, initié par la Mutualité Française, en partenariat avec les SMAC. Dans ce cadre, l’Armada propose, sur le territoire breton, un set pédagogique imaginé et interprété par le groupe Lugo. On pourrait tout à fait envisager d’étendre une telle initiative au public du Primaire.
En guise de conclusion, nous tenons à souligner la démarche militante de l’Armada Productions, qui travaille auprès des institutions pour une reconnaissance du secteur jeune public musiques actuelles, mais aussi auprès des familles et des acteurs culturels qui programment encore assez peu ce type de proposition.

Le site de l’Armada



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