Le FCM réforme ses programmes d’aide

Financement

Lors de son conseil d’administration du vendredi 5 décembre, le FCM a voté un projet de réforme de ses programmes. Ouverture aux autoproduits, éligibilité d’une distribution numérique unique, nouveau programme en direction des éditeurs, de la musique en images, suppression des aides aux festivals de variétés, refonte à venir de l’aide aux actions d’intérêt général, le point sur les principaux changements, avec le président de l’organisme, Laurent Rossi.

C’est l’aboutissement de 8 mois de réflexion et de travail. Le Fonds pour la création musicale (FCM), a validé la réforme de ses programmes. Pour son président, Laurent Rossi, il s’agissait de « coller aux besoins et aux évolutions de l’industrie. Nous avons voulu remettre le FCM sur les bons rails de sa mission première, à savoir, comme son nom l’indique, soutenir la création musicale ». L’idée étant aussi de rationaliser l’action du FCM en vue d’une meilleure complémentarité avec les autres organismes financeurs, SPRD ou organismes publics, d’où la suppression de trois programmes en direction du spectacle vivant de variétés. Et Laurent Rossi de poursuivre : « nous avons repéré où étaient les besoins non couverts, tout en recentrant notre action sur des objectifs forts : la création de valeur, le contenu artistique et la préservation de l’emploi ». Résultat : quatre nouveaux programmes et quatre suppressions.

Une ouverture à l’autoproduction

Première nouveauté, l’ouverture d’un programme en direction des disques autoproduits. Ce programme concerne tous les types de répertoires. Il porte sur un premier enregistrement d’au moins cinq titres, d’une durée minimum de 20 minutes. Un artiste ayant déjà signé avec un label auparavant ne peut déposer un dossier. Le porteur de projet doit bénéficier d’un contrat de licence, de co-production ou de co-exploitation avec un label et/ou un contrat avec une autre structure professionnelle de la filière musicale (éditeur, producteur de spectacle, tourneur). Il est possible d’inclure des frais de production audiovisuelle dans le prévisionnel (pour la réalisation d’EPK par exemple). Pour Laurent Rossi, « cette ouverture en direction des autoproduits va dans le sens de la marche. Aujourd’hui, le développement se fait aussi beaucoup en autoproduction. Les producteurs interviennent comme accélérateurs de particules. En témoignent des groupes comme Fauve ou Klingande. » Là aussi, il s’agit d’être en concordance avec ce qui existe déjà dans l’écosystème musical : l’Adami dispose d’une aide dédiée à l’autoproduction, mais déclenchable à partir du deuxième enregistrement, et la Sacem, n’aide que des personnes physiques sur son programme autoproduction. Le FCM entend par là participer à l’accompagnement de la professionnalisation des acteurs dès le premier enregistrement.

Soutenir le développement éditorial

Les éditeurs, parents pauvres des guichets d’aide, pourront désormais solliciter le programme Développement éditorial. Celui-ci a pour mission de soutenir les éditeurs d’auteurs et de compositeurs, dans le cadre de la création et d’un développement de carrière. Tous les répertoires sont éligibles. Ce programme concerne les signatures dans le cadre d’un premier pacte de préférence, très difficile à rentabiliser, étant donné leur limitation à 5 ans, et le temps nécessaire au développement, laissant bien souvent seulement un à deux ans d’exploitation. « Il nous apparaissait primordial de formaliser un fonds permettant aux éditeurs de continuer à soutenir et à développer de jeunes artistes », explique ainsi Laurent Rossi.

Musiques en images

Ce nouveau programme s’adresse aux producteurs phonographiques ou éditeurs ayant un projet de développement de carrière d’un artiste ou groupe d’artistes, pour lequel un travail sur l’image est nécessaire. Il peut comporter différents formats audiovisuels (clips, EPK, portraits, captations de concerts…), destinés à une diffusion web et/ou télévisuelle dans un intervalle d’un an à compter de la demande de subvention. Pour celui-ci, la notion d’investissement et de stratégie marketing est prépondérante. Pour Laurent Rossi, « la création de ce programme est une réponse logique à la réalité audio-musicale d’aujourd’hui. Le travail de l’image ne peut plus se limiter à la production de DVD. ».

Une réorientation du soutien au spectacle vivant

Pour illustrer la volonté de mise en cohérence des programmes du FCM avec l’action du CNV, trois programmes dédiés au spectacle vivant de variétés sont supprimés : Festivals variétés, Festival export et Spectacle vivant variétés. Ce dernier est remplacé par le programme d’aide à la pré-production. Ce dernier a pour mission le soutien à la pré-production scénique d’artistes, dans le cadre la création et de la diffusion de projets de variétés. Le projet doit réunir un producteur de spectacle vivant titulaire d’une licence d’entrepreneur de spectacle et un lieu d’accueil. Ce programme s’inscrit dans une démarche de développement en vue d’une exploitation scénique du projet. « Sur le spectacle, le vrai risque se trouve au moment de la préproduction. C’est là que les investissements sont les plus conséquents et les moins sécurisés. Il y a donc plus de logique à intervenir sur ces besoins qu’en complément sur les festivals de variétés par exemple, pour lesquels la Sacem et le CNV sont plus présents et plus déterminants », explique ainsi Laurent Rossi.

L’abandon du filtre de la distribution physique

Parmi les autres nouveautés, l’acceptation d’une seule distribution numérique (un contrat co-signé est exigé) sur les deux programmes Disques (Variétés et Autres musiques). Cette évolution, attendue de longue date, illustre la volonté de coller à la réalité et aux pratiques dans certaines esthétiques, comme en electro, en jazz ou en lyrique, pour qui la distribution se fait en partie uniquement en numérique. Lauret Rossi justifie ainsi ce choix : « sans minimiser l’importance de la distribution physique, en faire un critère excluant ne fait plus sens aujourd’hui. Mais il faut que le distributeur numérique soit une vraie structure, qui prend des risques, et pas une simple solution de prestation commerciale comme il en existe (Zimbalam…). »

Une refonte de l’aide aux actions d’intérêt général

Dernier aspect important de la réforme de ses programmes, le FCM entend redéfinir les priorités de la ligne dédiée aux actions d’intérêt général. Ce travail, entamé, se matérialisera sur l’année 2015, après une analyse en profondeur. « C’est un travail que l’on ouvre. Il est important de revoir les critères d’éligibilité, pour ne pas dévoyer la mission première de ce programme. Je souhaiterais que l’on puisse mettre en place un véritable suivi, une sorte d’audit, pour mieux cerner les besoins des structures aidées », détaille ainsi Laurent Rossi.

Tous ces changements viennent donc illustrer la volonté du FCM de recentrer son action, en cohérence avec les autres guichets d’aide, afin d’être plus efficient dans ses missions. Et Laurent Rossi de conclure : « nous avons voulu rationaliser pour limiter le saupoudrage. Il y avait un flux énorme de dossiers, donc un taux élevé de refus, sur des demandes où nous n’étions qu’un financement complémentaire pas forcément déterminant. Une remise à plat s’imposait. »


Le détail de la réforme, programme par programme

Les fiches pratiques de l’Irma mises à jour :

- Le Fonds pour la création musicale (FCM)
- Les aides à la diffusion internationale et à l’export
- Les aides au spectacle vivant
- Les aides au disque


Pour rappel, Laurent ROSSI est l’actuel Directeur Général du label Jive Epic chez Sony Music. Il a auparavant travaillé au sein de Delabel (Virgin) et participé à l’aventure du label V2music en qualité de chef de projets. Il est également passé par le label Atmosphériques, dirigé par Marc THONON (ancien président du FCM) et a créé la filiale française de Beggars Group. Il est président du FCM depuis le 1er janvier 2014.


Publié le 15 décembre 2014

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