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Publié le mardi 16 juin 2009
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Le Deps du ministère de la Culture lance un appel à propositions de recherche autour de l’emploi artistique et culturel, de ses représentations et des stratégies d’adaptation des acteurs. Ces travaux feront l’objet d’un financement et d’une expertise éditoriale du Deps.
Le Département des études, de la prospective et des statistiques (Deps) a engagé depuis une dizaine d’années un programme de travail spécifique (cadrage statistique, travaux de sociologie professionnelle) sur l’emploi dans le secteur culturel.
Plus récemment, un intérêt particulier a été accordé à toutes les dynamiques de transformation qui sont à l’oeuvre dans le champ de l’emploi culturel : mutations des formes de l’emploi sous l’effet du développement de l’économie de projet et d’une généralisation de toutes les formes d’emploi non
stable (CDD, vacations, etc), mais aussi mutations des métiers eux-mêmes sous l’impact des technologies numériques et de transformations de contenu qui amènent à une adaptation continue des savoir-faire et compétences, et à une redéfinition des frontières mêmes des métiers.
Ainsi, si le champ des activités culturelles et celui des professions spécifiques du secteur ont été traditionnellement définis par sélection au sein des deux nomenclatures officielles, générales à l’ensemble de l’économie (NAF et PCS1), cette dimension plus dynamique de l’analyse amène aujourd’hui à interroger aussi les contours du champ de l’emploi culturel et à explorer les champs
connexes où se déploient des caractéristiques proches de celles observées dans les métiers artistiques et culturels.
Eclairer un paradoxe
Au regard des différents critères d’appréciation de la qualité de l’emploi, l’emploi dans les métiers artistiques et culturels s’inscrit en effet en termes de paradoxe :
d’une part, l’emploi y apparaît, pour la quasi-totalité des indicateurs de mesure et pour la plupart des métiers concernés, comme un emploi de « mauvaise qualité » (part croissante des CDD et des formes d’emploi instable : intérim, free-lancing, contrats aidés, stages, … ; montée du temps
partiel ; émiettement et discontinuité des trajectoires professionnelles ; faiblesse des rémunérations
et forte dépendance à l’égard des revenus de substitution, importance du taux de chômage et du
chômage de longue durée, recours à des activités secondaires, … - toutes caractéristiques
habituellement associées à un marché secondaire d’emploi non qualifié) ;
d’autre part, cet emploi a connu une expansion quantitative exceptionnelle au cours des vingt
dernières années (un quasi doublement des effectifs depuis le début des années 1980) et il concerne - de surcroît - des personnes très fortement diplômées (40% de « bac + 3 et plus », soit trois fois plus que dans l’ensemble de la population active occupée).
Il s’agira donc ici d’interroger les termes de cette apparente contradiction, au-delà du simple constat d’une « attractivité » des professions culturelles établi au nom des vertus de créativité, d’innovation, ou encore des capacités d’autonomie et de réalisation de soi généralement associées aux métiers de la création artistique.
Le champ et les thèmes de réflexion possibles
Les travaux s’intéresseront aux personnes déjà en emploi dans le champ culturel (et non celles qui, en cours de formation, s’y destinent).
Ils pourront concerner l’ensemble des métiers artistiques et culturels. La problématique choisie invite cependant à porter un intérêt particulier aux métiers de l’interprétation et de la création (création littéraire, création dans le spectacle vivant, le cinéma et l’audiovisuel, création dans les arts visuels : arts plastiques, arts graphiques, photographie, …).
Les thèmes et les pistes de réflexion proposés ci-dessous ne sont ni exhaustifs, ni exclusifs.
Les travaux pourront s’articuler autour des deux questions suivantes :
comment les professionnels des métiers artistiques et culturels vivent-ils concrètement les
caractéristiques de leur emploi (sa fragilité, sa discontinuité, sa précarité, …) ? Quelles stratégies
d’adaptation mettent-ils en oeuvre et pour quels effets ?
quelles représentations ont-ils de cet emploi ?
Lire l’appel à propositions de recherche
Les réponses à cet appel à propositions de recherche se feront avec le formulaire joint et devront être renvoyées au Deps avant le 30 juin 2009.
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