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Article mis à jour le jeudi 16 septembre 2010
Article créé le lundi 5 janvier 2009

 
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Interviews

La promo vu par promoteurs et artiste

Anne-Sophie Juan, responsable promotion pour les labels du groupe MVS, Dominique Marie, attaché de presse free lance et président de la Férarock, et l’artiste Alex et sa Guitare, dont le dernier clip génère un buzz, répondent à nos questions.


Anne-Sophie Juan

Responsable promotion
pour les labels du groupe MVS
(MVS Records, Boxson, Bassophone, Lofty)

« Les artistes sont de plus
en plus impliqués dans la promotion
de leur projet »

Peux-tu me décrire ton travail ?
Le but de mon travail est de faire connaître l’artiste au public, en passant par les médias radio, presse, télévision et, de plus en plus, web. Le plus souvent, des labels ou des artistes font appel à mes services pour promouvoir la sortie d’un disque, et donner des arguments au distributeur, faire connaître l’artiste par des chroniques, interviews, diffusions radio, plateaux TV… Il m’arrive aussi de faire la promotion d’événements, concerts ou festivals.

Comment travailles-tu en direction des groupes, des labels, des tourneurs ?
Je travaille en étroite collaboration avec toutes les parties au projet artistique, du manager au label, en passant par le tourneur et parfois le distributeur (cas de distributions pures). La promotion est un point clé de la réussite du projet. Toutes les autres parties en sont dépendantes, ce qui peut être parfois compliqué à gérer en termes de pression. Aussi, dans un contexte global où l’offre est énorme et où les médias sont très convoités et en pleine mutation - dématérialisation des supports d’information, réduction de programmes -, il est très important de s’adapter.
Parallèlement à cela, les artistes sont de plus en plus impliqués dans la promotion de leur projet et prennent de plus en plus le relais sur le web (veille, création d’ecards, flyers web, mise à jour de MySpace, Facebook, etc.).

Comment conçois-tu le mélange de la promotion traditionnelle et électronique ?
Ce mélange est indispensable. Il est devenu très important de travailler la promotion web (sites, blogs, boutiques en ligne, marketing viral, podcasts, etc.) dans la mesure où elle est illimitée dans le temps et dans l’espace. Il faut s’adapter aux nouveaux modes de consommation de l’information, et réajuster le travail en fonction.

Selon toi, l’évolution de la promotion va-t-elle s’orienter vers le "tout numérique" ?
La promotion numérique est déjà bien présente, notamment pour certains réseaux importants de radios où l’on peut envoyer des nouveautés musicales aux stations par le biais du numérique. Toutefois, cela prend plus de temps pour la presse, les radios associatives, etc. qui restent attachées au support physique.
Je pense que nous nous dirigeons davantage vers une combinaison de la méthode traditionnelle et du numérique. La promotion numérique permet de réaliser une "présélection" afin de cibler les envois d’albums physiques, d’être plus efficace et rationaliser les envois, poste important pour les labels (en moyenne 400 disques envoyés par sortie d’album !).

Que représente l’enjeu de la prescription dans ton travail ?
Il s’agit d’un enjeu essentiel afin de se démarquer de la concurrence et espérer une mise en avant. Cela permet d’avoir une crédibilité -relative-, et d’espérer ainsi une écoute et un intérêt de la part de médias que nous n’aurions pu toucher auparavant. Il est décisif de saisir ces opportunités (reconnaissance professionnelle lors de prix, intérêt par des médias prescripteurs), qui entraînent des débouchés intéressants pour l’artiste et permettent une exposition médiatique, le but étant de toucher le plus large public possible.


Dominique Marie

Attaché de presse freelance (agence MRP)
et président de la Férarock

« Faut le buzz, qu’ils disent…
Mais il n’y a pas de recettes ! »

Peux-tu me décrire ton travail ?
En peu de mots, faire en sorte que les journalistes écoutent les disques dont j’assure la promotion, en parlent…. et que "les gens" puissent connaître ces disques.

Comment travailles-tu en direction des groupes, des labels, des tourneurs ?
Pour le moment, ce sont eux qui viennent me voir… Puisque nous évoluons dans un monde de joie et de bonne humeur, il faut faire en sorte que tout le monde soit bien en phase avec les réalités économiques.
Aujourd’hui, les difficultés sont plutôt liées au monde de la distribution. Le plus grand vendeur de disques ne joue plus le jeu, peu de mise en place, disques laissés en réserve, plus de vrais vendeurs… Les distributeurs ont de grandes difficultés à faire en sorte que les disques ne repartent pas des magasins avant qu’ils aient eu le temps d’exister médiatiquement. Alors, on voudrait que la solution vienne de la scène. Mais, là aussi, il y a engorgement, pas de places pour tout le monde.
Et puis quand ça ne marche pas, le distributeur renvoie la faute à la promo, qui elle-même répond qu’il n’y a pas assez de concert -d’ailleurs, il n’y a pas souvent de vrais tourneurs-, et le tourneur explique que ce n’est pas facile quand les disques ne sont pas en bacs parce qu’il n’y a pas assez de promo. Au final, c’est souvent la faute de la promo…

Comment conçois-tu le mélange de la promotion traditionnelle et électronique ?
Les schémas restent les mêmes. Pour le moment, on mélange les deux sans problèmes. Les médias traditionnels restent nombreux et rien ne remplace encore un papier dans un support connu. Ceci dit, il est vrai que le numérique prend de plus en plus de place. On retrouve un esprit fanzine dans les webzines ou les blogs. La différence est qu’il coûte moins cher. Donc, il y a un nombre considérable de contacts… Il faut réussir à trouver les bons et je demande à mes clients de laisser une place sur leur propre site pour ces médias.

Selon toi, l’évolution de la promotion va-t-elle s’orienter vers le "tout numérique" ?
L’évolution se fera comme pour les autres branches de la musique. Il semble en effet que cela va vers le numérique et le dématérialisé… Mais est-ce que quelqu’un sait vraiment où l’on va ?

Que représente l’enjeu de la prescription dans ton travail ?
Faut le buzz, qu’ils disent… Mais il n’y a pas de recettes !

Au titre de la Férarock, peux-tu me parler des missions ou partenariats développés pour promouvoir le travail des artistes et des professionnels qui les épaulent ?
Les missions de la Férarock sont toujours les mêmes : faire que les radios puissent continuer à exister afin de faire connaître la musique que l’on aime et qu’il est difficile d’entendre ailleurs.
On continue à écouter toutes les productions que l’on reçoit et on accepte d’en mettre quelques unes en avant. Faire en sorte que eux puissent aussi continuer à exister.

Quels sont les enjeux de la Férarock dans un monde numérique ?
C’est une notion complexe et multiple dans le monde de la radio. Si on parle radio numérique terrestre (RNT), on parle crétinerie (dans le choix du format de diffusion). Combien cela va-t-il vraiment coûter ? Est-ce que le gouvernement va vraiment aider les radios associatives à s’équiper comme cela est plus ou moins prévu dans la loi ? Est-ce que la RNT verra vraiment le jour ?
Pour le côté contenu, on est confrontés à un problème de coût. On nous propose de plus en plus de recevoir la musique de façon dématérialisée. Une des richesses des radios est le nombre d’émissions spécialisées qui permettent une encore plus grande exposition d’esthétismes. Comment faire parvenir à tous ces bénévoles (entre 30 et 150 personnes selon les radios) le son pour qu’elles puissent choisir la programmation de leurs émissions ? Que les radios copient sur CD ces disques (trop cher) ? Donner un accès au téléchargement à tout le monde ?
Le numérique, c’est aussi la concurrence des webradios. Ce n’est pas facile d’être noyé dans la masse d’internet. Une des forces des radios locales, c’est justement d’être local ! Le rocker aime bien connaître ce qui se passe près de son clocher.

Sais-tu comment les professionnels s’emparent des classements XXX de France et Féraliste pour affiner leur stratégie ?
Il faut savoir garder sa place… L’importance de nos classements est diverse. Ce n’est pas parce qu’Asian Dub Foundation est premier depuis 2 mois qu’NRJ va se mettre à le diffuser. Mais cela peut être un argument pour qu’il y ait plus de concerts.
J’aime bien l’image de la maison pour la carrière d’un groupe : plus y a de pierres, plus la maison sera grande. Et si la Férarock peut ajouter quelques pierres… On sait bien que l’on ne donnera pas la super toiture que donnera NRJ, mais on peut aussi être protégé par un toit de paille.


« Vu les bonnes retombées
du dernier clip,
on va encore plus utiliser
cet outil »

À quoi correspond la promotion pour un artiste émergent ?
Après les concerts, la promotion est le deuxième moyen de faire découvrir notre projet au public et aux professionnels.

Comment utilisez-vous les outils de promotion à votre disposition ?
Comme tout le monde, on a des flyers, des stickers, des affiches et des t-shirts qui font aussi un peu de promo. On envoie une newsletter par mois en prenant le soin de faire une nouvelle photo pour l’illustrer à chaque fois avec un truc amusant en rapport avec l’actu du projet. On utilise aussi internet pour poster des vidéos, et vu les bonnes retombées du dernier clip, on va encore plus utiliser cet outil.

On commence à parler de plus en plus du clip "La Star Ac". Comment a-t-il été réalisé ? Avec quel budget ? Quels partenaires ?
Le clip correspond à deux mois entiers de travail à temps plein, préparation, tournage, montage, trucage. Au départ aucun budget prévu, mais au final, le clip m’a quand même coûté 2000 euros : facture de téléphone monstrueuse, essence, défraiements de certaines personnes, costumes et accessoires. Mais le clip aurait pu coûté 10 fois plus puisque beaucoup de choses ont été gracieusement prêtées ! J’ai la chance d’avoir fait des études d’audiovisuel avant de me lancer dans la musique et donc d’avoir des amis doués pour ça ; en l’occurrence surtout un ami, qui m’a aidé de A à Z pour faire ce clip. Des salles de concert des Yvelines (le Sax à Achères et le Scarabée à La Verrière) m’ont aussi aidé, ainsi que des musiciens croisés en concert comme Didier Super, Oldelaf et Monsieur D ou les Joyeux Urbains qui ont bien voulu apparaître dans le clip. Sinon les cars Hourtoule nous ont filé un coup de main et un supermarché a bien voulu qu’on tourne gratuitement chez eux.

Comment avez-vous fait circuler l’info sur ce clip ?
On a commencé par faire une bande-annonce du clip alors que le clip n’était pas prêt mais on voulait quand même coller à l’événement TV, donc on a fait une fausse bande annonce de la Star Ac qui dévoilait 3 nouveaux candidats, à savoir moi en tant qu’Alex, un black timide aimant le gospel et les arts martiaux qui se révèle être également moi, et un rappeur de Neuilly complètement naze, interprété toujours et encore par moi. Le but était de piéger les gens qui me connaissaient déjà en leur faisant coire que j’étais pris à la Star Ac, mais de piéger également ceux qui ne me connaissaient pas et qui cherchaient des infos sur les nouveaux candidats !
Une fois le clip fini, on l’a posté sur toutes les plateformes vidéo : Youtube, Dailymotion, Watcast, Myspace, Facebook, Widdeo, etc. J’ai envoyé l’info à ma newsletter et à mes contacts Facebook et Myspace. J’ai posté sur beaucoup de forums et envoyé une douzaine de cassettes aux émissions de télé susceptibles de passer le clip.

Quelles ont été les retombées médiatiques ?
Pour les retombées, on a eu la chance que Youtube accroche sur le clip et nous mette en première page, ont suivi Dailymotion et Watcast qui nous ont mis également en homepage. Beaucoup d’internautes ont ainsi découvert le clip et on en est quasiment à 200 000 vues sur Youtube en un mois et demi. Des gens viennent aux concerts parce qu’ils m’ont découvert comme ça. Pour les télés, MCM et MTV nous ont répondu. On est en pourparlers mais rien n’est encore sûr.


Propos recueillis par Jean-Noà« l Bigotti
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